Le
11 septembre 2013, soit 7 jours après l’Anses dont il prend en
compte son rapport 2013-SA-0129 en date du 30 août où
aucune solution exposée n’est retenue, le Conseil national
pour la protection de la nature (CNPN) rend, à son tour, son
avis au sujet des bouquetins.
Avis
dU CNPN sur une demande de dérogation portant sur une espèce
soumise au titre 1er du livre IV du code de l’environnement
Commission
Faune du 11 septembre 2013
Avis
sur la demande d’abattage des bouquetins du massif du Bargy du 12
septembre 2013
Avis
défaborable pour l’abattage total
Avis
favorable pour un abattage partiel selon les conditions
définies dans l’avis ci-joint.
Compte
tenu du rapport de l’ANSES n° 2013-SA-0129 en date du 30 août
2013...si l’éradication du foyer de
brucellose chez les bouquetins des alpes dans le massif du Bargy
s’avère indispensable, elle n’a nullement besoin d’être
réalisée dans l’urgence...
Deux
options ont été envisagées et étudiées
...
d’une
part, l’abattage total des animaux de plus de cinq ans car il
semblerait que ce soit eux qui soient les plus affectés par la
maladie, les femelles notamment....
d’autre
part, l’abattage des seuls animaux séropositifs...c’est cette
solution qui a été retenue par les membres de la
commission...
Il
avait été envisagé, en parallèle à
l’abattage des animaux contaminés, la vaccination des jeunes
bouquetins séronégatifs. Au fil de la discussion, il
s’est avéré que cette vaccination à l’aide du
vaccin vivant Rev1 n’était pas envisageable dans l’immédiat...
Les
experts du CNPN reprennent les préconisations de l’ANSES et
retiennent l’option de l’abattage partiel des seuls animaux
séropositifs. En repoussant obligatoirement l’option de la
vaccination des jeunes bouquetins séronégatifs.
Ces
experts rendent bien un avis favorable pour un abattage d’une espèce
protégée.
D’autre
part, le ministère de l’Ecologie, du Développement
durable et de l’Energie est bien co-auteur d’une saisine de l’ANSES :
« Le
ministère de l’écologie, du développement
durable et
de l’énergie et le ministère de l’agriculture de
l’agroalimentaire et de la forêt proposent
un protocole d’abattage des bouquetins dans
le but de : « Maîtriser la brucellose
dans la faune sauvage en Haute-Savoie où le bouquetin semble
jouer le rôle de réservoir primaire pour
abaisser significativement le risque de transmission aux animaux
domestiques notamment sur le massif du Bargy,
et cela dès le début de l’automne, mais
aussi pour protéger les autres massifs et maîtriser
le risque de décantonnement ».
Les
opérations d’abattage sont prévues de la façon
suivante :
1.
« Opérations « flash » (sur un temps court,
5-20 jours maximum) avec pour objectif l’abattage d’un maximum
d’animaux (de 80 à 95%) avec des agents en poste sur les
zones de transit identifiées suite aux études
populationnelles pour éviter les fuites vers les autres
massifs »
2.
« Phase de surveillance jusqu’à l’hiver pour
éliminer les derniers bouquetins.
Les
questions posées à l’Anses, au regard de ce
protocole, sont :
1.
« Ces opérations d’abattage ainsi menées
seront-elles efficaces et permettront-elles d’atteindre l’objectif
recherché ? »
2.
« Au regard des résultats dont on dispose, pourrait-on
définir une typologie d’animaux les plus à risque
d’infection et consécutivement orienter l’abattage
sélectif de ces animaux ? Cette alternative à
l’abattage total apporterait-elle les mêmes garanties ? »
3.
