Nicolas Sarkozy, l’Etat et l’identité nationale (1)
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Le colonialisme et l’impérialisme utilisaient des façades nationales. Mais ils correspondaient en réalité, déjà au début du XX siècle, à des intérêts de grands holdings internationalisés dont les alliances de la première guerre mondiale furent le reflet. Paradoxalement, la situation n’apparaît pas fondamentalement différente sept siècles plus tôt pour la croisade albigeoise, qui ne fut pas une entreprise « française » mais directement ordonnée et organisée par la Papauté dans le contexte de la politique théocratique à l’échelle européenne décrite dans mon article du 5 mars. Même si, par la suite, le pouvoir royal en fut le grand bénéficiaire.
En revanche, l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, faisant du français la seule langue officielle, fut directement l’oeuvre du pouvoir royal et reflétait une conception de l’Etat. La langue des « élites » de la monarchie était imposée à l’ensemble de la population. Mais on oublie souvent de rappeler, en rapport avec ladite ordonnance, que ce pouvoir royal mit l’Europe a feu et à sang par les rivalités entre François I et Charles V pour l’hégémonie continentale. L’équivalent de la première guerre mondiale, avec les moyens de l’époque. Et si à la première guerre mondiale succéda la Révolution d’octobre 1917, les ravages causés par les guerres entre princes et souverains de la Renaissance (entourage papal compris), leur soif de pouvoir et de richesse... furent sanctionnés par le triomphe de la révolution protestante qui était, déjà, devenue internationale.
Dans ces conditions, il paraît très difficile d’empêcher un européen, « juge » ou « simple » citoyen et quelle que soit sa nationalité, d’avoir sa propre opinion sur l’histoire et le fonctionnement institutionnel des pays voisins. Ce qui n’impliquerait pas pour autant, de la part de ce citoyen, un positionnement favorable à la construction d’institutions européennes dont il peut craindre à terme, précisément, un comportement et un fonctionnement trop proches de celui des puissances du passé. Avec une circonstance aggravante : un Etat européen ou mondial du XXI siècle risquerait d’être un Etat privé. En 1991, le fondateur de la Commission Trilatérale David Rockefeller avait déclaré notamment : « La souveraineté supranationale d’une élite intellectuelle et de banquiers est sûrement préférable à l’autodétermination nationale pratiquée ces derniers siècles ». Tout un programme, où on voit mal ce qu’il adviendrait des langues dites « minoritaires » sous une telle théocratie financière.
D’ailleurs, la politique française sent tellement mauvais que, depuis les années 1990, les partis politiques ont dressé leurs militants dans la « chasse au troll » contre quiconque esayait de parler de ces réseaux.
Souvent, lorsqu’on ose ramener ce type d’informations dans un forum, même « de gauche », on se fait censurer ou exclure, on subit des campagnes de discrédit personnel, etc... Et des modérateurs « militants » s’y prêtent sachant pertinemment qu’ils cautionnent le mensonge et l’imposture. Mais, comme la politique est devenue de plus en plus « gagne-pain », et que tous les partis magouillent dans les réseaux...
Je fais partie de ceux qui ont vu leurs commentaires cachés d’abord, ensuite enlevés, parce qu’ils reprenaient des extraits d’articles (dont certains refusés par Agoravox) sur le Siècle, la Trilatérale, les réseaux du capitalisme et de l’impérialisme... Avant les présidentielles, c’était encore plus « musclé ».
Vous, au moins, vous avez parlé de Bilderberg. Mais c’est vrai que des « Sciences Po », on en voit passer quelques-uns sur ce site, et ils sont à fond pour la pensée unique et pour des politiciens membres de ces réseaux (des modes récentes étant, notamment, Bayrou et Strauss-Kahn, parfois plus à « droite »).
On a également « eu droit » sur Agoravox à un « reportage citoyen » (? ???) d’un « reporter internaute notoire » (? ???) dans lesquel François Bayrou démentait avoir fait partie de la Commission Trilatérale, alors qu’il est connu qu’il a figuré jusqu’en 2005 dans les listes officielles de cette organisation. Le média « citoyen » tournait carrément à l’intox.
