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Emmanuel Cattier

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  • Emmanuel Cattier 4 août 2020 09:55

    Un article de la Libre Belgique du 3 août 2020 qui relate la situation actuelle dans l’Est de la RDC :

    Pourquoi les Banyamulenge sont-ils considérés comme des Tutsi assimilés à des Rwandais par les Congolais alors qu’ils vivent au Kivu depuis des lustres  ? Tout simplement parce que comme ailleurs en Afrique les colonisateurs ont décidé des frontières sans se soucier des réalités africaines. Les Banaymulenge sont d’ailleurs rwandophones.

    Les génocidaires rwandais en fuite depuis 1994 ont instillé au Congo une idéologie génocidaire anti-Tutsi, avec la complicité secrète des autorités françaises à partir de 1994. On voit le résultat aujourd’hui, une haine anti-tutsi se généralise au Congo et fait craindre des événements de même nature que ceux qui eurent lieu au Rwanda à partir de 1959 et surtout de 1990 à 1994. Le même arbre produit les mêmes fruits.

    On peut espérer, sans véritable garantie, car les autorités françaises d’aujourd’hui se taisent sur ce sujet, que l’Elysée ne soutient plus cette idéologie d’épuration ethnique grandissante. Le mieux serait qu’il la combatte ouvertement. Mais le ministre français des affaires étrangères vient du parti socialiste français ... qui fut le principal soutien de Mitterrand, premier responsable de cette dérive française en Afrique. Reniera-t-il son mentor ?

    Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. Les autorités françaises sont complices depuis 1990 de cette grave dérive et au moins jusqu’en 2007, mais ils ne sont pas à notre connaissance directement auteurs des crimes commis en RDC.



  • Emmanuel Cattier 4 août 2020 09:15

    "À quand la reconnaissance du génocide congolais ? Plus de 6 millions de morts en RDC, mais pourquoi ce silence international ? pourquoi n’a-t-on jamais parlé de génocide ?« 

    Encore un article qui entretient une énorme exagération du nombre de morts.

    • Les 6 millions de morts sont une fable. Mais il y a eu trop de morts. Selon la seule étude réalisée par des démographes, il y aurait eu 183 000 morts. Leurs travaux ont établis les listes électorales de RDC et les cartes d’électeurs induites sont devenues par décision du parlement congolais carte nationale d’identité. Je ne parle pas de l’étude de l’ONG IRC qui est »surveillée« par l’état US (voir la liste de son conseil de surveillance où l’on trouve de nombreux anciens secrétaires d’Etat aux affaire étrangères ou à la défense, le terme »d’Organisation Non Gouvernementale" est inapproprié pour l’IRC). L’étude de ’IRC n’a pas été effectuée par des démographes.
    • Le rapport mapping ne fait aucun décompte du nombre de morts. Il évacue le problème en une phrase et une note de bas de page :
      Lire les références (dont le PDF du rapport mapping) dans cet page dont je suis l’auteur et que j’ai rédigée à partir d’octobre 2010 après lecture des articles du Monde cités par Lufete. On fait dire n’importe quoi au rapport mapping.

    Quel intérêt poursuivent ceux qui veulent à tous prix multiplier par 30, voire plus puisque certains articles parlent de 8 ou 12 millions de morts sur la période étudiée par le rapport mapping ?

    La dignité des peuples congolais, rassemblés dans le Congo RDC, n’a pas besoin d’exagérations pour que ses souffrances soient prises en compte, mais d’authenticité. Les souffrances des Congolais sont bien réelles et durent depuis plus d’un siècle.

    Cette propagande de surenchère décrédibilise et entretient un silence désolant sur le Congo. Ce silence est recherché par les grandes puissances dont les entreprises exploitent tranquillement les richesses du Congo depuis le roi Léopold et la diplomatie occidentale du dix-neuvième siècle et continuent aujourd’hui.

    Le Congo est une zone d’extraction internationale quasiment libre sur le dos des congolais. Presque 200 000 morts c’est énorme ! Sans parler des viols à grande échelle et des blessures graves de ceux qui survivent et des importants déplacements de population.

    Le Congo déliquescent de Mobutu a été complètement déstabilisé à partir de 1994 par les conséquence du génocide des Tutsi rwandais et la fuite au Kivu des génocidaires et des populations qu’ils ont pris en otage. Ces génocidaires ont continués d’être soutenus par les autorité françaises après le génocide. Il s’agit donc bien de complicité française. La majeur partie de ces Rwandais ont été reconduits au Rwanda lors de la première guerre du Congo, ce qui empêche d’ailleurs le rapport mapping de conclure à un génocide des Hutu rwandais, même s’il examine franchement le sujet. Il reste dubitatif sur certains cas isolés mais est obligé de prendre en compte que l’armée rwandaise a réintégré plusieurs centaines de millier de Hutu rwandais qui vivent aujourd’hui comme tous les autres Rwandais.

