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Krokodilo

Krokodilo

Médecin généraliste à la retraite, je m’intéresse à tous les sujets sur lesquels je n’ai aucune compétence, ce qui me laisse un large champ d’intervention. A l’époque où j’enquêtais sur les OVNI, j’ai percé le grand secret de la zone 51 : les extra-terrestres sont effectivement venus sur Terre, mais ils ont trouvé l’anglais trop difficile et sont repartis. Depuis, je m'intéresse à la question des langues, de la communication internationale et de l’espéranto.

Tableau de bord

  • Premier article le 06/12/2006
  • Modérateur depuis le 09/01/2007
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Derniers commentaires



  • Krokodilo Krokodilo 13 décembre 2007 11:59

    Sur Courriel, c’est un autre débat. je n’ignore pas que les langues sont vivantes et s’échangent des mots, je résumerai par « point trop n’en faut », on parle en fait uniquement de l’anglicisation forcenée des médias, car même d’excellents hebdos comme le Nouvel obs semblent avoir un lectorat de yuppies stagiaires à la City tellement ils sont truffés de coach, afters, brain stroming, et de tant d’autres anglicismes. On a bien évité de dire « mouse » comme les Italiens, pourquoi ne pas continuer avec clavardage, pourriel (très jolie création linguistique, courriel pourri) et autres , En outre, certains sons et finales sont très peu français, comme la finale en -ing. A l’exception de ding, ding, dong, bing (onomatopées en fait), ce n’est que tout récememnt que nous en avons quelques-uns : string, coaching, etc. Sans refuser tout apport anglophone, il me paraît sain et créatif d’utiliser les ressources de la langue pour proposer un concurrent, de toute façon, c’est l’usage et les locuteurs qui trancheront,pas moi !



  • Krokodilo Krokodilo 13 décembre 2007 11:49

    Seespan,

    J’ai effectivement fait une petite digression sur les codes sociaux, ça me paraissait en rapport.

    Philippakos,

    Partisan d’une langue auxilaire facile et régulière, oui, mais comme langue européenne seconde ! Et je suis tout à fait partisan de la réforme de 1990, encore que, comme vous, je trouve difficile la coexistence de différentes graphies, on ne sait plus ce qui est de l’ancienne, ce qui est de la récente réforme et ce qui est fautif. J’adore mettre des traits d’union systématiquement à tous les grands nombres, c’est plus logique, nénufar et évènement (accent grave) me vont aussi.

    Par contre, proposer une réforme radicale, de quoi parle-t-on ? Vous dites en gros qu’il faut réunir des linguistes, soit, mais la marque du pluriel, les lettres muettes, et avec un alphabet modifié ou pas ? Et surtout, à mon avis, ça dégénèrerait en grands débats d’intellectuels dans les médias, stérile et sans fin, aucune chance que ça passe. je crois que c’est un sujet intéressant mais complètement théorique, du moins tant qu’on ne peut examiner aucun projet achevé, cohérent. Ceci dit, il faut juger sur pièce, rien n’empêche tel ou tel aréopage distingué de proposer sa réforme. Je crois que c’est beaucoup plus complexe qu’on le suppose, mais je suis tout prêt à voir ça.



  • Krokodilo Krokodilo 13 décembre 2007 10:57

    Lipton,

    En somme, je n’ai pas le droit de dire que l’anglais est extrêmement difficile sur le plan phonétique, et par d’autres aspects, mais les profs d’anglais ont le droit de répéter chaque année à mes enfants combien c’est une langue facile ? Pas un ne définit l’accent tonique, ça les obligerait à dire qu’il est mobile !

    Dire que le sujet de l’espéranto n’a rien à voir avec le plurilinguisme dans une perspective européenne est incroyable, vu que c’est la seule solution crédible, autre que l’anglais lingua franca (cf. rapport Grin qui analyse toutes les options), un plurilinguisme organisé dans lequel les européens disposeraient d’une langue auxiliaire facile, histoire de se comprendre même entre gens pratiquant peu, avec aussi l’apprentissage de deux autres langues en fonction des besoins professionnels, des pays dans lesquels on séjourne, de la famille, des langues régionales, etc, ça ce serait un plurilinguisme efficace et possible. Alors que l’UE a glissé vers l’anglais pour les élites et le kitchen english pour la plèbe !

