Il y a aussi les sites et les magazines qui prétendent s’occuper de votre santé, mais qui sous prétexte de ne pas diaboliser un aliment, font en fait la promotion quasi-indistincte de tous les aliments quels qu’ils soient, au point qu’on peut se demander s’ils sont subventionnés par l’industrie alimentaire. Ils ont beau mettre une nuance ici ou là, dans l’ensemble ils poussent à la consommation de tout et n’importe quoi.
En partant d’un conseil sain (il faut boire assez d’eau pour ne pas se déshydrater), on en arrive à « elle recommande aux parents de ne pas diaboliser le sucre », autrement dit : buvez des sodas. Ça désaltère, le sucre ? S’il y a bien un truc à ne pas recommander en ces temps d’épidémie d’obésité, c’est bien les sodas. Évidemment qu’aucun aliment ne mérite d’être, au sens propre, « diabolisé » mais on sait quand même qu’en France, globalement, on consomme trop de sucre.
Et, évidemment, on lit à la fin de l’article : « données [...] traitées avec le soutien de Coca-Cola France ».
C’est sûr qu’avec trois litres de coca par jour, vous risquez de ne pas garder la ligne très longtemps ! Bien sûr, l’article ne dit pas de boire trois litres de coca par jour, mais c’est une possibilité habilement laissée ouverte entre le discours de bon sens sur l’hydratation et une citation bien choisie d’une nutritionniste bien choisie.
Les qualités d’un aliment sont toujours mises en avant, ses défauts toujours minimisés, comme ici (Doctissimo) sur le sel : « Le scandale du sel se vend bien et la thèse du complot fonctionne à plein régime. Les journalistes, grisés par leur rôle de justicier, font dans l’hyperbole et l’extrapolation. ». Thèse du complot ?!
Je rejoins l’auteur sur les régimes quantitatifs, restrictifs, qui ont tendance à être culpabilisants et à tourner au yo-yo. Je pense par contre qu’il y a lieu de se poser des questions sur le plan qualitatif de ce qu’on mange. Mais quand les sites censés nous informer sur la nutrition ont une gamme de qualificatifs qui va de « très bon » pour les aliments les moins recommandables à « excellentissime » pour les meilleurs, il faut de l’acharnement pour décrypter !
« une sorte de non-événement comme il en survient quelques dizaines par jour, sur la route ou ailleurs »
Plutôt dans les 150 000 par jour. Deux stades, si vous préférez.
« Le commentateur sportif, cet étrange animal, pétri de plus de mauvaise foi encore que le journaliste politique qui à chaque but marqué, ou raté, feint l’extase ou le dépit, mieux que bien des sociétaires de l’Académie française, comme s’il y croyait vraiment, comme si cela comptait pour quelque chose dans l’avenir du monde, en tout cas du sien, en tout cas du nôtre. »
La meilleurs phrase de l’article, qui résume bien le sport à la télé. Et comme je n’aime pas le mensonge, encore moins quand il sert à vendre du temps de cerveau à Coca-Cola, je crois que je ne vais pas beaucoup regretter la disparition de cette personne. Un non-évènement, comme vous dites.