Franchement, il faudrait arrêter avec les médisances à propos de Nadine Morano. De mon coté, j’achète parfois du poisson frais du coté du Havre, et il n’est pas rare que le marchand me dise qu’il trouve Nadine très belle. Du coup, il existe peut être une possibilité de faire des heureux. Un sympathique couple de poissonniers, c’est quelque chose de très bien.
Décidément, tout n’est pas perdu dans notre époque puisqu’elle produit d’incomparables philosophes.
Belle réinvention de l’intuition intellectuelle, si, si. Une longue histoire qui nous traîne de Descartes aux phénoménologues, si l’on y regarde bien. Ceci dit, vous avez résolu l’affaire, et pour vous, cela donne la gnose. De ce fait, il n’y a aucune raison que vous vous priviez de sortir un lapin du chapeau quand bon vous semble, car les spectateurs ne seront jamais indifférents à une belle prouesse de prestidigitation.
Du coup, vous abordez la politique selon une grande originalité, et il ne faut pas en perdre une miette.
Ben moi, je serais plutôt enclin à voter Mélanchon, mais retiens votre remarque en souhaitant expliquer pourquoi. Les aspects caractériels ne sont pas à négliger, car il y à certainement des choses à réviser à ce propos. J’ai le souvenir d’un incident, lors de la dernière fête de l’Humanité. Un jeune, disons une vingtaine d’années, certes peut être un peu allumé, mais en aucun cas méchant, avait interpellé Méluche et s’est fait rembarrer de manière hautaine et méprisante par ces mots « Un militant, ça doit être discipliné ». Sur ce coup là, je ne l’ai pas trouvé excellent, Méluche. Disons que ce sont des manières qui laissent à désirer. Par ailleurs, la fête de l’Huma est un bel événement, compris comme fête populaire dans laquelle sont proposés des concerts, et toutes sortes de choses qui en font un lieu de vie, de telle sorte que la couleur politique pourrait y être presque accessoire.
Bref, il est fréquent que j’apprécie Mélanchon sur le plan des idées, mais il me semble important de rester critique.
Il y a un point sur lequel vous avez à mon avis raison, M.Pelletier, c’est que les aspects caractériels ne sont pas à négliger. Ce n’est pas pour pinailler. Simplement, je trouve effectivement que certains aspects désagréables peuvent être desservants. Tenez, un exemple. Lors de la dernière fête de l’Huma, il a sévèrement rembarré un jeune qui était certes sûrement un peu déconnecté et « à l’ouest » en lui disant de très haut « qu’un militant, cela doit être discipliné ». L’irruption de l’individu était sans doute inconvenante dans la forme mais à mon avis, Mélenchon n’aurait certainement pas dû répondre de manière hautaine et cassante d’autant plus que la personne devait se trouver dans la vingtaine et manquer de solidité psychologique. Sur ce coup là, Méluche, je ne l’ai pas trouvé excellent. Il n’en reste pas moins par ailleurs que la fête de l’Huma est intéressante comme fête populaire, avec des concerts et bien d’autres choses qui valent le coup d’être vues, et assez souvent une belle convivialité, et que cet aspect est, à bien y regarder, sûrement plus intéressant et vivant que la couleur politique.
Cela n’empêche pas, par ailleurs, que je sois assez souvent en phase avec les idées de Mélenchon, mais tout en restant critique.
Le fait d’écrire avec sensibilité est une chose qui me semble précieuse et appréciable. Ceci dit, il m’a semblé important d’introduire quelques notes de rire, et je vais brièvement expliquer pourquoi. Sur le principe, vous avez certainement raison sur le fait que l’on puisse se montrer attentif à la présence d’un processus de deuil dans une expression littéraire, mais le problème est que cette affaire là est potentiellement sans fond, et qu’il me semble important, en tant que lecteur, de veiller à ne pas entretenir cela. Bon, j’avais déjà vu les histoires concernant le fait que l’écrivain puisse se sentir en phase avec le mouvement de l’Humanité. Ce n’est pas nouveau. Les vieilles analogies du microcosme et du macrososme nous parlent entre autres de cela. C’est une longue histoire, mais, comme par hasard, nous avons au 19è siècle des choses comme la littérature romantique, et, du coté des sciences, des histoires de récapitulation qui ont certes, un peu foiré après. Bref, ce n’est peut être pas la meilleure chose à faire que de réinventer le mal de siècle. Il y a tout de même suffisamment d’ouvertures contemporaines intéressantes qui, à mon avis, ouvrent à davantage de joie. Ceci dit, ce n’est que mon avis.