« Hormis l’abattage total et l’abattage sélectif,
d’autres solutions alternatives à ces scénarii
permettraient-elles une maîtrise égale, sinon meilleure,
de la maladie, de sorte que la population de bouquetins du massif du
Bargy ne constitue plus une menace pour la santé publique et
pour les cheptels domestiques ? »
Enfin,
il existe bien,
émanant de la préfecture de Haute-Savoie et reçus
le 19 juillet 2013, la lettre et le dossier de « demande d’avis
au CNPN relatif à une autorisation d’abattage des bouquetins
du massif du Bargy (74)
préalable à une réintroduction de l’espèce,
dans l’intérêt de la santé et de la sécurité
publiques, pour prévenir des dommages importants à
l’élevage, pour des raisons économiques majeures et
pour assainir l’enzootie de brucellose au sein de cette
population ».
Monsieur
Stelvio, arrêtez de raconter n’importe quoi. Rien ne pouvait
sauver les bouquetins du massif du Bargy.
En
effet :
« l’abattage
ciblé de tous les individus âgés de plus de 5
ans...
pour
aboutir à un résultat équivalent à la
1ère option. »
La
première option étant :
« l’abattage
massif aléatoire avec un objectif d’élimination
des bouquetins (selon la définition des experts et non de la
saisine).
Dans
la saisine il est question d’« Opérations « flash
» (sur un temps court, 5-20 jours maximum) avec pour objectif
l’abattage d’un maximum d’animaux (de 80 à 95%)....
Les
experts proposent une seconde lecture à l’intitulé
de la saisine :
«
Une opération « flash » d’abattage massif ayant
pour objectif l’abattage de 80 à 95% de la population de
bouquetins suivie d’opérations d’abattage des bouquetins
restants qui seront stoppées lorsque aucun bouquetin ne sera
plus visible ou lorsque aucun bouquetin brucellique n’aura été
dépisté pendant un certain temps. » Cette
deuxième version paraît plus réaliste aux experts
qui précisent ainsi que l’objectif ne serait atteint
qu’après un délai bien supérieur à
quelques semaines... »
Enfin,
il n’y avait pas de solution alternative avec la vaccination
impossible à envisager ou des mesures de biosécurité
extrêmement contraignantes et difficiles à appliquer.
Car
il semblerait que la harde était engagée dans un quasi
processus d’extinction.
population
: entre 300 et 500 individus
L’ONCFS
estime, d’après ces comptages, que le massif compte au
minimum 300 bouquetins et que ce chiffre est très
probablement une sous-estimation...
Des
méthodes de comptage plus complexes, notamment basées
sur la fréquence d’observation d’individus marqués
(techniques de capture-marquage-recapture) donnent des chiffres plus
variables et plus élevés. Ces estimations seraient
plus proches de 450 à 500 individus. (avis de l’Anses -
annexe 1 - Page 40)
population
âgée et performances reproductives très basses
« Le
suivi de la population de bouquetins du massif du Bargy a permis de
dégager les éléments suivants pour l’année
2013 :
− une
population âgée, avec pour les mâles
68% d’individus de plus de 5 ans, 14% d’individus de 4 et 5 ans
et 16% d’individus de 2 et 3 ans ;
− un
succès de reproduction apparemment très faible :
un maximum de 16% de femelles observées était suitées.
Ces
éléments sembleraient indiquer que la population de
bouquetins du Bargy est âgée et que ses performances
reproductives sont très basses. A titre de comparaison, le
taux de femelles suitées dans d’autres populations alpines
est plus proche, également en 2013, de 30% (32% en Belledonne,
36% en Vanoise). » (avis
de l’Anses - annexe 1 - pages
40 et 41)
prévalence
de la brucellose à 38 % et atteignant même 73% chez les
femelles de 6 ans et plus
La
séroprévalence apparente des bouquetins du massif du
Bargy semble très élevée (de l’ordre de 38%)
et touche toutes les classes d’âge de 2 à 15 ans.
Toutefois, la classe d’âge la plus touchée semble être
celle des animaux de 6 ans et plus.