A propos du « marqué à gauche », méfiez-vous !
Laurent Fabius fait partie de la Trilatérale, et ce n’est pas un cas atypique car on y trouve d’autres « socialistes » et, comme « syndicaliste », le président de l’AFL-CIO américaine. Le pote de Fabius, Serge Weinberg, siège au Comité Exécutif de la Commission.
Quant au Siècle, toute l’élite de la « gauche » y est passée : Delors et fifille, Chevènement, Strauss-Kahn, Hollande, Kouchner, RG Schwartzenberg, Migaud... et Nicole Notat comme « syndicaliste » depuis les années 1990.
N’oubliez pas, non plus, le « think tank » Confrontations Europe lancé très largement par des « cégétistes » comme Le Duigou et des « communistes » et « apparentés communistes » (Herzog, Brard...) et où siègent actuellement, dans des instances diverses, des politiques de tous les partis ensemble avec des PDGs et des financiers.
C’est vous qui êtes orienté, Monsieur de Voltaire. Mais c’est normal. Au XVIII siècle, vous estimiez que le « bas peuple » doit rester ignare. Il est donc normal qu’en ce début du XXIème vous considériez que les citoyens ne doivent pas apprendre l’existence des réseaux de l’oligarchie. Vous exprimez d’ailleurs assez bien la pensée des cybergendarmes de la modération d’Agoravox qui, avant de laisser passer cet article, en ont censuré plein.
Mais voici, pour vous faire plaisir, un extrait d’un article sur la Trilatérale et l’Europe militaire :
Après les présidentielles françaises, mine de rien, l’ « Europe militaire » (2)
La Commission Trilatérale a tenu sa réunion annuelle à Bruxelles du 16 au 19 mars. Avec un peu moins de discrétion que d’habitude, car Reuters a même diffusé une photo de Henri Kissinger et Jean-Claude Trichet prise à cette occasion. Javier Solana, Haut Représentant de la « Politique étrangère et de sécurité commune » (PESC), Secrétaire Général à la fois du Conseil de l’Union européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale (UEO), et ancien Secrétaire Général de l’OTAN, fait état de sa participation sur son agenda officiel (allocution du 17 mars à 14h30). C’est peut être que la Commission « a un message à faire passer ». Celui de la prétendue nécessité urgente d’un « ordre mondial » en bonne et due forme.
Un important rapport présenté à cette réunion circule déjà dans sa version « pré-publication » : celui de John Deutch, diffusé sur un site d’information et recherche juridiques hébergé par l’Université de Pittsburgh. Mis en ligne en annexe à un article de Joe Shaulis du 20 mars, ledit rapport, intitulé : « Priority Energy Security Issues », porte un cachet du Massachusetts Institute of Technology où enseigne Deutch. Ce dernier apparaît dans la liste des membres de la Trilatérale comme : « John M. Deutch, Institute Professor, Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, MA ; former Director of Central Intelligence ; former U.S. Deputy Secretary of Defense ». Il fut, en effet, directeur de la CIA et de la « National Intelligence » en tant que « Director of Central Intelligence » en 1995-96, après avoir été Sous-Secrétaire de Défense US en 1994-95. La thématique abordée dans le rapport est l’un des principaux domaines de compétence de John Deutch, comme on peut le constater sur son site universitaire.
