Combien de femmes sont mortes en avortant illégalement ? Combien d’autres sont devenues stériles ? Et combien d’enfants ont été rejetés par leur mère ou / et le père car non désirés ? C’est pour éviter ce genre de drames que l’IVG a été instauré et c’est pour cette raison qu’il doit être défendu. A quelques semaines, la grossesse n’est pas viable et d’ailleurs beaucoup de fausses couches interviennent à ce stade ; donc on est très loin du meurtre d’enfants comme voudraient le faire croire certains intégristes.
Le piège d’une société qui devient de plus en plus communautariste est de forcer les gens à choisir un camp au détriment de l’autre. Celui qui s’oppose à la politique menée contre Israël (c’est à dire un Etat) contre les Palestinien (asphyxie économique, bombardement sur des civils) est taxé d’antisémite, celui qui déplore le fait que les femmes voilées soient de plus en plus nombreuse, s’inquiétant du risque de recul du droit des femmes se fait taxer d’anti-musulman. Enfin, certains militants, sous prétexte de lutter pour la laïcité, ce principe de neutralité religieuse destiné à permettre à tout le monde de vivre ensemble quelque soit ses croyances, n’hésitent pas à s’allier avec l’extrême-droite pour s’attaquer à l’islam et aux musulmans, y compris ceux qui pratiquent leur croyance en respectant les lois de la laïcité. Certaines personnes se sont donc crues obligées de tomber dans le panneau et de choisir un camp. Dieudonné fait partie de ces personnes qui d’une critique du sionisme (idéologie politique) est passé à l’antisémitisme (racisme envers les Juifs) , n’hésitant pas à s’allier avec Le Pen. Vérolée par ces querelles intestines qui se sont vraiment développées à partir de 2003 (année du débat sur les signes religieux,) le mouvement anti-raciste qui avait pourtant réussi à faire descendre 2 millions de personnes quand Le Pen était passé au 2ème tour, n’existe aujourd’hui quasiment plus. La manifestation du 30 novembre destinée à commémorer les 30 ans de la Marche des Beurs n’a rassemblé que quelques milliers de personnes. D’ailleurs, si demain une nouvelle marche des beurs était organisée, combien de jeunes, « blacks, blanc, beurs, jaunes et roms » se regrouperaient pour marcher main dans la main contre le racisme ? Très peu, alors qu’il y a encore matière à descendre dans la rue.
Cet étrange, cet article me fait penser à une histoire que je tiens de mon amie Mme K.. que je connais depuis le lycée. Une histoire qu’elle a vécu et dont elle m’a récemment reparlée suite à un souci que rencontre actuellement un de ses collègues. M T... arrive dans le bureau de Mme K pour demander à utiliser le fax, il a besoin d’envoyer en toute urgence un document à un hôpital. Se sentant obligé de se justifier, il dit que son fils aîné de 16 ans vient de « péter les plombs » (une tentative de suicide ?) et qu’il est hospitalisé. Un jeune sans histoire, très bon élève au lycée. Au psychiatre, le jeune a dit qu’il se sentait malheureux à la maison. M T... n’est pas bien non plus, il a besoin de parler. Ce genre de sujet fait partie des secrets honteux qu’il convient de cacher, a fortiori à ses collègues, mais lui... a besoin de parler. Il se sent seul, sa femme et lui se murent chacun dans leur chagrin, leurs famille les regarde d’un air soupçonneux, ou du moins voient-ils les chosent comme ça. De plus, il présume que dans les mois qui vont suivre, il va devoir se rendre à des rendez-vous, transmettre d’autres documents, peut-être même prendre des jours de congé. Sa collègue Mme K... le rassure, tant qu’elle peut, les choses vont finir par s’arranger un jour, surtout que d’après la façon dont il parlait de son fils depuis toutes ces années qu’il travaillait là, c’était un père attentif et aimant, bien qu’exigent sur la réussite de ses enfants. Sa collègue, Mme D surprend la conversation par hasard et lui dit que les enfants « jouent parfois des tours ». Elle se rappelle que sa fille ainée avait dit au médecin de famille que sa mère la maltraitait parce qu’elle lui avait donné un claque après une dispute où l’adolescente s’était montrée fort agressive. Mon amie quant à elle n’a pas raconté sa vie, elle n’a montré aucune émotion, mais elle aussi a connu cela : sa soeur a quitté la maison à l’âge de 17 ans, en claquant la porte. Elle a contacté un juge pour enfants pour demander à être placée en foyer. Elle n’y a pas été heureuse, son geste s’expliquant avant tout par un trop plein de mal-être et de souffrance, et a fait de nombreuses fugues. Ses parents tout déchus de leur autorité parentales qu’ils étaient ont passé des nuits entière à tourner dans la ville pour retrouver leur fille quand elle fuguait, pour qu’elle retourne là où elle était en sécurité, c’est à dire au foyer. A cette époque, une partie de leur famille les ont rejetés, mais d’autres les ont soutenus, essayant parfois de faire la médiation entre les parents et leur fille. Ce soutien leur a permis de garder (même péniblement) la tête hors de l’eau, mais aussi de rétablir un lien fille-parents. Les institutions n’ont elles rien fait pour rétablir ce lien, considérant les parents avec méfiance il les voyaient sans doute maltraitants). Et les choses se sont arrangées, au fil des années, à fur et à mesure que la jeune fille avançait vers l’âge adulte. Maintenant, la soeur de Mme K est elle-même devenue mère et vit près de ses parents qu’elle aime et qu’elle entoure.
