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Marc Bruxman

Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens.  

Tableau de bord

  • Premier article le 09/06/2006
  • Modérateur depuis le 07/09/2006
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Derniers commentaires



  • Marc Bruxman 7 juin 2007 01:12

    >>>>>>>>>> « Ingénieur, scientifique, et passionné de politique, je m’intérésse particuliérement aux rapports entre le progrés techniques et les conditions sociales des gens. »

    On se demande quelle mouche vous a piqué, pour que vous veniez dire aux artistes comment ils devraient gérer leur patrimoine. <<<<<<<<<<<

    Et bien je crois que c’est au contraire cohérent avec ma fiche. Il y a des évolutions techniques que je connais trés bien pour bosser en plein dedans et cela change la condition sociale des auteurs et des artistes.

    >>>>>>>>>>>> Ils ne sont pas encore sous tutelle des ingénieurs. Etudiez d’abord le sujet, du point de vue artistique, juridique et technique avant de nous parler de vos tragédies. <<<<<<<<<<<<

    Il n’y a aucun projet de mettre sous tutelle qui que ce soit. Quoi que en ce moment ils sont sous tutelle de leur maison de disque ou d’édition. Quand à la plupart des techniques qui concernent les artistes, leur connaissance et leur utilisation est disponible librement et gratuitement pour peu que l’on sache ou chercher.

    Vous devriez d’ailleurs savoir que souvent ce ne sont pas les scientifiques ou les techniciens qui mettent les gens sous tutelle car ils sont souvent trés surpris de l’usage qui est fait de la technique qu’ils ont inventé. Mais ils peuvent eux même comme l’ensemble de l’humanité devenir otages de la technique qu’ils ont inventé.

    Prenez Mr Gutemberg et son imprimerie. Gutemberg était un croyant convaincu. Un jour il déclara : « Dieu souffre parce qu’une grande multitude ne peut être atteinte par la parole sacrée. La vérité est captive dans un petit nombre de manuscrits qui renferment des trésors. Brisons le sceau qui les lie, donnons des ailes à la vérité, qu’elle ne soit plus manuscrite à grands frais par des mains qui se fatiguent, mais qu’ils volent multipliés par une machine infatigable et qu’ils atteignent tous les hommes. » (1455)

    Il crut ainsi que sa machine allait renforcer l’Eglise et en était visblement trés fier. Pourtant il ne se passera pas 62 ans avant que le contraire advint. Le pamphlet de Martin Luther à l’origine de la Réforme allait se diffuser à trés grande vitesse grâce à l’imprimerie. En temps normal, l’église aurait stoppé sans probléme la diffusion des théses de Luther. Grâce à l’imprimerie, elle n’a pas pu. Plus tard, c’est grâce encore à l’imprimerie que les philosophes des lumiéres pourront faire connaitre leurs idées et que nous aurons la révolution, le régicide et la fin des priviléges du clergé.

    Si vous aviez annoncé tout cela à Mr Gutemberg le jour ou il a inventé son imprimerie, il aurait surement été trés triste. La morale de cette histoire, c’est que Mr Gutemberg n’a personellement soumis personne à son invention. Mais le monde s’est soumis de lui même à cette nouvelle donne.

    Et il en est de même pour tous ceux qui travaillent dans les nouvelles technologies actuellement, nous créons beaucoup de choses, nous en ignorons complétement les conséquences réelles qui sont souvent avec le recul trés différentes de celles que l’on imaginait au premier abord. Parfois on est agréablement surpris, parfois on est triste. C’est ainsi.

    Neil Postman a écrit en 1979 : " Change the form of information, or its quantity, or speed, or direction, or accessibility, and some monopoly will be broken, some ideology threatened, some pattern of authority will find itself without a foundation. We might say that the most potent revolutionaries are those people who invent new media of communication, although typically they are not aware of what they are doing." (Je ne me risquerai pas à massacrer cette phrase en la traduisant de façon maladroite)

    Et c’est justement de cela qu’il s’agit.

    >>>>>>>>>> D’ailleurs, dans votre présentation vous avez écrit : « intérésse » au lieu de « intéresse » ; et « particuliérement » au lieu de « particulèrement ». Vous ne trouvez pas que ça fait beaucoup de fautes en si peu de mots, pour en dire des leçons aux auteurs ? <<<<<<<<<<

    Pardon, Maitre Capello... Alors rupture de sujet quand on a plus rien à dire afin de distraire l’attention. La le lecteur se dit, c’est vrai le salaud, il écrit comme une merde ! Et hop, centre de Ribéry et on passe à la suite !

