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Éric Guéguen

Éric Guéguen

Le monde actuel en 20 penseurs :
 
Platon - Aristote - Lucrèce - Farabi - La Boétie - Montaigne - Spinoza - Rousseau - Hegel - Tocqueville - Nietzsche - Ortega y Gasset - Polanyi - Strauss - Arendt - Vœgelin - Villey - Dumont - MacIntyre - Lasch
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« Le citoyen typique, dès qu’il se mêle de politique, régresse à un niveau inférieur de rendement mental. Il discute et analyse les faits avec une naïveté qu’il qualifierait sans hésiter de puérile si une dialectique analogue lui était opposée dans la sphère de ses intérêts réels. Il redevient un primitif. Sa pensée devient associative et affective. »
 
(Joseph Schumpeter, Capitalisme, socialisme et démocratie, Quatrième partie, XXI, 3 (p.346)).
 
Contact : [email protected]
Le Miroir des Peuples, éditions Perspectives Libres, 2015

Tableau de bord

  • Premier article le 14/08/2012
  • Modérateur depuis le 01/12/2012
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Derniers commentaires



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 3 septembre 2014 14:31

    Bonjour Philippe.
     
    Vous avez parfaitement raison de rappeler que Bernays a, en quelque sorte, bénéficié d’une passerelle vers Le Bon en la personne de Freud. Ceci va d’ailleurs dans le sens de ce que disait Romaric, à savoir que Bernays n’était pas un intello (il les avait en horreur), mais un simple pragmatique.
     
    Sur le reste, je vais affiner ma pensée pour que vous puissiez voir si vous demeurez en opposition à ce que j’ai dit plus haut :
    Lorsque j’incrimine la démocratie, je parle bien évidemment de celle qui a a été mise en place il y a de cela environ deux cents ans, c’est-à-dire du gouvernement représentatif.
    La démocratie au sens propre du terme, c’est la rencontre improbable entre un demos et un cratos. Les Grecs avaient résolu le problème en restreignant le demos (au moyen de l’esclavage), nous c’est le cratos que nous avons sacrifié (au moyen de la représentation). Aujourd’hui, le peuple a entre ses mains un pouvoir lilliputien, mais chacun de ses membres en a une part égale aux autres. Forcément, tôt ou tard, on devrait payer le fait de trop s’en être remis à des représentants, ce pour avoir les mains libres et s’adonner tranquillement à nos petits commerces privés...
     
    Donc ce n’est pas tant le peuple au pouvoir que je dénonce, que les illusions sur lesquelles se fonde cet espoir. Personnellement, la démocratie, j’en rêve, mais sans me payer de mots, et sans me cacher que Bernays a raison dans la plupart de ses analyses. Ce que je déplore, c’est son avachissement sur la bêtise et le conformisme de ses semblables. Au lieu d’y remédier en tentant autre chose que le gouvernement représentatif, il en fait son beurre parce qu’il est du bon côté du manche.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 3 septembre 2014 12:26

    « L’instruction généralisée devait permettre à l’homme du commun de contrôler son environnement. À en croire la doctrine démocratique, une fois qu’il saurait lire et écrire il aurait les capacités intellectuelles pour diriger. Au lieu de capacités intellectuelles, l’instruction lui a donné des vignettes en caoutchouc, des tampons encreurs avec des slogans publicitaires, des éditoriaux, des informations scientifiques, toutes les futilités de la presse populaire et les platitudes de l’histoire, mais sans l’ombre d’une pensée originale. » (p.39)
     
    Tout ce que dit factuellement Bernays est VRAI. C’est ça qui est déconcertant ! Un humaniste dirait : « il faut lutter contre » ; un Bernays nous dit : « il faut l’assumer ». Et pour contredire Bernays, il faut ni plus ni moins remettre en cause nos présupposés démocratiques.
     
    Bien à vous,
    EG



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 3 septembre 2014 12:01

    Le gros, l’immense problème, c’est que la prise de conscience ne suffit pas. J’entends par là que la plupart des gens savant à présent qu’on leur ment et qu’on les manipule, que l’on se paie de mots (« tolérance », « progrès », « démocratie », « droits de l’homme », etc.), mais qu’ils se jettent ensuite dans les bras de gourous du net qui se vendent comme les représentants attitrés de la dissidence : Pierre Hillard, Alain Soral, Ploncard d’Assac, etc. Souvent des gens qui ramènent tout au seul problème juif.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 3 septembre 2014 11:46

    @ hunter :
     
    "Pourrait-on dire que Bernays à fait un travail de synthèse du boulot de GLB, dont il a déduit des règles à mettre en application pour la manipulation des masses ?"

     
    => Ce qui est sûr, c’est qu’il l’a lu, qu’il y a donc une filiation entre eux, mais - et c’est important !! - je pense que Le bon aurait récusé cette récupération. Le Bon subodorait les Bernays tapis dans l’ombre, si je puis dire. C’est pour ça qu’il est important de lire les deux bords, vous avez raison de le faire.
    Je dois vous dire que j’ai fait l’inverse de vous : j’ai commencé par lire Propaganda, puis j’ai lu La prychologie des foules.
     
    De manière générale, il est très bien venu que tout le monde s’intéresse à ces auteurs, mais il y a risque : c’est que l’on en déduise que la crise actuelle est seulement due à la malhonnêteté de nos dirigeants. C’est bien plus grave selon moi : c’est une crise systémique. Nous sommes tous concernés par une salutaire remise en question.



  • Éric Guéguen Éric Guéguen 3 septembre 2014 10:32

    Bonjour hunter.
     
    Pour vous répondre en quelques mots rapides : alors que Le Bon a une horreur quasi anar des foules (au point d’omettre de nous dire à partir de combien d’individus une foule se crée), Bernays, trente ans plus tard, assume le tournant démocratique et conçoit rapidement le profit à en faire. D’un côté vous avez un psychologue parfois peu rigoureux, de l’autre un marchand de tapis tout à fait à son aise. Un Le Bon ne pouvait émerger qu’en France ou en Allemagne. Un Bernays devait forcément être un produit anglo-saxon.
     
    Personnellement, je retiendrais davantage le cynisme chez Bernays que l’égoïsme. Je l’ai dit ailleurs : le talent et le patriotisme en moins, Bernays est un digne héritier de Machiavel.
     
    Cela dit, s’il peut y avoir des Bernays, c’est parce que la démocratie représentative prête le flanc à ce genre d’instrumentalisations. Il serait dommageable de ne pas tirer toutes les conséquences de ce cynisme en exonérant la démocratie de ses défauts les plus lourds.
     
    EG

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