J’avais une jolie petite voiture, adorable, extrêmement sûre, et, évidemment fort chère. Je roulais comme depuis 40 ans sans chercher à tuer qui que ce soit, et sans, heureusement, y parvenir involontairement. 56 km/h ici, 85 (pour 80) là, 54 une autre fois, la chute inexorable de mon nombre de points et la nécessité de conduire car j’habite au fond de la campagne m’ont fait réfléchir. Coup de grâce, un mien cousin (représentant retraité) qui rentrait petit-petit de l’anniversaire de sa fille s’est fait traiter par les gendarmes (et ensuite le juge, le service médical) comme un abominable criminel pour avoir un peu abusé de ces boissons sans lesquelles la convivialité souffre gravement. Du coup, j’ai vendu le p’tit bijou, récupéré ma petite fortune, et acheté une infâme poubelle de 30 ans d’âge avec laquelle je fonce à tombeau ouvert, (vitesse maxi 80-90) sans avoir besoin de suivre le compteur tant la chose est sautillante, à la barbe des radars et en emmerdant tous ceux qui travaillent. C’est une vertu, ça s’appelle « l’adaptation » !!!
C’est gentil de ramener le problème actuel du logement à de jolies villas délaissées pour cause d’internet défaillant. Et de laisser entendre que si, dans les années 50 , l’habitat était déplorable, il s’agit du siècle dernier. Ça nous change un peu de tous ces rigolos du DAL qui prétendent le contraire, des articles du Monde Diplo sur le mal-logement à la campagne (N° d’août 2010) ,et des quelques rigolos qui plantaient des tentes au bord du canal Saint Martin. Enfin, un peu de pensée positive, merci carrefour, comme disait le type qui vit dans ses cartons au cœur du charmant bosquet qui orne le rond-point. Est-ce votre vie, qui est « gravement derrière » vous, ou la vie, tout simplement ?
Comme ça, pour voir, essayons de situer le problème posé aujourd’hui par la présidence. Le Président, élu, est le président de TOUS les Français. Certes,il propose un programme politique, mais il en confie la mise en œuvre, pour l’existant au Gouvernement (dirigé par le Premier Ministre), et pour les modifications en profondeur, au Parlement. En clair, dans une direction donnée, le Gouvernement gouverne, le Parlement légifère, et le Président veille à ce qu’aucun Français ne se trouve lésé ou blessé par les mesures prises. Bisounours, certes, mais fondamental dans le principe. Réduire le Gouvernement à bricoler les mesures annoncées au hasard des sondages et des évènements, abuser de la majorité pour faire entériner ses désirs législatifs, oublier son rôle de « père » de la Nation en dressant les diverses catégories sociales les unes contre les autres, jouer les incendiaires quand on doit être pompier, c’est voler son sens à la République : voyou !!!
Les maîtriser (l’orthographe et la syntaxe) , y compris dans leur dimension étymologique, c’est accéder aux subtilités du texte, et de ses influences constitutives, parfois. Certes, c’est dommage de passer du temps là autour, mais comment , sinon, se passer des interprètes, qui sont légion et roulent toujours pour quelqu’un, comment être autonome et solide face au texte ? Vulgariser n’est pas donner accès à l’homme « ordinaire », ou « commun », c’est le priver d’une part du sens et le laisser à la surface des choses, à leur aspect, bref, au spectacle. L’émanciper, le faire homme, c’est lui donner accès à l’éducation, et lui en faire découvrir la nécessité.Et ce qui est antidémocratique, c’est de le priver ou le laisser se priver de la -difficile- qualité d’homme. Cordialement