    >>>>>>>>>> C’est invraisemblable, tous ces matheux qui n’ont jamais écrit une dissertation. Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde, en ignorant les sciences humaines. <<<<<<<<<<

    Excellent ! Donc suite au centre de Ribéry, Demian nous tente un tir et .... sur la barre !

    Donc on décortique l’action... Un « C’est invraissemblable » de liaison pour atirer l’attention du lecteur, suivi d’une définition « tous ces matheux ». Donc la on a compris je fais partie des méchants et les méchants c’est les matheux. Cool. Remarquez jusque la remplacez matheux par n’importe quelle autre profession ou catégorie sociale et ca marche. Par exemple, rempacez Matheux par Communiste ca marche aussi. Une fois l’ennemi défini, on tente un tacle grossier avec le « qui n’ont jamais écrit une dissertation ». Gros mais ca marche toujours. Cela permet également de définir pourquoi les matheux sont les ennemis. Parce qu’ils sont vils, ce sont des tanches de l’écriture ! ! ! Et la aussi c’est remplacable ! Si on reprend notre communiste d’exemple on pourra dire « qui n’ont jamais dirigés une boite du CAC 40 ». Pof, tacle réutilisable en dehors de tout contexte.

    « Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde » : Ah oui, le Matheux en plus d’être vil et complétement inutile vu qu’il sait pas faire une dissert’ c’est un gros méchant ! Les salauds, ils voudraient mettre en ordre le monde... Ca m’rappelle ma mére quand elle me demandait de ranger ma chambre... Ah putain salauds de matheux ! Et la, on notera que cette phrase est trop bien parce qu’il n’y a pas besoin de la changer. Pour le communiste la même phrase fonctionne. Mais ca marche aussi pour les curés, les gosses, les minorités ethniques, les étrangers, enfin bref tout ce qu’on a décidé arbitrairement de ne pas aimer !

    « en ignorant les sciences humaines » : Ah ben oui, dans le jeu de l’opposition sciences dures, sciences molles, le vil matheux ne peut être opposé qu’aux sciences humaines. Euh au moins, c’est pas des PD ils savent faire une dissert’. Donc la, hein toujours pareil, prenez un truc que le premier sait pas faire et le second sait faire.

    Bon allez je m’en fait quelques unes : C’est invraisemblable, tous ces communistes qui n’ont jamais dirigé une boite du Cac ! Et qu’ils voudraient mettre en ordre le monde, en ignorant les actionnaires !

    C’est invraissemblable, tous ces littéraires qui n’ont jamais résolu une intégrale ! Et dire qu’ils voudraient mettre en ordre le monde en ignorant la réalité mathématique des choses.

    Allez une p’tite derniére pour la route : C’est invraissemblable, tous ces chinois qui n’ont jamais mangés avec une fourchette ! Et dire qu’ils voudraient mettre en ordre le monde en ignorant les bonnes moeurs occidentales !

    Allez hop, je peux rajouter ca à mon pipotron.php, ca m’en fait une de plus, circulez m’ssieurs dames ! ! !



  • Marc Bruxman 7 juin 2007 00:09

    Oui clairement, le droit d’auteur est d’une telle lourdeur administrative qu’il est impossible de créer légalement ou alors il faut engraisser des non-productifs (des avocats) qui font eux même partie de la lourde infrastructure à trainer.

    Supprimer les demandes d’autorisations serait déja bien. Et obliger les gens à indiquer clairement qui et ou payer (par exemple dans le générique de l’émission) serait encore mieux.

    Sans ca le piratage continuera à marcher trés fort.



  • Marc Bruxman 5 juin 2007 23:34

    Oui tout à fait j’aurais d’ailleurs du en parler dans mon article (merci de l’avoir fait). La créative commons tente d’apporter au monde de l’art la même chose que la GPL a apporté au monde du logiciel. Une licence se basant sur le droit d’auteur mais l’assouplissant suffisamment pour l’adapter au monde moderne.



  • Marc Bruxman 5 juin 2007 23:04

    Merci à tous pour vos réponses !

