@Bertrand Loubard @Bertrand Loubard Vos propos ne peuvent abuser que ceux qui ne
connaissent pas le dossier rwandais et qui sont impressionnés lorsqu’on
mélange beaucoup de choses dans une confusion faussement savante.
1
- Les événements qui sont survenus après le génocide, sauf les actes de
négationnisme bien entendu, ne peuvent être pris en compte dans le
génocide des Tutsi. Notamment la conduite de Kagame depuis la fin du
génocide. Ce n’est pas parce que Kagame a décidé de mettre en échec de
façon brutale la stratégie des génocidaires et de la France au Zaïre en
1996 que les entrepreneurs du génocide et leurs complices peuvent être
excusés de leurs comportements deux ans avant en 1994. Jusqu’en 1996 au
Zaïre, les génocidaires et leurs soutiens français ont bénéficié de la
passivité de la communauté internationale jusqu’à l’intervention de
Kagame.
2 - L’enquête des experts de Marc Trévidic, rejoint les
conclusions des enquêteurs belges et des nombreux témoins cités dans le
rapport rwandais. Elle confirme aussi l’enquête des experts de l’armée
britannique qui ont également conclu au tir des missiles depuis le camp
militaire du gouvernement intérimaire rwandais. Il n’y a que des
condamnés au TPIR et leurs alliés de la diaspora dont les FDLR ou des
dissidents du FPR pour incriminer Kagame. malgré les faits matériels
dégagés par les enquêtes... en premier lieu l’avion fut touché par
l’avant, les ailes de l’avion sont toujours visibles sur le terrain.
Cela exclut Massaka qui se trouvait en arrière du lieu d’impact ... les
expertises acoustiques ne font que confirmer des faits plus tangibles.
Notamment le devenu général français Grégoire de Saint-Quentin, qui se
trouvait dans le camp militaire des génocidaires, a témoigné avoir
entendu le souffle de départ des missiles, avant leur explosion sur
l’avion, comme des coopérants belges qui s’y trouvaient aussi.... donc
ils étaient très près des tireurs. Pas besoin d’enquête acoustique pour
le conclure. Mais la rigueur a conduit à compléter ces témoignages par
des enquêtes acoustiques pour vérifier notamment s’ils aurait pu
entendre les départ sde missiles à 3 ou 4 km de là avant d’entendre leur
explosion. C’est cet aspect que vous contestez.
3 - Les députés
français ont écrit 30 pages dans leur rapport pour examiner les faits
connus en 1998 liés à l’attentat. Ils ont conclu à une manipulation, de
la part des militaires rwandais du gouvernement génocidaire, et selon
leur texte peut être eux-mêmes manipulés, à propos des lanceurs de
missiles ... que Pierre Péan et le juge Bruguière ont tenté en vain de
remettre en selle en 2005- 2006.... sans que les arguments des députés
puissent être remis en cause. Pierre Péan a même pris soin de mentir
dans son livre en disant que les députés français ne s’étaient pas
penchés sur ce sujet, avant que Bruguière publie son ordonnance
incriminant le FPR sur la base des mêmes arguments. Bruguière a publié
son ordonnance la veille de l’audition de Grégoire de Saint-Quentin
prévue par le TPIR, ce qui a justifié de la remettre de plusieurs
semaines et surtout qu’elle soit faite en visio conférence encadrée
d’autres officiers français !!!! Voir article du Monde du 6 décembre
2006. Voilà ce qu’écrivit Le Monde : "L’officier, détaché auprès du
bataillon parachutiste commando des FAR entre avril 1992 et le 7 avril
1994, a témoigné à huis clos le 1er décembre, par vidéoconférence depuis
La Haye, et en présence de trois représentants de l’Etat français.
Mais, selon les conditions posées par Paris pour des raisons de
« sécurité nationale », le champ des questions était limité." Voilà
ce qu’on pourrait appeler une subornation de témoin officielle ... qui
confirme le comportement trouble de Paris dans la manifestation de la
vérité sur cet attentat.
