Oh mais je ne peux que vous encourager à mettre les cathos "rebelles" face à leurs contradictions ! On est bien d’accord là-dessus !
Simplement, votre premier message de ce fil sonnait comme un « circulez, il n’y a rien à voir » adressé en apparence tant aux athées ou aux intégristes qu’aux modérés. Même si je vois bien une pointe d’ironie dans la fin du message, la première partie rejoignait l’article, pro-catho : le pape et l’Église font ce qu’ils veulent, il n’y a pas lieu d’en discuter. Or je crois qu’on veut tous les deux qu’il y ait débat pour que les choses changent (et une partie de ce débat peut consister à mettre les cathos face à leurs contradictions).
Il me semble que la laïcité est un modus vivendi, un armistice si vous voulez, qui se situe au niveau politique. Mais cet armistice politique n’empêche pas la confrontation des opinions de se poursuivre. L’État n’impose ni n’interdit aucune croyance, il est neutre (*), mais ses citoyens ont le droit d’avoir des opinions et d’en débattre. Je dirais que je suis à la fois athée, antireligieux et laïc : laïc dans le sens où je pense que l’État, les institutions, doivent rester neutres, et athée et antireligieux dans le sens où à titre personnel je suis incroyant et contre les religions, opinions que je ne manquerai pas de défendre dans un débat. Je pense de même qu’on peut être à la fois catholique (ou musulman) et laïc (en revanche, je ne sais pas si on est cohérent ce faisant... ).
* : si ce n’est quand même que l’éducation qu’il propose est guidée par les résultats de la science, pas par les dires des clergés.
En écrivant le précédent commentaire, je n’avais pas encore suivi votre lien vers l’analyse de M. Éolas, qui montre bien l’absurdité du projet présidentiel.
Association de malfaiteurs : « tout groupement formé ou entente établie en vue de la préparation, caractérisée par un ou plusieurs faits matériels, d’un ou plusieurs crimes ou d’un ou plusieurs délits punis d’au moins cinq ans d’emprisonnement » (Wikipédia)
Dans le projet de Sarkozy : « participation en connaissance de cause à un groupement, même formé de manière temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou contre les biens » (d’après P. Bilger)
Peut-être faudrait-il effectivement définir une infraction moins restrictive que celle d’association de malfaiteurs (en retirant par exemple la limite des cinq ans) ? Néanmoins, l’idée exprimée par Sarkozy semble effectivement assez vague : qu’est-ce qui va définir la participation au groupement, et le but poursuivi, sinon, comme dans l’association de malfaiteurs, une préparation caractérisée par un ou plusieurs faits matériels ?
Au final, je pense qu’il s’agit d’un nouvel effet d’annonce qui n’aboutira pas à grand chose, si ce n’est peut-être à encombrer notre code pénal (votre cas 1).