    Pour ceux qui font remarquer que le droit d’auteur est inaliénable, c’est vrai en France mais pas partout. Dans de nombreux pays, un auteur peut céder ses droits à sa maison de production. (Si son contrat le prévoit). Et je suis donc parti du cas « général ».

    Pour ce qui est des sites de téléchargement légal, leur principal défaut est qu’il ne fournissent pas de service. La plupart des sites n’offrent pas de valeur ajoutée par rapport a Kazaa. Et vu la façon dont ils rémunérent les artistes (quelques centimes), cela ne vaut pas la peine de s’en servir. J’ai par contre acheté souvent sur un petit site spécialisé dans les musiques éléctroniques (www.dance-tunes.com) tout simplement parce qu’il m’a fournit un service trés spécialisé par rapport aux musiques que j’aimais. Un truc tout bête, lorsque j’avais la tracklist d’un mix techno, je pouvais utiliser l’écoute de ce site gratuitement pour me représenter le mix. Et j’ai du coup fini par acheter des MP3 (sans DRM) chez eux.

    Outre être spécialisé dans un domaine (je cherche encore un site de musique en ligne spécialisé dans le Jazz) ces sites peuvent proposer des services de suggestion (vous avez aimé ... vous aimerez), permettre une écoute gratuite de toutes les nouveautés pendant deux mois (pour découvrir de nouveaux artistes). Bref, il doivent justement déployer une véritable infrastructure qui les rendra indispensables. Et ce faisant ils sauvegarderont le droit d’auteur pour quelque temps...

    Pour ce qui est du temps passé par l’auteur lui même, la nécéssité d’abandonner son travail, je ne nie pas ce point. Je dis juste que c’est souvent financable par d’autres biais que le droit d’auteur. Je citais les concerts pour la musique entre autres... Et bien 10 Euros la place * 200 places par exemple, cela fait 2000 Euros de recettes. De quoi se faire un bon salaire (une fois les frais payés) en fin de mois. Bien sur cela restera un métier difficile et beaucoup de ceux qui tentent n’y arriveront pas. Mais c’est déja le cas. Combien d’écrivains sans éditeur et de zicos sans producteurs ?



  • Marc Bruxman 5 juin 2007 22:48

    «  »« Les articles présents réduisent le droit d’auteur à la musique et fausse ce débat sur un principe d’ordre général. Les peintres, sculpteurs, plasticiens, cinéastes, poètes, romanciers, plasticiens, graphistes, illustrateurs, designers, stylistes, photographes, inventeurs et créateurs de toutes disciplines se condamneraient à l’extinction en acceptant l’utilisation, la transformation, le détournement de leur travail sans rémunération. »«  »"

    J’ai bien abordé le probléme des autres domaines comme les romanciers (liée à l’imprimerie) mais effectivement traiter le probléme en détail eut nécéssité un article beaucoup plus long. Ce qui sortirait du cadre d’Agoravox.

    Mais pour les cinéastes par exemple le probléme est le même. Longtemps, le simple fait technique de réaliser le film puis diffuser les bobines (une bobine de ciné c’est trés cher) ont fait du cinéma un des domaines les plus dépendents d’une infrastructure lourde. Aujourd’hui, on peut faire un film avec des moyens légers et le projecteur numérique va permettre de le diffuser sans pour autant avoir besoin de bobine physique. Pour le coup, les cinéastes vont être les prochains à se cogner au probléme.

    Pour ce qui est des arts comme la sculpture ou la peinture, l’objet physique et le travail en lui même a un certain prix. Et le cout d’infrastructure est quasi nul. Pour ce qui est par contre des reproductions des oeuvres dans les livres, ou a la télé il risque d’être plus difficile de lutter contre.

