J’avais seulement cité une étude datant de 2001 de Michel Lung qui s’est beaucoup intéressé à Superphénix et aux réacteurs à neutrons rapides. Malheureusement, il est décédé et je ne peux pas répondre à sa place.
Une réponse partielle est apportée à vos questions par le dernier alinéa de cette intéressante étude (dont je tiens le texte complet à votre disposition) :
« Le réacteur rapide n’a pas dit son dernier mot mais il reste à le perfectionner tout en le simplifiant. "L’aventure de Superphénix" et celledes réacteurs à neutronsrapidesne fait que commencer. »
à sisyphe qui me dit : « Vous êtes gentil, mon gars, mais je vous renvoie à toute une série de liens : … »
Point 1 : je ne suis pas votre gars, que ce soit bien clair,
Point 2 : je ne perdrai certainement pas mon temps à consulter des sites qui affirmeraient, sans quoi vous ne me les auriez pas indiqués, que la radioactivité ne peut décroître et que notre environnement est naturellement vierge de toute radioactivité ! La radioactivité décroît, sisyphe, et notre environnement est naturellement radioactif, ce sont des réalités auxquelles personne ne peut rien changer, ni en publiant des articles dans les journaux ou sur l’Internet, ni par des manifestations, ni même en s’emparant du pouvoir politique (les lois de la nature ne sont pas, heureusement, soumises aux caprices des humains).
Point 3 : laissez donc, au moins pour un temps, vos diseurs de mésaventures de côté et renseignez-vous auprès de professeurs de physique, je sens qu’ils ont beaucoup de choses à vous apprendre et que ces choses vous surprendront.
à MarcDS au sujet de son intervention du 29 septembre à 15h34
Le choix ne se situe pas entre la défense de notre niveau de vie d’un côté et « la défense de la démocratie et des droits de l’homme » de l’autre.
Le maintien d’un bon niveau de vie et « la défense de la démocratie et des droits de l’homme » peuvent aller de pair, comme le démontre l’Histoire.
Vous admettez « un mode de vie dont tout le monde veut légitimement profiter » : au nom de quoi voulez-vous ruiner ces espoirs légitimes ?
Les populations des pays du Sud, et même de l’Est, ont droit, tout comme nous, à une vie de plus en plus confortable et il ne saurait être question de la leur refuser.
Mais, un mode de vie tel que le nôtre implique l’utilisation généralisée d’une énergie abondante, propre et fournie sans à-coups.
Ce que vous qualifiez du terme méprisant de « gadgets technologiques - tels le nucléaire, ou même les énergies vertes – » fait partie des moyens qui permettront de généraliser un mode de vie que réclament les populations qui en sont privées.
Bien évidemment, l’association du nucléaire et des énergies dites vertes ne suffira pas. Aussi avez-vous pu remarquer que, depuis des années, pour obtenir un même travail on dépense de moins en moins d’énergies de toutes natures – si vous en doutez, il vous suffit de vous renseigner sur, par exemple, la consommation des véhicules automobiles ou des appareils électro-ménagers au cours des cinquante dernières années.
Également, le recyclage, dont personne ne parlait il y a un demi-siècle et qui était laissé à l’initiative de quelques biffins, a fait son entrée dans les mœurs modernes des pays industrialisés.
Cela montre que l’évolution se fait dans le bon sens : dans le sens d’une bonne qualité de vie associée à une économie d’énergie et de matières premières.
Quant au « gaspillage », il s’agit d’une notion très floue sur laquelle on peut difficilement baser un système – ce qui pour vous est inutile peut m’être indispensable et je ne vous reconnais pas le droit de m’en priver au nom de votre seul jugement ou bon plaisir.
Pour autant que j’aie pu en juger, l’esprit de compétition fait partie intégrante de l’espèce animale, pas seulement de l’espèce humaine, même si l’homme l’a probablement développé. Mais chaque animal est différent des autres et l’homme est différent du reste des animaux, c’est simplement une loi de la nature.
Il faut tenir compte, aussi, de ce que nous ne sommes pas des termites, des fourmis ni des abeilles et convenir, avec Voltaire que « le superflu est chose nécessaire » pour l’être humain.
Quant aux systèmes basés sur la frugalité et un prétendu égalitarisme, pour ce que j’en ai connu en Urss, à Cuba, en Guinée et ailleurs, ils m’ont paru extrêmement destructeurs, tant pour l’homme que pour la nature.
À Thierry LEITZ au sujet de son intervention du 30 septembre 2008 à 00H02
Comme M. Lionel Jospin, alors Premier ministre, l’a clairement exprimé dans sa déclaration officielle Sénat, sa décision de détruire Superphénix était la simple réalisation d’une promesse électorale : « Conformément à ses engagements politiques, et en particulier à ceux pris par le Premier ministre lors de la campagne législative, le Gouvernement a en effet décidé le 2 février 1998 l’abandon de Superphénix, » Vous trouverez cette déclaration dans l’intervention de krolik du 29 septembre et vous pouvez la vérifier en consultant le J. O. du 16 septembre 1999 p. 3057 – Sénat – Réponse des ministres aux questions écrites – Premier ministre – abandon du surgénérateur Superphénix.
