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Laurent_K

Européen enthousiaste car convaincu que l’idée d’Europe est excellente, je suis néanmoins effaré par la manière dont elle évolue depuis plusieurs années. Je cherche donc à faire évoluer les choses à mon humble niveau en faisant partager mon indignation ou mon admiration.

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  • Laurent_K 28 mars 2008 00:40

    Les 15% cités au cours de ces différents messages sont les 15% de ROIC demandés par les actionnaires pour investir leur argent dans une entreprise (ROIC = Return On Invested Capital) . Ce n’est donc pas 15% du CA mais de l’argent qu’ils ont investit pour financer l’entreprise.



  • Laurent_K 28 mars 2008 00:36

    Heu, désolé de t’ôter tes illusions mais le problème est justement l’Europe. Je t’accorde qu’elle adore se présenter come un moyen de protéger contre la mondialisation mais "attenuer les effets d’un capitalisme débridé", ce n’est pas vraiment son truc. Ainsi cet article 56 dénoncé par l’article (plus précisémment article 56 du traité sur le fonctionnement de l’Europe)  :

    1. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.
    2. Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux paiements entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites.

    Si c’est supposé nous protéger des effets du capitalisme débridé, je suis le pape !

    Et côté démocratie, cette Europe est loin d’être sans tâche pour ne pas dire qu’elle carrément une ennemie de la démocratie quand tu regardes le détail de son fonctionnement (non respect de la séparation des pouvoirs, sur-représentation de l’exécutif, fonctionnement occulte pour disséminer les véritables responsabilités...) . Et regarde comment le traité de Lisbonne est adopté à travers toute l’Europe en contradiction flagrante avec les principes démocratiques les plus élémentaires.

    Non, décidémment, cette organisation n’est ni démocratique ni protectrice. C’est même exactement l’inverse.

     

     



  • Laurent_K 6 mars 2008 08:08

    Et je reconnais qu’un prêt à la consommation de 75 000 € s’apparente par son montant à nombre de prêts immobiliers (enfin, il y a peut-être des gens qui s’achètent des rollex à ce prix ?).



  • Laurent_K 5 mars 2008 22:43

    Benoît,

    Tout comme vous j’ai cru dans cette Europe (j’ai été l’un des premiers étudiant Erasmus). Malheureusement les faits m’ont montré qu’il y a un gouffre entre le discours européen et la réalité.

    Permettez-moi de reprendre vos arguments pour vous expliquer en quoi cette Europe est devenue un élément favorisant les nationalismes :

    1°) Elle n’est pas une démocratie, loin de là :

    • « Le pouvoir de co-décision [du Parlement]est quasiment total » sauf dans les domaines clé comme la politique étrangère ou l’économie (largement dominée par la BCE notamment mais pas uniquement). Ce pouvoir est certes un peu élargi par le traité de Lisbonne mais cela reste insuffisant.

    • De même le Parlement ne nomme pas le président de la commission mais valide ou non le choix du Conseil. Avec ce type de procédure en France, cela aurait été Balladur et non Chirac qui aurait été nommé Président en France en 1995.

    • Et comme vous l’indiquez, ce Parlement ne peut même pas proposer de loi de lui-même ! Sacré pouvoir laissé à la Commission qui peut choisir d’ignorer les sujets qui la dérangent.

    • Autre problème, pour renverser la commission, il lui faut 2/3 des voix des députés au lieu d’une majorité simple comme dans toute démocratie. Que dire aussi sur le mode d’élection du Parlement lui-même qui donne plus de poids au vote d’un Luxembourgeois que d’un Allemand ou d’un Français ?

    • Et au niveau séparation des pouvoirs, c’est tout simplement catastrophique : le pouvoir judiciaire brille par sa dépendance envers l’exécutif, le Conseil est constitué de membres des exécutifs nationaux mais a un rôle quasi-législatif et choisi de facto les membres de la Commission.

    2°) Elle prend donc des décisions qui braquent les peuples (même si ces décisions sont effectivement inspirées par les états-membres loin d’être des innocents en la matière). Le traité de Lisbonne en est l’exemple le plus caricatural. 

    Comme tous les partis non extrêmistes soutiennent cette Europe, cela permet aux extrêmistes de se présenter comme les seuls remparts contre ces dérives. L’adoption aux forceps du traité de Lisbonne risque donc fort d’être une victoire à la Pyhrus pour les Eurobéats. Et une catastrophe pour cette Europe à laquelle j’ai tant cru.



  • Laurent_K 5 mars 2008 21:52

    Je partage votre méfiance à priori aussi ai-je vérifié directement dans le texte du projet de directive (http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?type=TA&reference=P6-TA-2008-0011&language=FR&ring=A6-2007-0504 ). C’est assez illisible (comme tout ce qui sort de l’UE) mais en l’occurrence, le projet de directive ne s’applique par aux prêts immobiliers :

    Article 2

    La présente directive ne s’applique pas :

    a) aux contrats de crédit garantis par une hypothèque, par une autre sûreté comparable communément utilisée dans un État membre sur un immeuble, ou par un droit lié à un bien immobilier ;
    b) aux contrats de crédit destinés à permettre l’acquisition ou le maintien de droits de propriété d’un terrain ou d’un immeuble existant ou à construire ;

    Comme c’est dans l’immobilier que les excès les pires ont été constatés -notamment aux Etats-unis-, ce texte ne devrait rien changer de fondammental pour ce marché. C’est l’essentiel des prêts qui sortent ainsi du texte. 

    Mieux, le texte prévoit l’obligation d’évaluer la solvabilité du consommateur avant la conclusion du contrat (Article 8). Seul point négatif, les sanctions en cas de non respect de la directive par le prêteur sont laissées à l’appréciation des états-membres. Tout reste donc possible dans les faits depuis l’annulation automatique du contrat et du prêt à la simple et inutile réprimande.

    Pas sûr donc qu’on s’oriente vers le pire. Maintenant, le texte est suffisament bourré de chausse-trappes pour qu’il ait des mauvaises surprises que je n’aurais pas vu. Avec l’UE, le diable est dans le détail.

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