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Laïd DOUANE

Laïd DOUANE

Algérien de Haizer/Bouira, versant sud du Durdjura. Diplômé de l'Ecole Normale Supérieure (ENS), Professeur des lycées en langue et litérature arabes. Berbérophone essayste et traducteur littéraire. En France, j'ai écrit nombre d'ouvrages en arabe ( non édités encore). En Français, j'ai écrit : "De peur en peur ( Daily life - Lille 2003)", "Des barbus berbères ( SDE - Paris 2004)" et un autre ouvrage sur la sale guerre en Algérie. Auteur du blog : "Vivre, c'est communiquer et aider autrui !" dont le lien est :
http://blogs.nouvelobs.com/laid-hizer-net/

Tableau de bord

  • Premier article le 15/05/2006
  • Modérateur depuis le 18/07/2006
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Ses articles classés par : ordre chronologique









Derniers commentaires



  • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 24 septembre 2006 10:04

    Toutes mes excuses pour cette occupation passionnée de ce fil que les lecteurs semblent abandonner.



  • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 24 septembre 2006 09:56

    QATRIEME ET DERNIER ARTICLE

    Le 08 mai 1945, jour de gloire et de joie pour la France, mais pour l’Algérie ce fut un jour de deuil et de larmes. En revanche, ce malheur a été l’essence même de l’indépendance. Il serait peut-être intéressant de penser à glorifier cette date !

    Le 8 mai 1945, la France célèbre une victoire fabriquée par ses alliés dont, nos imbéciles, chair à canons. Une victoire, certainement bien méritée pour le peuple français. Le même jour en Algérie, le peuple algérien ose espérer enfin, se libérer, après avoir longtemps, aspiré à l’indépendance. A Sétif 2 000 à 3 000 personnes réunies devant une mosquée forment un cortège et se mettent en marche en brandissant des banderoles : « Libérez Messali », « A bas le colonialisme ». Le drapeau algérien surgit avec à ses cotés, les drapeaux des alliés. Une banderole exprime les voeux : « Vive l’Algérie libre et indépendante ». La police appuyée par des civils européens tire sur les manifestants donnant la mort à des milliers d’assoiffés de liberté.

    A Guelma, le même scénario se répète l’après-midi. Les Algériens pourtant chez eux commettent un crime impardonnable, celui de brandir le drapeau de leur patrie ! Un geste qui fait trop mal. Les autorités donnent l’ordre de tirer sur des innocents chez eux dans leur pays. On n’hésite pas à faire usage de l’aviation qui bombarde les environs de la ville, comme à Sétif et Kherrata. Et la suite ne sera pas facile à digérer : Des dizaines de milliers d’Algériens sont massacrés, perquisitions, razzias et exécutions sommaires perpétrés par des Européens venus d’ailleurs contre des Algériens chez eux. En fait, et pour rappel, personne n’a invité ces crapules de colons à venir chez nous pour nous donner des cours de civilisation, à ce que je sache !!

    Un mois plus tard, on déplorera officiellement une dizaine de milliers de victimes d’Algériens. On qualifiera ces crimes d’événements du 08 mai. Dans le dico des colonialistes, ceci n’est pas suffisant pour qu’il soit classé comme GENOCIDE, d’autant que les victimes n’ont pas le statut de citoyen. Ce ne sont que des indigènes, en fait ! Quelques années plus tard, l’historien Charles-Robert Ageron, évoquera 5 000 à 6 000 morts musulmans, alors que dans les milieux catholiques d’Algérie, on évoquera le chiffre de 30 000 morts. Nous savons maintenant que le nombre de victimes dépasse de loin ce chiffre. Et monsieur Douste Blasy s’entête et refuse de reconnaître le génocide multidimensionnel algérien. Il a même le culot de faire une réflexion à l’encontre du président algérien Abd ElAziz Bouteflika qui a évoqué le génocide, qualifiant cela de galvaudage ! Le pouvoir français atteint de cécité mentale trouve ces déclarations scandaleuses ! Il refuse de reconnaître les crimes de la France et continue à espérer que l’Algérie signe avec lui un traité d’amitié avant la fin de l’année sans repentance officielle ! Il parait que la France a vite vieilli au point de d’oublier les leçons de l’histoire ! Que dira t-on si l’Algérie martyrisée devienne amie de la France qui refuse de reconnaître ses crimes passés ? Et les martyres ?

