On voit mal en France les partis dirigeants reconnaître leur responsabilité dans la faillite française...On voit mal aussi comment une politique de rigueur va être possible à l’horizon 2011 avec des échéances électorales en 2012, à moins que la note française soit dégradée d’ici là et que l’urgence ne soit plus aux ambitions politiques mais au sauve qui peut.
Je pressent une fuite importante de capitaux hors de nos frontières d’ici là, la pression fiscale va logiquement atteindre des niveaux atmosphériques, la croissance tant espérée par l’effet « wishfull thinking » ne pouvant être au rendez vous tant que les fondamentaux aussi bien financiers que budgétaires n’auront pas été assainis (retraites et immobilier).
On en parle en tout cas ici. Selon les sources de la communauté germanophone, ils auraient été 180 000 l’année dernière et la prévision est de 200 000 cette année. L’ambassade d’Allemagne à Asuncion est débordée.
Maintenant je vous confesse qu’avoir le « nez dans le guidon » peut avoir un effet loupe, les témoignages des allemands expatriés pouvant déformer la réalité, il n’en reste pas moins que le phénomène est saisissant à l’échelle d’un pays de 5 millions de résidents (6 millions de nationaux).
Chez aucun de ces expatriés, je n’ai eu d’écho optimiste, voire modérément optimiste, de l’avenir de l’Allemagne à moyen terme au sein de la zone Euro. Ils refusent de payer pour les mauvais élèves du Sud, liquident leur patrimoine et préfèrent le risquer dans une zone à potentiel de croissance plus élevé où leur savoir faire a encore une chance d’être valorisé. Ce phénomène n’a d’ailleurs rien de nouveau, l’Allemagne, comme l’Italie, a été un des grands pourvoyeurs de peuplement européen en Amérique du Sud, du Vénézuela à l’Argentine en passant par le Brésil. Stroessner, qui imposa sa dictature sur le Paraguay jusqu’à la fin des années 80, Kirchner aujourd’hui en Argentine, autant de témoins d’une tradition de pionniers et d’aventuriers.
Les statistiques que vous citez, je les connais, elles ne sont plus d’actualité pour plusieurs raisons :
- Tout comme l’Argentine, le Paraguay ne possède pas de système statistique fiable, par faute de moyens.
- Ces statistiques reprennent donc uniquement les colonies stables mémonites installées à partir de 1920 dans le Chaco (région qui porte ce nom à l’Est du Paraguay en frontière avec la Bolivie). Ces pionniers ont posé les bases d’une présence allemande en pays latin, en créant une infrastructure économique et logistique propice à l immigration germanophone. Les germanophones résidant dans la capitale sont ignorés de ces chiffres, et les indigènes automatiquement assimilés à des hispanophones.
- La crise énonomique et la contraction forte du PIB allemand l’année dernière a accélé le phénomène d’expatriation, non plus pour des raisons religieuses, mais cette fois économiques, or vos statistiques datent d’avant la crise.
Je suis toujours étonné de constater sur ce forum des « généralistes » prétendant mieux connaître les réalités de pays qui leur sont totalement étrangères que les autochtones eux mêmes. Un effet pervers de la virtualité sans aucun doute.
Si j’en juge au nombre d’émigrants allemands vers le Paraguay, Alchimie, l’optimisme ne prédomine pas. Ils sont conscients qu’ils sont enchaînés aux pays laxistes de l’arc méditerranéen (dont la France) et n’envisagent pas un avenir prospère pour leurs enfants. Ils vont le chercher sous d’autres cieux.
Si l’émigration francaise au Maroc était proportionellement équivalente à celle des allemands ici, il y aurait déjà eu une réacion de rejet. Le Chaco est déjà presque entièrement germanophone, les indigènes y apprennent prioritairement cette langue par rapport à l’espagnol.
L’Allemagne paie déjà depuis 10 ans son association contre nature avec la France. Elle aurait mieux fait de choisir l’Angleterre, avec qui elle partage une « saxonnité » commune. Les salaires y sont désormais moins élevés qu’en France et l’honnêteté intellectuelle allemande a empêché d’utiliser l’effet de levier de la bulle immobilière pour doper la croissance de la consommation : les taux d’intérêts immobiliers y sont restés proportionnels aux risques, 50% plus élevés qu’en France.
L’Euro devrait se scinder en deux, l’Eurofranc sous le contrôle de la France, court termiste, keynesien et démagogue pour le bassin méditerranéen , condamné à la dévaluation perpétuelle, et l’Euromark, attaché à des principes vertueux., pour l’Europe du Nord. Il n’est pas normal que notre irresponsabilité entraîne ces pays dans les conséquences de nos faiblesses.