    « Il s’agit là d’une nécessité de survie économique et plus encore d’un problème de simple respect. Longtemps encore copier, plagier, modifier, utiliser une œuvre intellectuelle sans les droits afférents sera considéré par le législateur comme de la contrefaçon. »

    De survie économique non. Le modéle changera car si il n’y a pas de survie économique, il n’y a plus de création. (Je pense que nous sommes d’accord la dessus). Cela va certainement tanguer violamment dans les prochaines années, mais le travail en lui même restera rémunéré. Mais il faut bien se rendre compte des défauts suivants dans le système des droits d’auteurs :

    - Rémunération abusivement longue. X années aprés la mort, c’est largement trop. Et il n’y a rien qui puisse justifier un reversement de thune lorsque quelqu’un est mort, vu qu’il ne travaille plus. Les héritiers toucheront l’argent accumulé pendant sa vie ce qui est déja beaucoup. Une oeuvre devrait obligatoirement tomber dans le domaine public aprés la mort de son auteur. - La demande d’autorisation avant toute exploitation. Non, je ne vois pas pourquoi je demanderai l’autorisation de la SACEM et de l’auteur avant de remixer un disque. Payer des droits je n’y suis pas opposé, passer par un processus communiste de demande d’autorisation c’est dépassé.

    «  »« Photographe publicitaire mon travail fait connaître des produits, dope les ventes, fait gagner de l’argent à mon client direct : l’agence de pub et à son annonceur . Il n’est que justice que mes gains croissent en fonction de l’étendue dans le temps et dans l’espace de l’usage qu’il est fait de mes œuvres. »«  »

    Oui c’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle dans ma boite, on fait appel à des freelances situés dans divers pays du monde (Pas forcément dans des pays à bas cout de salaires, même si on ne s’en prive pas sur certains projets, mais pour d’autres on va chercher aux US). Tout ca justement, pour ne pas avoir à s’enmerder avec des problémes juridique. On paye une flat fee, le gars qui a fait le boulot en vit bien et globalement ils bossent bien si ils sont managés par un créa qui connait bien la culture du pays de destination. Comme tu vois, plus de droit d’auteur, mais pas abscence de rémunération pour l’artiste qui fait le boulot.

    Maintenant ce que tu demandes (rémunération en fonction de l’utilisation) n’est pas forcément dépendent du droit d’auteur. Cela pourrait tout simplement être défini de façon contractuelle en toi et ton client.

    Par ailleurs le probléme de la photographie me rappelle le coup des photos pendant les concerts et le cas d’une (trés grosse) société d’organisation d’événements néerlandaise. Ces derniers ont tentés pendent des années d’interdire l’utilisation d’appareils photos pendant leurs soirées techno (de gros événements qui rassemblaient plus de 40 000 personnes dans divers stades des pays-bas). Ils vendaient même des Kodak Fun dans l’enceinte des stades avec les droits pré-réglés. Un non sens. Et bien ils ont fini par faire marche arriére grâce aux téléphones portables avec photo et aux gens qui rentraient des APN dans leur calecons. Les incidents de plus en plus répétés à l’entrée des stades ont fait que la sécurité a fini par jeter l’éponge. Et bien aujourd’hui, cette société existe toujours, est trés rentable et encourage même ses spectateurs à photographier puis à poster les photos sur son site web. Mieux ils se sont appercus qu’ils fesaient plus d’argent comme cela (grace à la pub google) que ce qu’ils fesaient avants avec leurs kodak funs. Logique, les 40 000 présents veulent voir des photos de la soirée dés le lendemain ! Que du benef ! Et ils continuent également à payer des photographes pros pour garder la mémoire des événements...

    «  »"Je ne vois aucune raison de confisquer ce droit indispensable à une catégorie particulière tel que les musiciens

    Non le copyright n’est pas mort.«  »"

    Je n’ai en soi pas parlé de le confisquer. J’ai juste évoqué la possibilité que ce droit soit obsoléte. Auquel cas il mourrera de mort naturelle.

    D’ailleurs note que je travaille dans l’informatique et que nous sommes également trés affectés par la fin du droit d’auteur comme on le connaissait. Le logiciel libre même si il se base sur le droit d’auteur a boulversé le marché du logiciel. Mais bien que je vive de ce métier, cela a juste transformé mon boulot. Je suis même payé pour écrire du logiciel libre ! (Qui sera donc diffusé gratuitement ensuite). Et le tout c’est passé exactement comme dans l’article, ce n’est pas les programmeurs qui ont souffert du logiciel libre, mais toute l’infrastructure qui était autour (service marketing pléthorique, management, tout ce qui n’était pas productif a été réduit a peau de chagrin et les programmeurs continuent de programmer !).

    Bref, don’t panic, le droit d’auteur est en train de disparaitre, mais cela ne sera pas un drame ! (Comme j’espére ces quelques exemples l’ont montrés).

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