Je n’ai pas parlé de « raison d’Etat » mais bien de « l’intérêt de l’Etat ».
L’Etat, c’est vous, c’est moi. Et le premier intérêt de l’Etat c’est celui que nous y trouvons pour vouloir y vivre, y rester.
Le premier intérêt de l’Etat, c’est le vouloir vivre ensemble sur un même territoire. Et cela, c’est notre quotidien.
Mais l’intérêt de l’Etat c’est aussi sa souveraineté. Et ceux qui nous représentent (qui gouvernent) ont une très fâcheuse tendance non pas à l’abandonner mais bien à la dissoudre depuis Pompidou. Avec notamment la fabrication artificielle de la dette française pour justifier la « privatisation » (le vol) de nos biens communs publics (d’abord par la délégation de services publics puis par la privatisation) et privés (destruction de notre industrie par vente de nos brevets de fabrication et délocalisations des structures de fabrication à l’étranger).
L’abandon de notre souveraineté c’est aussi la ratification d’un traite refusé par les Français.
L’abandon de notre souveraineté c’est aussi la constitution européenne conçue notamment par un ancien président français. Avec bien sûr, des lois cadres interdisant toute harmonisation sociale pour mettre en selle un cheval de Troie de taille : le dumping social qui va nous déverser maintenant des hordes de « travailleurs » bulgares et autres.
Ceci pour vous dire que « l’intérêt de l’Etat » c’est aussi « vouloir agir ensemble » pour nous préserver de ces politiques assassines.
Dieudonné n’a pas voulu entendre le message qui lui a été envoyé à plusieurs reprises par la Justice.
Il est aujourd’hui face à un ultimatum. Je me bornerai donc à reprendre votre médiocre métaphore : non seulement il va nettoyer les toilettes avant de sortir mais je pense, plus probablement, qu’il va les lécher de gré ou de force jusqu’à ce qu’elles soient nickels.
Petite explication du concept de laïcité à Marmor qui semble, au sens culturel, extrêmement démuni.
La laîcité c’est le respect, l’acceptation de toutes les religions. Il n’y a pas de camp. C’est comme cela que ce doit être depuis la séparation de l’Eglise et de l’Etat en 1905. Soit plus de cent ans. Il n’y a pas de religion d’Etat. Toutes les religions ont droit de cité.
On ne demande pas à un catholique d’aller prier dans un temple protestant. On ne vous demande pas d’aller prier dans une église. Vous êtes prié d’aller prier où ça vous chante.
En allant prier à la Mosquée, les fesses en l’air sur votre tapis, vous respectez parfaitement l’article premier de notre Constitution.
« Son
spectacle de 2010 Mahmoud ainsi intitulé en l’honneur du
président Ahmadinedjad qui l’a reçu personnellement,
laisse une large place aux attaques envers les Juifs et
pose à nouveau la question de son antisémitisme...
En
Belgique
ses spectacles
sont interdits
à
répétition pour cause d’incitation à la haine
raciale, car estimés contraires aux lois belges sur ce point.
Un spectacle fut même interrompu par la police à
Bruxelles en mai 2012. Au Québec
son spectacle est également interdit
en
2012 pour les mêmes motifs. » Extrait
de la fiche Wikipédia de Dieudonné.
Peut-on encore parler, à
propos de Dieudonné, de One Man Show ou
bien requalifier son
« spectacle » de Djihad « terme
arabe signifiant exercer
une force »
?
Dieudonné est français
et n’ignore donc pas (car nul n’est censé ignorer la loi) que
notre république a, pour l’un de ses piliers fondateurs, la
laïcité inscrite dans sa loi constitutionnelle (article
premier). Nous ne sommes donc plus dans le domaine de la loi
ordinaire.
Après
plusieurs condamnations prononcées contre lui, Dieudonné
a eu tout le temps nécessaire à la réflexion
pour, à défaut de respecter une partie de ses
concitoyens, faire publiquement amende honorable en réajustant
ses propos. En résumé : se mettre en conformité
avec la loi ou bien se taire.
La
liberté d’expression s’arrête là où
commence l’intérêt de l’Etat.
Avant
d’aller plus loin, il y a une chose que vous devez savoir : c’est que
vous vous trompez de terrain juridique. La clé de l’histoire
tient à une subtilité juridique, en effet, relative au
changement de statut des bouquetins du massif du Bargy. Vous ne
pouvez pas le savoir si vous n’avez pas fait de droit. Voici ce qu’il
en est.
De
Capra
ibex, avec
le statut d’espèce protégée du massif du Bargy
de Haute-Savoie, les bouquetins ont, malheureusement pour eux,
endossé un autre statut juridique : celui d’un risque
sanitaire majeur car porteurs de la brucellose qui est
une « maladie,
due aux bactéries zoonotiques du genre Brucella (hormis
Brucella ovis), un micro-organisme classé dans le groupe III
de risque biologique pour l’Homme ou l’animal (échelle de
I, niveau de risque le plus faible, à IV, niveau de risque le
plus élevé) et est inscrite sur la liste des agents
potentiels de bioterrorisme. » Avis
Anses du
4
septembre 2013 - Saisine
n° « 2013-SA-0129 – page 15
Ce
n’est donc pas juridiquement à l’abattage des bouquetins du
massif du Bargy (même si le bouquetin n’a jamais perdu son
statut d’espèce protégée) que le préfet a
fait procéder mais à l’éradication (enfin,
tentative car il aurait fallu vider entièrement le massif de
TOUS les bouquetins avec vide sanitaire) de la brucellose.
Et
ce sont 35 agents de l’ONCFS qui ont été chargés
des tirs ciblés.
Vous
n’ignorez pas que le préfet est le représentant de
l’Etat dans le département et qu’il a des missions à
remplir et notamment :
« Veiller
au maintien de l’ordre
public et
à la sécurité des
personnes et des biens. Le préfet a pour charge d’assurer la
sécurité de ses concitoyens, notamment en traitant les
situations d’urgence, en établissant des plans de protection
des populations contre les catastrophes naturelles et les risques
technologiques (tel que les problèmes pouvant survenir dans
une usine chimique par exemple).
Veiller
à la santé environnementale de son département
en contrôlant l’installation des industries dangereuses ou
polluantes et la délivrance des permis
de construire (bien
qu’il n’en ait pas la charge exclusive). Il doit veiller aussi
au respect du patrimoine culturel
du département et protéger lesmonuments
historiques et
les sites remarquables.