    Ce qui me tracasse, c’est cet entêtement des politiques français à reconnaître que la colonialisme n’a rien, pratiquement rien de positif. Par ce, ils peuvent nuire même aux relations entre les deux peules. Allons messieurs les ténors de la politiques française, ayez le courage de reconnaître le passé génocidaire de la France et laissez-nous faire le deuil de nos parents ! Ainsi, nous pourrons vivre amicalement. Enfin, j’ignore si Chirac et consorts se rendent-ils compte que le génocide du 08 mai 1945 nous interdit de signer ce fameux traité d’amitié sans la repentance solennelle de la France ? Il n’est pas interdit d’attendre et de rêver ! Or, ce n’est pas Chadli qui est au pouvoir, tonton CHIRAC !

    DOUANE Laïd.



  • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 24 septembre 2006 09:49

    TROISEME ARTICLE :

    LES HARKIS ET LE TRAITE D’AMITIE Entre l’Algérie et la France, il y a des paquets de mauvaises et de bonnes choses communes. Les deux pays seraient aisément liées amicalement s’il n’y avait pas cette horrible chose appelée « Harkis ». Il faut être un Algériens en Algérie pour comprendre le degré de l’horreur qu’elle suscite. Pour un fils de chahid (martyre), le mot suscite la folie ! Pour les observateurs, les Harkis entravent la signature du traité d’amitié. « Quarante ans que nous subissons les humiliations. En Algérie, on nous accuse toujours d’être des traîtres. En France, nous sommes restés des étrangers. Et maintenant, on traite nos pères de sous-hommes. » Ceci est le témoignage d’un Harki en colère. Et qui dit Harki, dit traître algérien ! C’est, du moins, la définition publique exacte du mot Harki. Mais, c’est quoi un Harki, si ce n’est le plus « humiliable » et le plus traître des Algériens qui ont soutenu la France du temps de la guerre de libération nationale ? Les Harkis, en fait, sont des traîtres qui ont vendu leur pays. La France le sait, l’Algérie le sait et les Harkis eux-mêmes en sont conscients. Donc, autant en assumer les conséquences ! Si en France, comme l’explique le témoignage, ils sont considérés comme des étrangers, tant-pis pour eux. Car en choisissant de batailler aux côtés de la France puis se naturaliser, ces damnés de la terre ont continué jusqu’au bout dans leur logique de traîtrise. La république française leur a offert un cadeau en voulant les intégrer dans la société française. Mais ces morceaux de la traîtrise ont continué à assumer les valeurs de leur patrie qu’ils ont volontairement trahie.

    « Si j’étais français, ce que je n’oserais pas être sérieusement, je ne respecterais jamais cette tronche de gens qui, d’un côté ils ont attenté à l’Algérie, de l’autre, ils se sont retranchés dans le ghetto algérien, m’a écrit un jour un ami turc ». Ils ont certes appuyé la France au péril de leurs vies, méritant bien ce cadeau français. Pour autant, ils auraient coupé leurs liens avec leur pays qu’ils ont trahi ! Ainsi, ils auraient peut-être gagné, au moins, le respect des autres.

