« il faut que les gens arrêtent de manifester, car manifester ce n’est rien ça n’a jamais mené à du changement, sinon ça se saurait ; le changement n’est venu que par les urnes »
( l’expert qui avançait ça ne cessait de couper la parole à une Ludivine ... mais on le laissait couper la parole et on ne lui coupait jamais la parole)
Et puis « la rue n’est pas démocratique... nous sommes dans un système démocratique, les urnes sont les seules acceptables ... »
Personne pour contredire : et pourtant :
- les grèves de 36 ont menées aux avancées, pas l’élection !! d’autant que ces manifs ont eu lieu justement parce qu’il n’y avait aucune avancée.
- Pétain est venu indirectement par les urnes, puisque ce n’est pas la rue qui l’a porté, mais l’assemblée élue...
- Le programme du CNR et la Sécu, ( dont il n’a pas été rappelé, évidemment dans une telle émission, que c’est le ministre communiste Croizat qui l’a porté), ce ne sont pas les élections qui les ont conçus, mais la Résistance, opposée à Pétain.
Bref France Culture est là pour nous dire que la démocratie c’est Macron, l’interdiction des manifs et le maintien ad vitam aeternam de l’Etat d’Urgence ...
C’est bien beau, tout ça, mais pourquoi Mélenchon a-t-il voulu la désunion face à Macron ?
A croire que ce qu’il visait en réalité, ce n’était pas la Présidentielle, mais les Législatives, et de façon hégémonique.
Or la Gauche ne peut gagner ici qu’unie... et unie sur de bonnes bases.
Et hégémonique par rapport à qui, puisque le PS « historique » prenait de l’eau après que ses députés et élus ont dans leur immense majorité voté et mené la politique ultralibérale de Hollande ?
Même les sortants PS ne sont guère à l’honneur évidemment. Mais sans le réaliser, ils ont accouché de Macron. Hollande le savait. Eux se sont laissé bercer par la vision d’un PS hégémonique pouvant faire n’importe quelle politique, se prétendre la seule gauche utile, et conserver leur mandat à quelques alternances près.
Néanmoins, il fallait une union à gauche, mais à géométrie variable. Le problème de FI est que si au niveau national il capte un électorat hétérogène, cela pose de sérieux problèmes lors d’élections avec les circonscriptions. Car là les clivages de classe sont plus marqués et il se trouve, suivant la logique de ses dirigeants, , pris dans une concurrence à gauche, qui savent parfaitement que leur électorat était composite et retournerait à ses bases majoritairement.
Et pourtant, une vision responsable était de choisir l’union face à Macron.
L’analyse de LH est bien renseignée. On veut justement nous faire croire, pour mieux masquer la dérive ultralibérale du PS et de ses avatars macroniens, que le Brexit serait lui-même purement une pulsion ultralibérale,, rétrograde etc ... c’est une vue éminemment tronquée, pour nous faire avaler la pilule ultralibérale réelle en marche ici.
Mais si on observe ce qui se passe dans des bastions travaillistes populaires, on constate qu’il y a une poussée non pas conservatrice, mais travailliste favorable à Jeremy Corbyn, et qui a voté en faveur du Brexit.
Donc des lieux où on a combattu Thatcher, l’égérie des néo-libéraux, et où la lutte se renouvelle par le Brexit et le rejet des Cameron ( noter que Cameron est le quasi-anagramme de Macron).
Vous eussiez préféré qu’on vote Lepen, c’est bien ça ?
Mais bien sûr que Macron aime Lepen. Face à tout autre que Lepen, les 65% étaient loin d’être acquis. Et même 65%, ce n’est pas terrible quand on pense au rejet du FN en France... et à publicité pour Macron, le destructeur du Droit du Travail.
Il est vrai que Macron se déguise un peu plus, mais pour les principes, vous n’en êtes pas très éloignés.
Alors la France, historiquement, existe bien plus au niveau international pour ses luttes, son peuple qui sa bat contre la Réaction que Macron incarne.
Je pense que notre histoire s’honore bien plus de ses révolutions que de ses banquiers et réactionnaires que celles-ci ont combattus.
La colonne de la Bastille est bien en l’honneur des 3 Glorieuses donc les journées où le peuole parisien a mis à bas Charles X, l’homme qui gouvernait par ordonnances.
Et bien ce Macron marche ...à rebours de l’histoire. Et le peuple parisien, qu’il redoute comme Charles X le fit, Macron tente de l’intimider en lui interdisant de manifester , donc de faire l’histoire.
Mais ce ne sera pas Macron qui écrira l’histoire. Il sait bien qu’il n’est pas que par la force, non pas encore des baïonnettes, mais celle de ses amis de la finance.
Mélenchon est un opportuniste, pas un révolutionnaire.
Ses candidats sont souvent de la même eau, on ne discute pas avec eux quand on les croise, ils exigent qu’on les suive, point.
C’était le cas avec un Julien Landfried, « socialiste de gauche »candidat PS à Bourg La Reine, aux Législatives, il y a deux mandats de cela :
Il me sort « vous serez contraint de voter pour nous ! ».
Et puis tout un tas de contre-vérités sur les vertus sociales du PS ... la pointe en matière de garanties sociales !!! On a pu constater ce qu’il en était.
Mélenchon est de la même eau.
Gros discours musclé pour pomper un électorat blasé par le PS, et aussi comme on le constate, ici, discours évitant l’affrontement contre le FN ( inversion du discours en 5 ans... comme quoi il y croyait !) de façon à flatter l’électorat FN, qui est Mélenchon-compatible... ce qui ne peut manquer d’interroger sur le fond idéologique de Mélenchon : comment peut-il capter un électorat qui en principe récuse tout ce qui est à gauche ?
Donc non, son sectarisme affiché et son refus de toute alliance à gauche, de même que son refus de faire blocage au FN, qui aujourd’hui devient un refus de faire front aussi bien contre Macron que contre Lepen, le condamnent.
En tout cas en ce qui me concerne, mais aussi c’est l’écho rencontré lors des porte-à-porte dans ma banlieue populaire.
Mélenchon n’est aucunement un représentant du peuple, un homme du peuple. C’est un opportuniste, qui a toujours vécu avec des moyens excédant largement ceux d’un salarié médian , et qui n’a pas vécu cette vie.
Et je passe sur sa mégalomanie .. c’est un corollaire.