    Il vaut mieux lire le rapport mapping plutôt que les mensonges qu’on en tire.



  • Emmanuel Cattier 21 juillet 2019 08:01

    Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? La réponse à cette question n’est certainement pas au Congo, même en exagérant les considérations périphériques, mais en France et au Rwanda.



  • Emmanuel Cattier 21 juillet 2019 07:55

    @Bertrand Loubard
    Je vois que vous préférez élargir encore la périphérie plutôt que d’approfondir ma question pointue. Circulez il n’y a rien à voir… Intéressez-vous à ce qui se passe ailleurs. C’est l’éternelle façon de détourner la question des points cruciaux et gênants.

    Mais puisque vous vous évadez en parlant « des 8 000 à 10 000 000 de morts des guerres de l’Afrique Centrale », voilà typiquement une façon de désinformer. Je pourrais vous parler des 80 à 100 millions de morts des guerres en Europe. Mais sur quelle période ?

    J’imagine que vous allez vous étendre sur ce qui me semble être une « fake news » bien colportée : les 4, 6, 8, 12 millions de morts des guerres du Congo et du rapport Mapping qui l’établirait.

    Pourquoi je perçois une « fake news » ? Parce que ces millions de morts du Congo reposent sur une information très contestable de l’ONG IRC basée aux USA. Le rapport Mapping le confirme d’ailleurs, dans sa note 87 de la page 49 de la version française en PDF :

    « Ces dix années ont, en effet, été marquées par une série de crises politiques majeures, des guerres ainsi que de nombreux conflits ethniques et régionaux qui ont provoqué la mort de centaines de milliers, voire de millions de personnes 87 »
    « Note 87 : L’International Rescue Committee (IRC) a mené quatre études sur la mortalité en RDC entre 1998 et 2004. Selon l’IRC, depuis le début de la deuxième guerre en août 1998 jusqu’à la fin du mois d’avril 2004, environ 3,8 millions de personnes auraient péri, victimes directes ou indirectes de la guerre et des conflits armés. Il est à noter cependant que la méthodologie retenue par l’IRC pour déterminer le nombre de morts indirects repose sur des études épidémiologiques et des estimations de croissance démographique qui ont pu être contestées. Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée. »

    Si vous allez consulter le Conseil de surveillance de l’IRC vous y trouverez toute une panoplie de secrétaires d’état US, dont certains sont célèbres pour leur sens de l’honnêteté intellectuelle pour engager le monde dans des conflits qui intéressent les intérêts états-uniens : Madeleine K. Albright, Henry A. Kissinger, General Colin L. Powell, Condoleezza Rice pour ne citer qu’eux.

    D’autre part je vous invite à consulter cette étude démographique d’un cabinet belge de démographes patentés qui a été missionné par la commission européenne pour aider la RDC à établir ses listes électorales. Les cartes d’électeur qui en ont découlé sont devenues par la loi les cartes d’identité des Congolais de RDC. C’est à ma connaissance la seule étude démographique sérieuse sur ces « millions de morts » en RDC de 1998 à 2004. Pour eux les millions sont en fait des dizaines de milliers de morts. Très précisément, aux aléas des études démographiques près, cent quatre-vingt-trois mille morts « de trop ».

    Il résulte de tout cela le sentiment qu’il y a une manipulation des chiffres quelque part. D’une part le rapport Mapping ne décompte pas les morts de RDC, mais cerne environ 600 « exactions » sans pouvoir déterminer très souvent le nombre de morts pour chacune « un nombre indéterminé de morts », et encore moins un total général, ce que ce rapport souligne dans sa note de bas de page : « Compte tenu de son mandat, il ne revenait pas au Projet Mapping de se prononcer sur le nombre total de personnes mortes ou tuées du fait de la situation en RDC au cours de la période considérée. » (l’expression « nombre indéterminé » renvoie dans le rapport Mapping 177 occurrences. Cela peut concerner des morts, des blessés, des découvertes de charniers, des personnes qui ont participé à telle ou telle action, etc.).

    Donc si vous traitez ce problème dans un autre article comme vous le dites, merci de tenir compte de ces informations périphériques.

    Mais je reviens à ma question qui vous a fait vous évader au Congo : Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? La réponse à cette question n’est certainement pas au Congo, même en exagérant les considérations périphériques, mais en France et au Rwanda.



  • Emmanuel Cattier 14 juillet 2019 00:50

    @Bertrand Loubard

    Vos considérations périphériques n’arriveront pas à noyer le poisson. Elles évitent de répondre à l’essentiel de mon message : Pourquoi des Français ont-ils reçu l’ordre de notre état-major d’informatiser le fichier central rwandais et notamment le fichier « PRAS » des Personnes à Rechercher et A Surveiller, dans un contexte pré-génocidaire où les Tutsi étaient clairement ciblés ? 