Les coûts de cet abandon sont donc le prix que M. Lionel Jospin a décidé de faire payer à la nation pour se concilier les voix des anti-nucléaires.
En ce qui concerne la nature de ces coûts vous en trouverez une idée plus précise dans l’extrait d’étude ci-dessous :
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On évoque le coût excessif de Superphénix.. La cour des Comptes a évalué le coût total du projet jusqu’en 2000 et sans compter les ressources en ventes de courant, à 60 milliards de F., chiffre aussitôt brandi comme “ excessif ”. Ce coût comprend la construction (26 milliards), les combustibles (2 milliards), l’exploitation, les réparations et les arrêts imposés (12,5 milliards), le tout payé par NERSA (1). Il a été prévu de dépenser 16,3 milliards jusqu’à fin 2000, pour retraiter les cœurs non brûlés et procéder au désarmement et démantèlement progressif de l’appareil au cours des années. On retrouve les 60 milliards annoncés par la Cour des Comptes en 1996, mais dont, en réalité, 40 milliards environ ont été dépensés à la date de l’arrêt et payés par Nersa.
Un fonctionnement régulier à 1000 MW aurait pu rapporter entre 1,5 et 2 milliards de F. par an, à rapprocher d’un coût d’exploitation d’environ 900 millions de F. par an.
Les frais de dédommagement des actionnaires étrangers de NERSA, déboutée par la décision du Gouvernement français, sont compensés par des fournitures de courant d’EDF à ces partenaires étrangers entre 1996 et 2000.
Tous ces frais et ceux à venir sont donc à la charge d’EDF. L’arrêt intempestif et prématuré du réacteur occasionne des frais et dommages considérables : le manque à gagner du réacteur qui avait encore devant lui une réserve de combustibles pour fonctionner 1500 jours à pleine charge, le démantèlement à chaud, les dédommagements des travailleurs et de la région, le coût des essais et combustibles spéciaux préparés en pure perte par le CEA pour tester l’incinération du plutonium et des déchets selon la Loi de 1991 sur les déchets, peuvent se chiffrer à plus de 20 milliards, sans compter le préjudice moral et la mise devant le fait accompli des partenaires étrangers dans NERSA.
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Michel LUNG
ingénieur, diplômé de Génie Nucléaire, ex-Directeur à SGN,
membre actif de la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN),
membre de l’Association des Écologistes Pour le Nucléaire (AEPN),
membre du World Council of Nuclear Workers (WONUC)
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(1)Société NERSA (1974) propriétaire et exploitante du réacteur (EDF 51 %, ENEL 33 %, consorsium SBK allemand-belge-hollandais 16 %)
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Pour « relier les coûts et les bénéfices », comme vous le préconisez justement, il faut donc admettre que cette énorme dépense, que vous estimez à 9 milliard d’€, a été faite au bénéfice d’un petit groupe de politiciens antinucléaires.
Enfin, il ne faut pas oublier que les arrêts de Superphénix ont, la plupart du temps, été le résultat d’une lutte procédurière acharnée qui a provoqué l’annulation de décrets pour vice de procédure, les arrêts dus à des problèmes techniques ayant été remarquablement brefs et peu nombreux pour un prototype de cette importance.
M. Lionel Jospin, dans sa réponse citée plus haut, n’hésite pas le reconnaître : « Cette centrale est un prototype unique au monde. Il est donc normal que, pendant ses premières années de service, elle ait connu des pannes et nécessité des réglages. C’est le lot de tout prototype, surtout à un pareil niveau de haute technologie. Aujourd’hui, il apparaît qu’elle est devenue fiable, moins polluante que les autres centrales nucléaires et a fortiori classiques, et qu’elle fonctionne bien. D’autre part, la sûreté de Superphénix n’a jamais été mise en cause. La direction de la sûreté des installations nucléaires autorise en effet régulièrement, après des vérifications minutieuses, la poursuite de l’exploitation de cette centrale. »
Les principaux défauts de Superphénix, M. Lionel Jospin les a bien percus lorsqu’il dit de cette centrale « qu’elle est devenue fiable, moins polluante que les autres centrales nucléaires et a fortiori classiques, et qu’elle fonctionne bien » : c’est ce qui rendait Superphénix si redoutable pour les anti-nculéaires.
De l’aveau même de celui qui a prononcé sa condamnation, Superphénix était, en plus de ses autres qualités, une centrale fiable et moins polluante que les autres : c’est pourquoi, sans égard pour la Nation, sans considération pour la science, et avec le plus total mépris de l’écologie, ces anti-nucléaires ont exigé et obtenu sa mort.