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On saisit mieux, dans ce contexte, le contenu de la Déclaration de Berlin adoptée par les vingt-sept Etats de l’union Européenne le dimanche 25 mars, dans laquelle la mise en place d’un Etat européen est présentée comme allant de soi et répondant à une nécessité urgente. De même que le sens des propositions de François Bayrou sur la « défense » déjà citées, réclamant une priorité pour la « défense européenne », la « recherche militaire », l’ « observation », le « renseignement »... ainsi que la pleine intégration sans réserves de la France dans l’OTAN. Pareil pour l’appel, dans le discours de Bayrou du 22 juin 2006, à « la confiance entre les administrations des pays, et les services de renseignement ». Ou ce paragraphe, dans le même discours, à propos notamment du nucléaire : « si certains pays dangereux en ont [des armes de destruction massive] , le moins qu’on puisse dire est en tout cas que les grands pays, et en premier lieu les Etats-Unis, en ont mille fois plus, et c’est une sous-estimation. La question n’est pas tant celle des armes que celle des détenteurs des armes, de la personnalité de ceux qui les détiennent, de leur caractère stable ou instable. Le droit d’ingérence se lit à l’aune de cette stabilité ou instabilité, qui pourraient être analysés par la communauté internationale... ». C’est bien, en effet, de contrôle politique et économique qu’il s’agit. La super-gendarmerie planétaire et ses tutelles seront juges du régime politique interne de chaque pays, ainsi que de sa politique étrangère et énergétique. C’est à cette fin, que l’Europe militaire est devenue indispensable aux lobbies de la grande finance.
J’avais déjà rappelé, dans mon article du 25 mars, que la Commission Trilatérale préconise depuis plus de trois décennies une gouvernance mondiale capitaliste et impérialiste à trois composantes (Amérique du Nord, Europe, puissances de l’Asie) et que la mise en place d’une superpuissance européenne correspond bien à cette stratégie dans l’actuelle situation internationale. Quant aux articles que le journal des milieux d’affaires qu’est La Tribune a consacrés à l’Europe militaire, jusqu’à l’intitulé : « La défense européenne, le grand chantier de l’avenir », doit-on s’en étonner ? Investir dans cette filière est bien plus intéressant, pour riches et super-riches, que la « consommation du bas peuple ». Et si des populations sont décimées dans les pays dits « pauvres », ce sera la faute au « climat », pas au capitalisme ni à l’impérialisme. De même, d’après les « bien-pensants », ce ne seraient pas le système social, la pollution industrielle due à l’avidité de profits, la militarisation et les guerres impérialistes... qui ont été à l’origine des dérèglements climatiques, mais la « consommation » du peuple. Ce peuple qui, nous laisse-t-on entendre, ne pense qu’à se nourrir et à se chauffer.
L’existence du cercle de Bilderberg est connue depuis longtemps, mais depuis deux décennies les principaux partis politiques mobilisent des militants pour faire croire dans les forums que les informations sur le Siècle, Bilderberg, la Trilatérale... seraient des ragots fabriqués par l’extrême-droite. On a souvent censuré et exclu des forums ceux qui essayaient d’en parler. MAIS C’EST TOUT VRAI.
Personne ne semble avoir attaqué Emmanuel Ratier en diffamation. Lire, pourtant, son ouvrage « Au coeur du pouvoir », et peu importe qu’il ait été edité par Facta (proche de Rivarol). Si les autres censurent ces informations..
Ultrasélectif, le Siècle rassemble la quintessence du pouvoir politique, économique et médiatique. La discrétion de ses membres est à la hauteur de son influence.
Un mercredi par mois, place de la Concorde à Paris, la fine fleur de la communication et des médias pénètre discrètement dans les salons de l’Automobile club de France. Ce n’est pas l’amour des voitures qui rassemble Maurice Lévy (Publicis), Alain de Pouzilhac (Havas), Serge July (Libération) ou Patrick Poivre d’Arvor (TF1), mais un dîner en compagnie de Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn, Thierry Breton, Claude Bébéar ou Nicole Notat. Tous sont membres du Siècle, le plus prestigieux des cercles de décideurs hexagonaux.
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Les ministres membres se comptent sur les deux mains, de Jean-Pierre Raffarin à François Fillon. Les barons du Parti socialiste aussi, comme Lionel Jospin ou Laurent Fabius. Le milieu des affaires n’est pas en reste, avec la quasi-totalité des grands patrons, de Louis Schweitzer (Renault) à Michel Pébereau (BNP Paribas). Sans oublier la plupart des dirigeants de la presse et de l’édition, d’Odile Jacob à Jean-Marie Colombani, en passant par Claude Imbert et Laurent Joffrin.