    Je crois que c’est pour cela, et c’est raisonnable et respectable, que les Harkis sont traités de sous-hommes en France. Les Français avertis ne sont pas dupes au point de croire qu’un traître ne récidive pas !! Chez nous en Algérie, on les considère une véritable racaille bonne à la déchetterie humaine. Ces gens ont assassiné l’Algérie, ont aidé à tuer pas moins de deux millions d’Algériens et continuent à semer la zizanie en France. Aujourd’hui, bien qu’ils vivent loin de notre pays, ils ne ratent jamais une occasion pour nous tirer dans le dos. D’ailleurs, c’est à cause d’eux que le traité d’amitié entre l’Algérie et la France, risque de ne pas être signé. Et pour cause, les autorités algériennes sont au courant des menaces de vengeance, ô combien justifiées, des millions d’Algériens qui ont perdu leurs proches ou leurs parents, en cas où il serait permis à ces criminels de guerre de revenir. Voilà ce qui explique, pourquoi le Président algérien bêche à chaque occasion des prétextes pour reporter la signature de ce fameux traité si cher à Chirac.

    Pardonner à la France et aux Français pour leurs crimes contre l’humanité en Algérie, me parait humainement faisable. Il y a eu une guerre entre les deux parties et des Français se sont amalgamés dans un pétrin que d’autres leur ont fabriqué. Il est difficile de se mettre à la place d’un citoyen à qui on a inculqué depuis l’enfance que l’Algérie n’était qu’une partie de la France, différents supports à l’appui. De ce fait, pour ce citoyen, la présence de son pays dans cette région serait un devoir national. Ceci pour dire que ces Français naïfs ou abandonnés par l’intelligence, ne pouvaient pas grand-chose, et nous pouvons les comprendre aujourd’hui. Pour tourner la page, il suffit que la France reconnaisse officiellement ses crimes coloniaux et de reconnaître que le colonialisme n’avait rien réalisé de positif en Algérie. Par contre, parlant de pardon, il est incompréhensible et inimaginable de l’accorder à cette phénoménale traîtrise des Harkis. Ces maudits, non seulement, ils n’avaient rien de commun avec les Français, ces derniers les considéraient comme des sous-hommes, textes à l’appui(cliquer sur le lien à la fin de la page). Les Harkis savaient qu’ils combattaient leur propre peuple et bataillaient aux côtés de leurs ennemis. En le faisant, ils savaient que « Harkis » voulait dire : Traîtres. Bref, ils avaient joué et ils ont perdu. Alors pourquoi continuent-ils à semer la haine et le désordre aujourd’hui, entravant toute réconciliation entre deux pays voisins ? N’est-ce pas eux qui étaient derrière la fameuse loi de la honte du 23 février 2005, stipulant le rôle positif de la présence française en Afrique du Nord ? Quelle connerie ! Au lieu de s’effacer pour permettre aux deux pays de bâtir de nouvelles relations, ils continuent à inculquer la haine à leurs enfants. C’est d’ailleurs, l’une des raisons qui ont retardé la signature du traité d’amitié entre l’Algérie et la France.

    Ce n’est pas la peine de chercher ailleurs les raisons du rhume qui a atteint les relations algéro-françaises. On aura compris que pour finaliser ce fameux traité et construire de vraies relations d’amitié avec l’Algérie, indispensables pour la France, cette dernière doit impérativement accepter de reconnaître solennellement le génocide algérien et par voie de conséquence, avaler l’exclusion pure et simple des Harkis de toutes les discussions entre les deux pays, une revendication unanime du peuple algérien. Pour le enfants de Harkis, il est clair qu’ils n’ont rien à se reprocher ; ils n’ont pas choisi leurs parents ! Pour autant, il n’est pas permis à l’Algérie d’oublier !

    Laïd DOUANE



  • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 24 septembre 2006 09:47

    DEUXIEME ARTICLE LE GENOCIDE ALGERIEN !