4 - Seuls des opposants farouches de
Kagame tentent encore d’entretenir la confusion, comme vous le faites
dans votre article et dans votre réponse, malgré les trois enquêtes
convergentes, française, belge et rwandaise. Pour mémoire le rapport Hourigan si souvent cité à l’appui de votre thèse est une note de trois pages .... pour proposer qu’une enquête soit faite contre Kagame, ce que le TPIR n’a pas poursuivi.
5 - Au sujet de la
planification du génocide deux décisions de justice françaises
concernant trois rwandais jugés en France ont considéré que les actes
condamnés s’appuyaient sur une planification du génocide. Ces procès
sont exécutés en fonction de lois placées sous le statut du TPIR .... Donc on ne peut plus dire le
TPIR n’a pas démontré la planification du génocide... Il y aurait
d’ailleurs beaucoup à dire sur ce sujet.
6 - Le reste est complètement hors sujet, mais sert de mauvais épouvantail comme je l’ai dit. Laissez donc Hillary ou Obama dans leur coin si vous voulez parler du Rwanda.
Puisque vous ne répondez pas à ma question, je vous en donne la réponse : Le rapport Mapping botte en touche sur la question du nombre de victimes en RDC page 49 et note de bas page 87
Début de citation du rapport Mapping
Rapport Mapping page 49
« Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, des guerres ainsi que de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes 87 »
« Note 87 : L’International Rescue Committee (IRC) a mené quatre études sur la mortalité en RDC entre 1998 et 2004. Selon l’IRC, depuis le début de la deuxième guerre en août 1998 jusqu’à la fin du mois d’avril 2004, environ 3,8 millions de personnes auraient péri, victimes directes ou indirectes de la guerre et des conflits armés. Il est à noter cependant que la méthodologie retenue par l’IRC pour déterminer le nombre de morts indirects repose sur des études épidémiologiques et des estimations de croissance démographique qui ont pu être contestées. Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée. »
fin de citation du rapport Mapping
Il apparaît donc que la fourchette la plus haute de 3 800 000 morts est évoquée sans la valider. J’affirme que les chffres que vous avancez sont fantaisistes et que d’ailleurs vous ne pouvez pas en donner les sources Dans ces conditions je ne continue pas cette discussion. Pour ceux que cela intéresse voir cette page internet
La stratégie française et Hutu-power conjointe est responsable, à travers l’opération Turquoise, de la dégradation du climat de la RDC sur le terreau de la déliquescence des années Mobutu.
Répondez à ma question : y-a-t-il oui ou non un décompte des morts au Congo dans le rapport Mapping ?
Je rappelle que c’est toujours le rapport Mapping qu’on cite pour étayer ces chiffres. J’affirme que vos chiffres sont totalement fantaisistes, précisément parce que la rapport MApping ne fait aucun décompte du nombre des morts, même pas à la louche.
Si vous ne répondez pas précisément à cette question il n’est pas possible pour moi de poursuivre cette discussion.
Donc quand on vous parle de la CEC et de l’implication de la France dans le génocide des Tutsi, vous vous précipitez rapidement vers le Congo et ce qui s’est passé après l’opération Turquoise. Mais c’était après et cela ne peut pas expliquer ce qui s’est passé avant. La CEC ne parle que de ce qui s’est passé en relation avec le génocide des Tutsi, avant, pendant et après.
Mais si je vous suis, en sortant de l’objet de notre commission, il ne vous a pas échappé que le rapport Mapping n’a fait aucun compte du nombre de victimes des 600 « exactions » commises entre 1993 et 2003 en République démocratique du Congo... contrairement à ce qu’on rabâche dans les forums et de nombreux articles ou reportages. Allez vérifier dans le texte du rapport (et même du pré-rapport fuité) et ses notes et vous verrez.