Les
femelles semblent plus touchées que les mâles (47%
versus 24%) et il semble y avoir un effet cumulatif de l’âge
Femelles,
5 ans et moins : séropositif s : 2 - effectif total : 16 –
prévalence de l’échantillon : 12%
Femelles,
6 ans et plus : séropositif s : 16 - effectif total : 22 –
prévalence de l’échantillon : 73%
AVIS
de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de
l’alimentation, de l’environnement et du travail relatif aux
« mesures à prendre sur les bouquetins pour lutter contre
la brucellose sur le massif du Bargy, Haute-Savoie »
Avis
de l’Anses du 4 septembre 2013
Saisine
n° « 2013-SA-0129 »
L’Anses
a été saisie le 9 juillet 2013 par le
ministère chargé de l’Agriculture
et le ministère
chargé
de l’Ecologie pour la réalisation de l’expertise suivante
: saisine
relative aux mesures à prendre pour les bouquetins pour lutter
contre la brucellose sur le massif du Bargy, Haute Savoie.
la
présente saisine en urgence
Le
ministère de l’écologie, du développement
durable et de l’énergie et le ministère de
l’agriculture
de l’agroalimentaire et de la forêt proposent un protocole
d’abattage des
bouquetins
dans
le but de : «
Maîtriser la brucellose dans la faune sauvage en
Haute-Savoie où le bouquetin semble jouer le rôle de
réservoir primaire pour abaisser significativement
le risque de transmission aux animaux domestiques notamment
sur le massif du Bargy, et cela dès le début de
l’automne, mais aussi pour protéger les autres
massifs et maîtriser le risque de décantonnement ».
L’expertise
collective a été réalisée par le groupe
d’expertise collective d’urgence (GECU)
«
Brucellose bouquetin Bargy », multidisciplinaire, regroupant des
compétences complémentaires : épidémiologie
et analyse de risque, biologie du bouquetin et de la faune sauvage de
montagne, maladies de la faune sauvage, microbiologie, brucellose à
Brucella melitensis, méthodes de diagnostic, méthodes
de lutte contre les maladies infectieuses.
Le
GECU a disposé de plusieurs documents liés au foyer de
brucellose du massif du Bargy (Et
notamment) :
_
la lettre et le dossier de « demande d’avis au CNPN relatif à
une autorisation d’abattage des bouquetins du massif du Bargy (74)
préalable à une réintroduction de l’espèce,
dans l’intérêt de la santé et de la sécurité
publiques, pour prévenir des dommages importants à
l’élevage, pour des raisons économiques majeures et
pour assainir l’enzootie de brucellose au sein de cette population
»,
émanant de la préfecture de Haute-Savoie, reçus
le 19 juillet 2013 ;
Le
suivi de la population de bouquetins du massif du Bargy a permis de
dégager les éléments suivants pour l’année
2013 :
− une
population âgée, avec pour les mâles
68% d’individus de plus de 5 ans, 14% d’individus de 4 et 5 ans
et 16% d’individus de 2 et 3 ans ;
− un
succès de reproduction apparemment très faible :
un maximum de 16% de femelles observées était suitées.
Ces
éléments sembleraient indiquer que la population de
bouquetins du Bargy est âgée et que ses performances
reproductives sont très basses. A titre de comparaison, le
taux de femelles suitées dans d’autres populations alpines
est plus proche, également en 2013, de 30% (32% en Belledonne,
36% en Vanoise).
Il
est cependant difficile d’interpréter la dynamique de cette
population. Les auditions n’ont pas permis de dégager de
jugement majoritaire permettant d’expliquer cette situation.
La
séroprévalence apparente des bouquetins du massif du
Bargy semble très élevée (de l’ordre de 38%)
et touche toutes les classes d’âge de 2 à 15 ans.
Toutefois, la classe
d’âge la plus touchée semble être celle des
animaux de 6 ans et plus.
Les
femelles semblent plus touchées que les mâles (47%
versus 24%) et il semble y avoir un effet cumulatif de
l’âge
Sur
la base seule des résultats de séroprévalence,
un abattage ciblé sur certaines classes d’âge peut
s’envisager, notamment celle des animaux de plus de 5 ans (mâles
et femelles) pour laquelle la séroprévalence apparente
est proche de 55% (contre 15% chez les bouquetins de moins
de 5 ans).
L’abattage
ciblé laissera intacte une partie de la population qui
comprend des animaux infectés,
certes en moindre proportion (15% des animaux de moins de 5 ans sont
séropositifs).