    Une dépêche rapporte ce samedi 08 juillet 2006 : « Le marché de voitures de Tidjelabine près de Boumerdès (nord de l’Algérie) a été le théâtre d’un attentat à la bombe qui a causé mort de deux gardes communaux et plusieurs blessés ». A la lecture de l’information, je me suis dit que c’était de l’intox, pour la simple raison, que j’ai passé toute la journée de jeudi dans le marché en question. Ensuite, l’information m’a été confirmée par un témoin oculaire. Je ne dis pas que tout est rentré dans l’ordre ou que l’on a atteint le risque zéro dans mon pays meurtri par la machine à complots. Cependant, je peux avancer que la situation est rassurante. En tout cas, je n’ai plus envie de quitter l’Algérie comme se fut le cas, il y a quelques années. Cette dépêche me rappelle le tout début du malheur algérien. Durant les années 90, à chaque fois qu’on tendait vers la solution, des forces occultes et des lâches nous surprenaient avec un attentat lié systématiquement à la situation politique de l’époque. On tendait à faire croire que l’Algérie allait sombrer dans la violence si on permettait aux islamistes de participer légalement à la vie politique. Devant la lenteur de l’état explosif, les services consulaires des puissances occidentales accaparèrent la machine à fabriquer du crime.

    Après avoir incité le régime algérien à s’ouvrir politiquement en « avalisant » même l’agrément du FIS, des occidentaux s’accordèrent à faire pression sur les autorités algériennes, exigeant la dissolution de ce parti qu’il soutenaient auparavant. Trouvant les politiques traînards et indécis, nos ennemis de toujours n’ont pas hésité à passer à la vitesse supérieure. Les clubs de Paris et de Londres se sont mis à nous harceler en revendiquant le règlement de nos dettes, non sans nous imposer leur rééchelonnement. Par suite, il y a eu la fameuse campagne médiatique occidentale avec à leur tête, la presse anglaise qui diabolisait le FIS après l’avoir soutenu ouvertement. On parla d’ADM que l’Algérie serait sur le point d’élaborer dans son site nucléaire bien connu des Anglais. Le parti islamiste qui a eu le culot de soutenir ouvertement l’Irak en affichant son animosité contre Israël, sera vite classé comme organisation dangereuse. Et la suite on la connaît ; une délégation très européenne a été dépêché chez le Président Chadli pour le sommer de dissoudre ce parti « intégriste », faute de quoi, les grandes puissance de la « Hogra » se verraient obligées de boycotter notre pays.

    Et le Président qui n’avait rien d’un calculateur, n’a pas cédé à la menace et a répété « l’histoire de éventail » ! En même temps, une poignée de crapules à galons de nationalité algérienne se sont saisi de l’occasion et ont attenté à notre pays en perpétrant le coup d’état du 11 janvier 1992 qui sera suivi de tueries en série et d’arrestations de dizaines de milliers de citoyens. L’Algérie tombe entre les mains d’une junte militaire qui met en place un quinté qui pour gérer les affaires du pays sous l’égide de nos créanciers des Clubs de Paris et de Londres. Depuis lors, notre pays nageait dans le sang, laissant 150 000 victimes algériennes.

    Dix années plus tard, la providence nous envoie un homme qui fait de la réconciliation une philosophie. Les Algériens, ayant assez des larmes et des douleurs, acceptent en masse ce qui ne devait être qu’une supercherie du sort. On nous propose une solution douloureuse qui probablement, va permettre à ceux qui ont commandité, planifié et commis des crimes contre l’humanité de vivre côte à côte avec ceux qui souffrent et pleurent encore, leurs êtres chers. La chose s’appelle : Loi sur la réconciliation. Désormais, nous n’aurons plus le droit de témoigner ou même de citer les noms des criminels, sous peine d’être bannis puis jetés dans les ténèbres de l’oubli. Malgré tout, ils nous avons accepté !

    Les forces occultes et ceux qui ne savent rien faire dans la clarté, n’ont pas perdu l’espoir que l’Algérie rechute dans la sale guerre. Aveuglés pas cette horrible machine du crime qu’ils ont fabriqué, ils tirent leurs dernières cartouches de désespoir dans l’espoir de créer un quelconque foyer d’horreur. Heureusement que maintenant, c’est sérieux, il ne reste qu’un brin de terrorisme résiduel pour gérer les sales affaires !