    Sur l’artificialité, vieux cliché : l’espéranto est légèrement plus artificiel (la synthèse globale et quelques mots de liaison) que le français ou l’anglais, mais à peine : TOUS les mots ont autant de légitimité historique et linguistique que n’importe quel mot français, pusiqu’ils ont tous été puisés dans diverses langues, de même que le français est fait de bric et de broc, de multiples apports culturels, car les langues sont comme des mers qui se mélangent sans cesse.

    Mais peut-être ferez-vous davantage confiance à des linguistes :

    « Ce sont des idiomes existants qui, en se mêlant, fournissent l’étoffe [de l’espéranto]. Il ne faut pas faire les dédaigneux ; si nos yeux [...] pouvaient en un instant voir de quoi est faite la langue de Racine et de Pascal, ils apercevraient un amalgame tout pareil. [...] Il ne s’agit pas, on le comprend bien, de déposséder personne, mais d’avoir une langue auxiliaire commune, c’est-à-dire à côté et en sus du parler indigène et national, un commun truchement volontairement et unanimement accepté par toutes les nations civilisées du globe. » (Michel BRÉAL, linguiste, XXe s.)

    « La résistance contre une langue internationale a peu de logique et de psychologie pour soi. L’artificialité supposée d’une langue comme l’espéranto, ou une des langues similaires qui ont été présentées, a été absurdement exagérée, car c’est une sobre vérité qu’il n’y a pratiquement rien de ces langues qui n’ait été pris dans le stock commun de mots et de formes qui ont graduellement évolué en Europe. » (Edward SAPIR, linguiste américain, Encyclopaedia of Social Sciences, 1950, vol. IX, p. 168)



  • Krokodilo Krokodilo 13 décembre 2007 10:40

    Les profs de fac qui vous envoient des mails pleins de fautes d’orthographe s’en tireraient peut-être mieux s’ils vous envoyaient des courriels, mais ce n’est que mon avis !

    Wlad et Lipton :

    Vous êtes toujours à côté de la plaque, car ma citation de l’espéranto était tout à fait légitime. Pour poser le problème de départ, la plus ou moins grande régularité orthographique d’une langue. Avant de dire que le français est loin de l’italien et de l’espagnol, il est bon de donner une fourchette générale, avec la langue moins régulière, l’anglais (Le français a 35 phonèmes (les sons), l’anglais 46. Mais ces sons peuvent être écrits de différentes façons (o, eau, aux, au, haut, etc.) : le français a 190 graphèmes, l’anglais 1120), et la langue la plus régulière, l’espéranto. Que pour arriver à une régularité de 100%, il ait été nécessaire d’imaginer quelques lettres ornées de signes diacritiques représentant des sons écrits dans de nombreuses langues avec plusieurs lettres « tch », « ch », « dj », est vrai, mais c’est étonnant que des Français trouvent cela problématique alors que nous avons é, è, ê, à, ç ! Mon fils a lu plus tôt de l’espéranto que du français, en raison de cette correspondance phonétique-graphie - mais naturellement, c’est maintenant sa langue maternelle qui est de loin dominante.

    Sur l’anglais, j’avais lu un article mentionnant qu’ils avaient le même problème et que les enseignants avaient reçu des consignes de s’adapter et de tolérer davantage de fautes d’orthographe, mais je ne le retrouve pas. Il y a un témoignage en ce sens dans un des messages.

    De toute façon, je crois qu’on discute là du sexe des anges, c’est-à-dire de quelque chose de totalement inconnu (quelle réforme dans le détail ?) et inenvisageable, d’un « y a qu’à » ; il suffirait de réunir dix linguistes et de leur demander une réforme radicale ? Je ne connais rien à la réforme grecque et peut-être s’est-elle faite en démocratie, mais à voir le tintouin provoqué par la prudente réforme de 1990, comment imaginer qu’une réforme drastique aurait la moindre chance d’être votée ? D’ailleurs, en quoi un comité de dix linguistes auraient-ils autorité pour changer à ce point une langue, ils ne pourraient que proposer telle ou telle variante de réforme, ce qui entraînerait des discussions sans fin, bien dans notre tradition. la légitimité d’une telle réforme serait très discutable. Et de quel droit imposer cette réforme à des gens qui ont sué des années pour apprendre et aimer leur langue telle qu’ils l’ont lue dans les romans de leur enfance ? Il y a un côté élitiste dans la qualité d’écriture, certes, mais que vont en penser tous les gens d’origine modeste ou immigrée qui se débrouillent bien ? C’est un déni de leurs efforts, de leur amour de la langue. Les codes sociaux existeront toujours (en tout cas longtemps) et si ce n’est pas l’orthographe, il restera le vocabulaire, les tournures, les références culturelles, les vêtements, les manières, l’orthographe n’est qu’un seul des trucs pour différencier les milieux sociaux.

