Oh, je me fais pas plus d’illusions que vous sur la rationalité de l’auteur (qui nous a jadis défendu le moteur à eau, entre autres absurdités) et de la plupart des posteurs. Ceci dit, il y a peut-être des lecteurs de passage, non posteurs, et un peu plus rationnels... Et puis sinon, comme vous dites, c’est distrayant.
« madame Caldicott n’est pas isolée dans son analyse. »
Caldicott n’est pas isolée, il y a aussi Nesterenko. Nesterenko n’est pas isolé, il y a aussi Caldicott. On va aller loin comme ça...
« elle n’a fait que confirmer les travaux de l’académie de sciences de l’état de New York. »
Encore une fois, ce ne sont PAS des travaux de l’académie de New York, mais simplement des travaux publiés par elle, non cautionnés par elle, non relus par elle, ni par aucun comité de lecture. (Relus par deux individus, c’est tout.)
« celle ci chiffre le nombre de décès dus a Tchernobyl entre 600 000 et 900 000 morts. http://www.reporterre.net/spip.php?... ce qui cautionne, contrairement à ce que vous écrivez les chiffres avancés par Nesterenko, lequel évoque le chiffre de 985 000 morts. »
Mais c’est le même ! Suivez votre lien. Allez à la phrase mentionnant l’académie. Suivez l’indicateur de note qui suit cette phrase (2). Lisez cette note 2 : il s’agit bien toujours du même fameux article de Nesterenko et Yablokov !
« au dela de cette guéguerre des chiffres qui ne respecte que très mal la souffrance des familles touchées par cette catastrophe »
Oh eh, ça va. On ne va pas admettre des affirmations et des chiffres complètement farfelus sous prétexte de respect des morts et des pseudo-morts que vous rajoutez et de leurs pseudo-familles !
« je vous demande un peu de patience. il est probable que ce chiffre sera largement, hélas, dépassé dans les années à venir. »
Ça fait déjà 25 ans...
« comme vous devez l’imaginer, la norme n’empêche pas le danger »
C’est ce que j’ai dit.
« sur votre analyse de la « gravité » de la catastrophe de Fukushima, je ne rentrerais pas non plus dans cette polémique plutot mal placée. »
Dans la mesure ou vous demandez l’arrêt du nucléaire et que cette prise de position est basée sur la gravité des catastrophes qu’il peut engendrer, je vois mal comment on pourrait faire l’économie d’une analyse de cette gravité et d’une comparaison avec les risques présentés par les autres sources d’énergie disponibles.
« je vous encourage vivement a aller donner un coup de main aux sacrifiés de fukushima, puisque manifestement vous n’en voyez pas le risque »
Vous me faites dire le contraire de ce que j’ai dit dans mon message précédent : ces travailleurs ont pris un risque, qui va jusqu’à 1 % de risque de cancer en plus (source), ce qui n’est pas rien, mais ce qui n’est pas non plus un sacrifice de masse où tous mourraient.
« Les autorités ont décidé de modifier la norme de dangerosité passant de 100 mSv à 250 mSv, oubliant un peu trop vite que la norme n’empêche pas le danger. »
Personne ne nie le danger d’être exposé à 250 mSv. À cette dose, vous avez statistiquement un pourcent de chance supplémentaire de développer un cancer. Parmi les travailleurs de Fukushima, deux sont proches de cette dose.
Mais personne ne nie non plus la gravité de l’accident de Fukushima (encore faut-il se mettre d’accord sur ce qu’on entend par « grave »), et surtout la nécessité urgente de refroidir les réacteurs, sous peine de risquer un accident plus grave encore. C’est pour parer à ce risque que certains travailleurs se sont exposées à des doses dangereuses.
« Pire, pour les enfants japonais, le seuil de radiation admissible a été multiplié par 20. »
Non, pas pire. On passe de 1 à 20 mSv, qui reste une dose que l’on rencontre dans la nature. Au Kérala, trente millions de personnes sont exposées en moyenne à cette dose, sans que les études épidémiologiques ne notent plus de cancers dans les endroits les plus radioactifs.
« En effet, c’est ce qu’affirme Helen Caldicott, experte médicale Australienne en nucléaire. Elle confirme qu’il y a bien eu 1 million de morts à Tchernobyl, et ajoute que jamais auparavant, 6 réacteurs nucléaires n’ont été gravement endommagés au même moment. »
Si vous lisez l’anglais, je vous conseille ce billet de Monbiot, qui s’est entretenu avec Caldicott et lui a demandé sur quels documents elle appuyait ses affirmations, en vain. Vous y apprendrez également que l’Académie des sciences de New York ne cautionne pas l’article de Nesterenko et ses fameux 985 000 morts, et que cet article n’a pas été soumis à comité de lecture.
Tinga : est-ce une supposition, une rumeur, ou le résultat d’une étude ?
Il y a aussi au Kérala des populations venues d’autres états indiens, et même des populations européennes arrivées il y a quelques siècles. Je doute que la sélection naturelle ait pu affecter ces populations en si peu de générations. (La sélection naturelle liée à une cause donnée est d’autant plus forte que la surmortalité liée à cette cause l’est, or, précisément, cette surmortalité liée à la radioactivité au Kérala est aujourd’hui indétectable. Je ne vois donc pas comment une adaptation évolutive aurait pu se produire rapidement.)