    Laïd DOUANE



  • Laïd DOUANE Laïd DOUANE 24 septembre 2006 09:44

    Monsieur Francis Beau, Votre article a le mérite de nous rappeler la honte française. Je me demande comment ose-t-on parler de rôle positif de la présence coloniale en Afrique du nord ? En guise de commentaire, permettez moi de poster quatre articles que j’ai écrit il y a quelques mois mais que l’éditorial a rejetés. Le premier parle du génocide algérien. Les autres parlent du colonialisme. Les voici et bonne lecture : PREMIER ARTICLE : Cet article a été rédigé à la suite d’une série de commentaires au sujet de mon intervention intitulée : « L’Algérie n’est pas dupe ». Il explique un peu, la tâche difficile qui attend les politique en Algérie et en France dans le domaine des relations internationales Décidément, même à l’ère de la démocratie et de la liberté d’expression, on est sommé d’éviter tout ce qui ne plairait pas à Ihud Baraq. Je croyais bêtement à la démocratie en France avant d’y mettre les pieds pour y vivre. Je ne savais pas qu’il me fallait, au préalable, avant d’aborder n’importe quel sujet, connaître la liste des tabous en relation avec les fonts de commerce privilégiés de notre colonisateur. Ainsi, il est interdit de parler du sionisme, de la laïcité, des Juifs ou des Harkis sous peine d’être taxé d’antisémite et d’apologie de, je ne sais pas quoi dire ! Ce sont-là des domaines réservés. En France, on peut parler de tout et dire ce qu’on a envie de dire de n’importe quoi et de n’importe qui, y compris de « ta mère », si elle n’est pas juive. Et quoique l’Islam soit reconnu officiellement, il est interdit aux Musulmans de répéter les versets coraniques qui évoquent le mal juif. Quand le Coran, par exemple, parle des crimes que les Juifs commettent et critique ouvertement cette « race noble », les politiques de France ne disent rien par crainte de perdre des pétrodollars. Par contre, quand l’Imam de Vénissieux en fait un rapporteur, la police et la justice feignent ignorer la source de ses propos. L’Imam de Vénissieux est alors expulsé de France pour avoir répété ce que le Coran explicite, et qui est écrit noir sur blanc ! Ne serait-il pas plus équitable de mettre à la porte tous les Musulmans vivant en France ? J’ai écrit un article où j’ai expliqué les raisons qui ont retardé la signature du traité d’amitié, tant attendu, en Algérie et en France. J’y ai évoqué, entre autres, les Juifs d’Algérie de l’ére coloniale et les Harkis, tout en soutenant l’idée de leur exclusion des discussions concernant ce traité. C’est alors qu’une avalanche d’insultes et de menaces s’est abattue sur moi. Il y en a même qui m’ont menacé de m’ester en justice. Et pour cause, j’ai dit d’eux ce qui se dit en Algérie et que j’ai appris à l’école : Les Juifs d’Algérie, en acceptant la naturalisation se sont exclus eux-mêmes. Pour les nationalistes, ce fut un bon débarras. Quant au Harkis, d’après ce qu’on nous a appris à l’école, ils sont des traîtres qui ont causé la mort des millions d’Algériens. Leurs descendants en millions vivent toujours dans la douleur. Je ne vois pas comment va-t-on réunir entre ces traîtres et les veuves et enfants de leurs victimes ? Cette question a soulevé l’indignation injustifiée des internautes. Une certaine Malika C m’a écrit pour me dire que nous devons avoir« tendance à penser qu’il nous faut un peu pacifier toute cette histoire une bonne fois ». Ce que je considère comme une bonne réflexion !