    Ce fichage des Tutsi est un élément caractéristique d’une stratégie génocidaire à laquelle les autorités françaises ont clairement, mais secrètement, apporté leur concours technique entre 1990 et 1994 et alors qu’elles connaissaient l’intention de génocide des autorités rwandaises ouvertement exprimées dès 1990, selon le rapport et les auditions de la mission d’information parlementaire française, dont le président a soigneusement évité de faire une présentation honnête à la presse en décembre 1998 et dont j’ai rappelé des éléments fondamentaux dans mon premier message.

    Tant qu’on évitera cette question essentielle, liée à la définition même du génocide par les instances internationales, je n’irai pas plus loin dans le débat. C’est le nœud du problème de ce qu’il faut bien appeler la complicité des autorités françaises dans le génocide des Tutsi et le mensonge, négationniste de cette complicité, qui l’accompagne. C’est sans doute ce que le chef d’état-major français actuel appelle, avec l’espoir naïf de l’étouffer, une « vérité simple ».

    Désolé pour mon exigence, mais on ne pourra pas éternellement éviter cette question en se contentant de naviguer de façon imprécise sur les événements périphériques, graves certes, mais très secondaires par rapport à la magnitude violente d’un génocide. Rien ne peut excuser le recours à un génocide, ni le soutien objectif à une intention de génocide. 

    Certes on peut supposer, faiblesse de Français à l’égard de son pays sans doute, que les autorités françaises ne partageaient pas cette intention. Mais cela ne fut jamais exprimé. Peut-on rester neutre devant des forces génocidaires ? Ai-je des raisons objectives d’être si bienveillant avec mon pays ? La France n’a même pas respecté le premier des cinq accords de paix d’Arusha, alors que les autorités de l’époque ne cessent de clamer qu’elles les ont encouragés. Double langage. Mensonge.

    Dans un génocide les mots sont essentiels. Ce n’est pas la violence des souffrances subies par les personnes ciblées qui font d’un massacre de masse un génocide, mais l’intention des tueurs et donc leurs mots, surtout s’ils sont suivis d’actes hélas cohérents avec ces mots.

    Pas une seule fois les autorités françaises n’ont prononcé des mots pour décourager leurs alliés de commettre un génocide. Non, elles n’ont pas cessé de les soutenir, militairement, diplomatiquement et financièrement en faisant comme s’il n’y avait pas de génocide en projet, puis en cours, puis même après son accomplissement. Elles n’ont pas exprimé d’intention de génocide, mais les intentions de génocides exprimées n’ont pas enrayé sa stratégie de soutien à ceux qui les exprimaient. Le FPR n’a rien à voir avec cette stratégie française de négation de fait, à l’époque, d’un génocide. Le négationnisme est au cœur de l’entreprise génocidaire.

    J’observe d’ailleurs que dès sa création le FPR militait au contraire dans ses fondamentaux pour mettre fin à l’ethnisme rwandais, dont le directeur de recherche émérite du CNRS Jean-Pierre Chrétien, spécialiste de la région des Grands lacs, démontra la dérive irrationnelle de son développement. Une fois au pouvoir les mots du FPR se sont traduits en acte et les cartes d’identité ethniques furent rapidement abolies, avant de rendre illégale cet ethnisme dans la constitution rwandais, et de lutter aujourd’hui encore contre l’idéologie de ce « nazisme tropical », pour reprendre l’expression de Jean-Pierre Chrétien.

    Évidemment les stratèges français et les alluvions des génocidaires accusèrent le FPR d’abandonner l’ethnisme parce que cela les arrangeait politiquement. Les Français et le Hutu power avaient pourtant fait au FPR le procès d’intention de vouloir faire un génocide des Hutu.

    En réalité, le FPR a combattu les génocidaires Hutu pour bloquer leur projet génocidaire effectif et clairement manifesté. Cela ne fut pas un génocide des Hutu, Non seulement cela n’a pas eu lieu, mais la majorité actuelle de la population rwandaise aurait une carte d’identité de Hutu si ces cartes n’avaient pas heureusement été abolies.

    Les mots et les actes ont un sens. Il n’y a d’ailleurs scientifiquement toujours eu qu’une seule ethnie au Rwanda dans les derniers siècles. Cette ethnie parle une seule langue, le Kinyarwanda, partage les mêmes croyances ancestrales, coloniales, puis post coloniales, et toute la population fut toujours intégrée dans le même espace, sans cloisonnement géographique. C’est l’ethnie rwandaise.

    J’espère faire toucher du doigt au lecteur la complexité de cette soi-disant « vérité simple ».

    Si elles avaient exercé un esprit critique sur l’héritage des colonisateurs et des églises chrétiennes, notamment catholique, les autorités françaises n’auraient pas suivi l’idée simpliste et fausse des « ethnies » rwandaises. Elles auraient été plus intelligentes à temps et ne se seraient pas laissées embobiner par le Hutu power.

    Une stratégie erronée ne peut pas gagner la paix. Elle ne crée que des conflits.

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