On a toujours quelque chose à apprendre, mais pour le faire, il faut aller au charbon et risquer de dire quelques bêtises. C’est justement pour ça que je suis là.
Je suis fatigué de ces parents nostalgique de l’époque ou ils pouvaient prétendre s’intéresser à la vie culturelle parce qu’ils allaient voir un concert dans la SMAC du coin, une pièce de théâtre deux fois par an, essentiellement pour avoir quelque chose à dire lorsque venait le temps de boire des bières en société dans un troquet bobo.
Et alors ?
T’as voulu tes gamins, tu les as, tu n’as pas vu le dernier film, écouté le dernier disque encensé par les inrocks ou télérama, je crois que le monde s’en remettra.
Bien sur, une suppression du baccalauréat s’accompagnerait obligatoirement d’une réforme profonde du parcours scolaire et des objectifs à atteindre avant l’entrée dans un cycle d’étude supérieures.
Ah oui et je ne dis pas que les enseignants portent la responsabilité de tout ce qui ne va pas dans l’école. Je dis simplement que si l’expérience sur le terrain permettait, comme vous le dites, d’être le mieux placé pour juger des méthodes d’enseignement qui fonctionnent le mieux, alors je ne vois pas comment autant d’élèves seraient laissés sur le carreau.
Des gens étudient ça et peut-être devriez-vous vous intéresser à leur travail plutôt que de nier qu’il y a de gros changements à faire dans les méthodes d’enseignements si on veut moderniser le système scolaire.
Je pense que le baccalauréat est une tyrannie contre l’ascension sociale et le développement du savoir, et je pense qu’il faut le supprimer, purement et simplement. Je ne vois aucune bonne raison d’interdire l’accès au savoir.
Le système scolaire favorise largement les élèves issus de milieux aisés et pénalisent fortement ceux qui ne rentrent pas dans le moule, quelque soit leur compétence ou leur intelligence. Le bac est le triage ultime entre ceux qui auront accès au savoir, le vrai, et ceux qui devront rester dans l’ignorance.
Si on compare la proportion de fils d’immigrés et d’ouvriers ayant accès aux études supérieurs à celles d’enfants de familles plus aisées, on voit bien qu’il y a un soucis.
Qu’est ce qu’on peut imaginer comme solutions ? Plutôt que de donner des notes individuelles, évaluer la classe en tant que groupe. Faire en sorte que les élèves ayant déjà intégrés un savoir aident ceux qui ne l’ont pas encore fait. Privilégier le projet collectif au travail individuel. Concentrer l’attention du professeur sur les élèves qui ont le plus de difficultés.
J’imagine que de nombreux livres ont été écrits sur le sujet et que vous n’aurez pas de mal à en trouver.
Le niveau moyen serait relevé, et les élèves seraient bien mieux préparés à la réalité de la vie, ou le travail en équipe prime bien souvent.