    Je ne suis pas contre la pacification. Au contraire, je soutiens toute tendance vers l’apaisement pour fonder une vraie amitié entre nos deux peuples. Mais, que cela ne soit pas à sens unique. La France ayant quitté l’Algérie par la petite porte, continue à nier les droits les plus élémentaires du peuple algérien, y compris celui de connaître son histoire. A rappeler que les autorités françaises pendant l’évacuation, ont chopé des tonnes d’archives gardées au secret. Il y a eu même une loi qui a été votée à cet effet, interdisant de les ouvrir avant la fin du siècle. En faisant voter la fameuse loi de la honte du 23 février 2005, la France a prouvé, une fois de plus, qu’elle ne compte pas se soumettre à la règle du respect mutuel. A rappeler que cette loi qui n’a rien de diplomatique stipulait le « rôle positif de la présence française en Afrique du Nord » alors que des boucheries humaines avaient été planifiées et perpétrées par les colons. N’est-ce pas un génocide quand on rase des villages complets après avoir tué leurs occupants sans aucune distinction ?

    Disons que les colons ont tué systématiquement des Algériens durant 132 ans et cela suffit pour qualifier leurs actes de génocide. Il n’y a pas de doute, la France a tué des Algériens à cause de leur appartenance ethnique, et chez eux. Il suffit de retourner à l’histoire et feuilleter ses pages concernant le code de l’indigénat et tout ce qui est en rapport pour comprendre les vrais mobiles de ces tueries systématiques. Alors, génocide ou pas, la France doit des excuses au peuple algérien avec ou sans traité d’amitié !

    On m’interroge maladroitement : « Que faites vous alors de l’invasion des Arabes sur le territoire maghrébin ? Ne fut-ce pas non plus un génocide ? » D’abord, je refuse l’amalgame. On oublie que ces « Arabes » envahisseurs soient-ils, ne se sont pas invités au Maghreb comme se fut le cas de la France, dans le but d’accaparer nos richesses et nous esclavager. Par ailleurs, ces « Arabes » ne nous ont pas commandé par la force, en nous traitant de demi hommes, comme l’a fait ta France. Quoiqu’on dise, notre terre a été conquise par les « Arabes » suite aux sollicitations des autochtones et « grâce » à leur complicité. Ce sont nos ancêtres qui, ensuite, ont levé le flambeau pour continuer la marche vers l’Ouest. Tarek Ibn Ziad, nord-africain de surcroît, à la tête de huit milles guerriers, tous berbères de souches (c’est énorme), accepta de prendre le relais. S’il y avait invasion « arabe », les troupes de Tarek auraient pris la direction de l’Est pour combattre ces « envahisseurs » au lieu se diriger vers l’Ouest et envahir l’Ibérie ! Par ailleurs, ces envahisseurs n’ont jamais commis des massacres, ni assujetti nos populations comme l’a fait la France qui traitaient les autochtones de sous-hommes ! En outre, ce sont bien nos ancêtres qui commandaient leurs peuples, même si cela était parfois d’une manière hypocrite comme c’est toujours le cas des politiciens ! Maintenant, si d’autres l’ont fait par traîtrise, c’est à nous ascendants d’assumer notre histoire.

    Quant à ce que vous dites de Bouteflika qui, selon vous, « nous parle de repentance alors qu’il libère de son côté, je ne sais combien d’assassins », je m’adresse à ma commentatrice, il ne m’appartient pas de faire un commentaire là-dessus, c’est hors sujet et c’est vague. Et tout ce blabla au sujet de sa maladie et les soins que l’hôpital français lui a accordé, tout est à l’honneur de ce pays où exerce plus de vingt cinq milles médecins Algériens. Cependant, nos responsables pourraient décider de ne plus jamais solliciter les services de ce pays que nous ne haïssons pas.

    Par ailleurs, la France n’est pas notre ennemie. Au contraire, il y a tellement de choses communes entre nos deux pays, que nous daignons oublier nos différents. Ce que le Président algérien exige pour finaliser ce traité, n’a rien d’extraordinaire. Il revendique les droits de son peuple et demande que nos relations soient fondées dans la clarté, loin de l’esprit de paternité auquel la France s’accroche. Nous ne pouvons êtres amis sans reconnaissance du mal que l’on nous a fait. D’autant plus que la France contemporaine reconnaît explicitement que le colonialisme a fait des ravages et a causé des crimes contre l’humanité.

    Laïd DOUANE

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