Il était un temps où on considérait que l’engagement de l’Etat dans les secteurs clés de l’économie permettait, tout en améliorant le niveau de vie des habitants, de doper les secteurs de l’économie et donc de créer emplois, richesses et pouvoir d’achat. Le problème de ce système économique est qu’il empêche les secteurs privés de s’approprier de gérer des infrastructures rentables. Ecoles et cliniques privées, gestion de fonds de pension, des assurances maladies (sauf la CMU et l’AME qui seraient laissées à la gestion de l’Etat, car le privé ne saurait s’encombrer de « boulets » qui ne lui rapporte rien),... il y a de l’argent à gagner d’autant plus que les infrastructures existent déjà , il n’y a rien à créer, juste à empocher en abandonnant ce qui n’est pas rentable. Or, justement ; depuis les années 1970, les traités internationaux, et notamment européens vont dans le sens du désengagement de l’Etat qui est sommé de se séparer de tous les secteurs non régaliens (tout ce qui n’est ni police, ni armée, ni impôts, ni justice) au nom de la maîtrise des dépenses publiques qui doivent être équilibrées avec les recettes. Or, une bonne partie de la dette est liée aux taux d’intérêt des remboursements des empruns auprès des banques privées. En effet, les Etats européens sont obligés d’emprunter auprès des banques privées aux taux du marché, et non à la Banque Centrale Européenne qui elle à vocation à prêter à des taux extrêmement bas aux banques privées... tout cela au nom de la maîtrise de l’inflation. Une grosse arnaque dont les médias ne parlent presque jamais. En attendant, à fur et à mesure que l’Etat se désengage, les secteurs privés prennent la relève. Par exemple, les réformes successives des retraites crée de nouveaux marchés pour les banques et assurances qui proposent. des produits d’épargne retraite à ceux qui ont les moyens de payer. Quant aux autres, ils arrêteront de toute façon largement avant l’âge de la retraite soit parce que leur état de santé ne leur permettra pas de travailler d’avantage, soit parce qu’ils auront été licenciés avant.
Une chose que peu de gens savent en France, c’est que 20 à 30% des habitants de Turquie ne sont pas musulmans sunnites, mais Alévis. Cette religion qui est une lointaine descendante du chiisme est très différente de l’islam. Par exemple : - Les Alévis ne vont pas à la mosquée, mais dans une salle de prière appelée Cemevi où hommes et femmes prient dans la même salle. - Ils ne font pas Ramadan, mais pratiquent un jeûne d’une dizaine de jours en février-mars. - L’alcool n’est pas interdit. D’ailleurs le vin joue grosso modo le même rôle liturgique que dans la religion catholique. - La religion n’est pas prosélyte. Beaucoup d’entre eux considèrent l’alévisme comme un courant philosophique et non comme une religion.
Les Alévis ont été très souvent victimes de persécutions. La dernière en date a été l’incendie criminel d’un hôtel où s’étaient réunis des artistes et des intellectuels alévis, dans la ville de Sivas, en 1993. Une trentaine d’entre eux ont péri dans les flammes. Par peur des persécution, beaucoup d’Alévis évitent de révéler leur religion en public. De toute façon, l’Etat n’a jamais reconnu officiellement cette religion, même à l’époque d’Atatürk. C’est ainsi qu’officiellement, la Turquie compte 99% de musulmans (la religion est inscrite sur la carte d’identité et les alévis sont automatiquement classés dans la catégorie « islam »), le 1% restant étant des Chrétiens et des Juifs. Les Alévis sont généralement très attachés à la laïcité et beaucoup d’entre eux prennent une part active aux mouvements de protestation contre le gouvernement d’Erdogan. Ce qu’ils dénoncent : la loi destinée à restreindre la consommation d’alcool, le projet de construction de la plus grande mosquée du monde avec l’argent public d’un pays censé être laïque et le fait de donner au futur 3ème pont du Bosphore le nom du sultan Yavuz Selim qui est resté dans l’Histoire pour avoir fait massacré des milliers d’Alévis. Ce sultan considérait d’ailleurs que couper la tête de 7 alévis permettait d’avoir une place assurée au paradis... baptiser un pont du nom d’un tel personnage a de quoi indigner cette minorité qui en a marre d’être ignorée et persécutée.