Conclusions
et recommandations des experts
En
préambule, les
experts s’interrogent sur la réalité de l’urgence
Pour
atteindre l’objectif, fixé dans la saisine, de réduction
rapide et significative du risque de transmission du réservoir
constitué par la population de bouquetins aux cheptels
domestiques, les experts s’accordentsur la nécessité
de réduire de façon importante et rapide la taille du
réservoir par des abattages envisagés par le GECU
selon deux modalités :
-
l’abattage massif aléatoire avec un objectif
d’élimination des bouquetins (selon la définition des
experts et non de la saisine) ;
−
l’abattage
ciblé de tous les individus âgés de plus de 5
ans. Néanmoins cette option aurait un impact
important sur la dynamique de la population restante, dont une
fraction est infectée.
L’évolution
de l’infection dans un tel cadre est imprévisible et
nécessiterait un suivi sanitaire et populationnel,
voire d’autres mesures de maîtrise
pour aboutir à un résultat équivalent à
la 1ère option.Les experts n’ont pas disposé de suffisamment de
temps pour évaluer tous les scénarios possibles. Ils en
ont toutefois envisagé deux : un abattage sanitaire
(séropositifs et suspects cliniques) des jeunes animaux
restant ; des campagnes de vaccination, selon des modalités
qui resteraient à définir
Les
experts ne peuvent, dans l’état
actuel des connaissances et compte tenu du délai imparti,
estimersi
une de ces méthodes sera plus efficace que l’autre pour
maîtriser le risque de transmission de la brucellose des
bouquetins aux cheptels domestiques
CONCLUSIONS
ET RECOMMANDATIONS DE L’AGENCE
L’Agence
nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de
l’environnement et du travail endosse les conclusions de son
groupe d’expertise collective d’urgence.
Les experts, VOS experts font partie de ces fédérations, associations, ligues de protection des animaux. Prétendre encore aujourd’hui qu’avec 35% de bouquetins touchés par la brucellose il n’y avait pas lieu de s’inquiéter, le bilan de vos expertises est vite fait : à ce stade-là ce n’est plus de l’incompétence mais une clownerie. Vous devriez vous faire embaucher dans un cirque : les enfants sont bon public.
Il est évident que les Ligue, Fédération, Association de protection des animaux ne peuvent que se ranger à votre côté. Ce qui devait être protégé, les bouquetins en ce qui vous occupe, ne l’a pas été. Paradoxalement. Le jusqu’au boutisme de cette protection s’est retourné contre l’animal et de façon vraiment terrible. Il est trop tard.
Vous êtes furieux de vous être fait courcircuiter. Mais le contenu et les limites, également, de la protection de l’animal sont-ils vraiment clairs dans votre esprit ? Fallait-il attendre que les chamois tombent aussi comme des mouches pour réagir ? Fallait-il attendre que les agriculteurs de montagne perdent leur label ? Fallait-il donc attendre d’autres cas de brucellose dans la population ?
Vous avez un coup de retard. Actuellement, il faudrait prévoir un peu de fourrage pour que les petits bouquetins passent l’hiver ???
Cela, c’est ce que VOUS racontez et ce n’est pas conforme à la réalité. Il est bien question des différents quartiers saisonniers des bouquetins et de corridors de passage. Ce que vous vous abstenez bien de signaler. Votre dossier étant tronqué d’informations majeures et orienté, il est évident que la suspicion à votre endroit ne peut que vous discréditer et condamner particulièrement votre action indélicate dans le recueil de signatures que vous auriez obtenues par le biais de la manipulation.
Faire un procès d’intention et jeter une personne en pâture à l’opinion publique, c’est bien de la diffamation. Personne n’est au-dessus des lois. Ni le préfet dans ses missions. Ni même vous. Ne n’oubliez pas.
Enfin, pour conclure, je vais vous donner mon sentiment intime : ne me dites pas que les écolos du coin se seraient « amusés » à rabattre les bouquetins d’un massif à l’autre, histoire qu’ils ne soient pas détectés séropositifs ?