L’article ci-dessus est très mauvais, catastrophiste comme vous l’avez remarqué, vous pouvez l’oublier.
Si vous voulez des infos sérieuses sur Fukushima, je ne saurais trop vous conseiller le blog de Sylvestre Huet.
Sans être moi-même spécialiste, je pense pouvoir répondre à une partie de vos questions :
- Le mot « fusion » est à comprendre ici dans son sens chimique classique, c’est-à-dire le passage de l’état solide à l’état liquide. Les barres de combustible, alliages métalliques, fondent comme du fer fond ou comme un glaçon fond. Rien à voir, donc, avec ce qu’on appelle la « fusion nucléaire ».
- Les barres de combustible ont fondu en partie : plus de 70% dans le réacteur 1 ; 35 % dans le réacteur 2 ; 30 % dans le réacteur 3. C’est cette fusion qui est à l’origine des explosions d’hydrogène et des émissions de produit radioactifs dans l’atmosphère entre le 14 et le 17 mars. (Source)
- Il y a divers risques d’explosions, mais pas d’explosions atomiques (explosion qui a lieu dans une bombe atomique), même à Tchernobyl.
Sans normes, les industriels font ce qu’ils veulent. Les normes ne sont donc pas faites pour protéger les industriels.
Avec des normes excessivement fortes, en revanche, les industries mettent la clé sous la porte, c’est sûr.
Le tout est donc de trouver un équilibre, et c’est le rôle du législateur, démocratiquement élu, d’arbitrer entre les besoins de l’industrie, des consommateurs, et du public.
En l’occurrence, il y a de la marge entre les normes en matière d’exposition à la radioactivité, même pour les travailleurs du nucléaire, et les doses qui posent un danger sanitaire. Notamment, comme je l’ai dit plus haut, parce que les normes sont basées sur l’hypothèse linéaire, la plus pessimiste et dont il est de plus en plus clair qu’elle ne correspond pas à la réalité.
Par exemple, les enfants du Kérala sont soumis en moyenne à une radioactivité naturelle (17 mSV/an) très proche de cette norme relevée au Japon (20 mSV/an), et une étude épidémiologique effectuée sur une cohorte de cent mille Kéralais n’a pas montré d’excès de cancers (source, p.23).
Ceci dit, personne ne dit qu’il est bon de répandre partout des matières radioactives, ni que la gestion par Tepco et les autorités japonaises de leurs centrales a été bonne, et j’espère bien qu’ils auront à rendre des comptes de ce qui s’est passé (même si les évènements naturels ont été d’une intensité exceptionnelle).
Pas après Fukushima, mais pendant Fukushima. Et rien à voir avec les USA.
Il est normal d’avoir des normes différentes en temps calme ou en situation d’urgence. Les pompiers sont aussi exposés à plus de risques (de toutes sortes) que le citoyen lambda. C’est le prix de l’action.
« La relation entre risque et dose est considérée comme linéaire. »
Les normes sont actuellement basées sur cette hypothèse, par précaution, mais cette hypothèse est fortement contestée. Voir par exemple cet exposé médical, les relations envisageables p.6 et les conclusions p.54.
« Le CIPR estime que pour chaque millisievert on comptabilise 60 cancers (dont 50 mortels) et 13 défauts génétiques de plus par million de personnes. »
J’aimerais bien savoir où la CIPR dit ça, d’autant plus que je peux lire, ici (page 2 ou écrans 9 et 10), une toute autre opinion de la CIPR :
« Because of this uncertainty on effects at low doses the Commission judges that it is not appropriate, for the formal purposes of public health, to calculate the hypothetical number of cases of cancer that might be associated with very small radiation doses received by large numbers of people over very long periods of time »
« La CIPR remarque que les données biologiques ne sont pas assez claires et concluantes au niveau des faibles dose et qu’il n’y a pas de raison d’en tenir compte aujourd’hui. »