    En outre, il y a plus simple : ne pas rajouter une heure de sport en 2008 comme prévu, arrêter d’imposer l’anglais à l’école primaire (langue totalement irrégulière sur le plan phonétique) à des enfants qui peinent en français (au profit d’une simple initiation à différents alphabets et différentes sonorités, c’est largement suffisant), et recupérer les heures de français qui ont été progressivement supprimées en une décennie. Enseigner une grammaire juste mais simple au primaire (vérifier que tout le monde a compris le COD avant d’entrer dans le détail des compléments circonstanciels de temps de manière, etc.), revenir aux fondamentaux comme disent les sportifs. Ensuite, appliquer la réforme de mille-neuf-cent-quatre-vingt-dix (j’aime bien mettre les traits d’union partout), et la faire accepter par les enseignants, voire pour certains la leur rappeler..., utiliser septante, octante, nonante, et seulement après, on verra pour le grand soir.



  • Krokodilo Krokodilo 12 décembre 2007 12:25

    Bonjour, Article intéressant, mais pourquoi ne suis-je pas surpris que deux informations importantes n’y figurent pas ? Si le français est effectivement une langue à mauvaise régularité phonétique (environ 55% paraît-il), plus mauvaise que l’italien et l’espagnol, pourquoi ne pas mentionner que l’anglais est bien pire que le français, avec probablement la plus faible régularité phonétique au monde ! Par ailleurs, pourquoi ne pas citer l’extrême opposé, la langue dotée de la meilleure régularité phonétique (100% , c’est-à-dire une lettre = un son, un son = une lettre), l’espéranto ? Vous rappelez, mais très brièvement, que le temps consacré au français à l’école primaire a beaucoup diminué au fil du temps, pour faire place à toutes sortes d’activités, dont l’anglais (obligatoire) qui est très perturbant pour les élèves un peu faibles en français, justement à cause de sa phonétique aberrante.

    Sur cette hypothétique profonde réforme, elle me paraît tout à fait irréaliste, d’ailleurs, vous indiquez peu d’exemples réels : comment résoudre le problème des lettres muettes ? Le pluriel par exemple, l’espagnol prononce le pluriel (naranja, naranjas) et l’italien aussi (spaghetto, spaghetti), alors que le « s » et le « x » sont muets. Proposez-vous de changer aussi la prononciation des mots ? En outre, il faudrait un nouvel alphabet : cheval, chevaux deviendraient « ŝeval » et « ŝevo » ? Une pareille réforme est impossible en démocratie, trop radicale et elle changerait trop profondément le français, pas seulement sa graphie. (Je vois à l’instant que vous avez partiellement répondu à un message sur le problème du pluriel)

    On peut aussi appliquer quelques idées de nos voisins francophones, les excellents septante, octante et nonante, plus logiques et plus efficaces pour l’apprentissage. D’ailleurs, vous mélangez le thème d’une réforme orthographique et celui de la grammaire et de la langue elle-même, pas seulement sa graphie : « Son évolution se fait avec un décalage : le passé simple, par exemple, disparaîtra certainement de l’écrit, comme il a disparu de l’oral, mais il faudra attendre. » C’est plutôt l’imparfait et le plus-que-parfait du subjonctif qui sont menacés de disparition, pas le passé simple, qui est bien trop ancré dans tous les romans.

    A mon avis, il faut s’en tenir à ce qui est faisable, c’est-à-dire que les locuteurs et les enseignants appliquent réellement la réforme de 1990, alors que beaucoup d’entre eux comptent actuellement comme fautives certaines graphies autorisées, et même conseillées !

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