« [...] la République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses »
« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, [...] »
« Cela dit, comme je l’ai dit précédement, tout investisseur est un spéculateur. »
on est d’accord
« Ce sont les investisseurs moyens termes, ceux qui espèrent obtenir +30% sur un titre, qui génèrent des bulles. Les courts termistes s’en fichent, des bulles. Pire, ils préfèrent les crises (volatilité plus élevée, donc plus de mouvements possibles). »
Les « courts termistes » seraient des gens qui prennent le train en marche pour profiter de l’instabilité du marché, sans prendre part aux décisions des entreprises. Je suis d’accord, mais je pense qu’ils parasitent aussi le système, différemment des « longs termistes » trop gourmands qui ont tendance à tirer les salaires vers le bas.
Et je distinguerais au moins 2 types : ceux qui s’y connaissent et qui gagnent beaucoup d’argent avec et ceux qui ne s’y connaissent pas et qui espèrent mettre un peu de beurre dans les épinards (monsieurs tout le monde). Je ne m’y connais pas grande chose mais je soupçonne ces derniers d’être les dindons de la farce, étant plus susceptibles de vendre et d’acheter au mauvais moment, croyant naîvement aux « experts » de la bourse qui prodiguent de bons conseils.
Effectivement, je ne pense pas qu’on soit fondamentalement en désaccord, même sur le dernier point évoqué.
Enfin, je ne pense pas que le marché doit être « morale » (non pas que je ne le souhaite pas, ce serait biensûr l’idéal mais autant exiger à tous d’être généreux !) mais il doit être efficace, c’est à dire, in fine, permettre à un maximum de personnes de vivre (de travailler, d’avoir un revenu, de consommer).
Les gens qui visent le profit rapide jouent contre le système puisque qu’ils ont tendance à détruire le potentiel du marché (en freinant les investissements, la R&D, les salaires et donc le pouvoir d’achat des clients), ils contribuent donc à l’ineffacité du système. Je pense donc qu’un libéral-capitaliste authentique (qui voudrait que le système perdure et fonctionne efficament) critiquerait vivement les abus du système.
Biensûr, quand on n’est pas d’accord avec vous, c’est forcément parce qu’on ne comprend rien, comme par exemple Michel Aglietta (professeur de sciences économiques à l’Université Paris X, conseiller scientifique au CEPII, membre de l’Institut universitaire de France et consultant à Groupama-AM, membre du Cercle des économistes, membre du Conseil d’analyse économique auprès du Premier ministre) qui dénonçait les effets pervers de la pression actionnariale dans « Désordres dans le capitalisme mondial », M Aglietta est sans doute un gauchiste.
Ah si, j’ai un livret A mais au risque de vous surprendre, je ne savais pas que l’argent de ce livret était géré par la banque ainsi. A vrai dire, je ne me suis jamais intéressé aux placements bancaires, l’idée de gagner de l’argent sans rien faire, en pariant (parce qu’on peut perdre aussi à ce jeu là !) me paraît pas très sain intuitivement mais je tiens à préciser que je me considére comme un libéral (sauf pour les secteurs vitaux comme l’alimentation, la santé et l’énergie) et je considère le capitalisme comme nécessaire. Cependant, je suis convaincu que ces systèmes ont besoin sans cesse d’être régulés et réglementés.
Je reconnais que je réagis assez brutalement aux commentaires comme ceux de Black Ader/NPM (et vous en avez malheureusement fait les frais puisqu’il me semblait que vous étiez d’accord avec lui) mais ils sont tellement extrémistes que ce sont des caricatures.
Pour en revenir au sujet, avec mes maigres connaissances en la matière, je suis d’avis que ce serait aux banques de financer entièrement les entreprises pour éviter les décisions irrationelles dues à la spéculation, et un actionnaire n’a pas forcément les connaissances nécessaires pour juger ce qu’il est bon de faire ou non pour la santé des entreprises (licencier ? investir ? temporiser ?), je précise que je pars du principe que les banques ont assez de fonds pour miser sur le long terme (quitte à perdre un peu d’argent sur le court terme, ce que refuseraient des investisseurs privés par avidité, impatience ou parce qu’ils n’ont pas assez de fond pour tenir) en plus de leur rôle de conseil.
Ce que j’ai considéré, sans doute à tord, comme une agression personnelle, c’est que vous m’interrogiez sur mon cas personnel pour insinuer que je serais aussi coupable que n’importe quel boursicoteur (et je le répète, non je n’ai pas de OPCVM, ni de PEE, ni de FCP ou je-ne-sais-quoi-d’autre. Je ne sais pas dans quel monde vous vivez mais on n’a pas tous les moyens de mettre de l’argent sur le coté pour le placer)
Quant bien même ce serait le cas, cela n’enlève rien au fait que ces « investisseurs » parasitent le système en favorisant l’aspect financier (court terme) au détriment de l’aspect productif (ce qui nuit finalement à l’aspect financier mais à long terme). A moins que votre réponse se limite à « vous participez au système alors fermez là » ?
« Vous n’avez d’ailleurs pas répondu à la question : quelle est selon vous la limite temporelle au delà de laquelle on considère qu’un investisseur n’est pas un spéculateur ? »
Sur la limite temporelle, j’ai dit que c’était une question difficile, il est impossible de fixer une durée qui serait toujours arbitraire. Un investisseur est de toute façon un spéculateur mais un spéculateur, dans le sens péjoratif, n’est pas un investisseur. Mais distinguer l’un de l’autre n’a pas vraiment d’importance, mon jugement ne regarde que moi et n’a que peu d’importance.
Il faudrait surtout trouver un moyen de rationaliser le marché pour éviter des bulles qui finissent par éclater. Les spécialistes appellent cela très pudiquement des « ajustements » mais dans la réalité, ces « ajustements » se traduisent par des drames humains. J’ai personnellement du mal à regarder en face les gens de mon entreprise qui sont condamnés à être licenciés, même si je n’y suis pour rien. Et je crois que même s’ils avaient un PEE ou un OPCVM machin-chose, ça ne payerait pas leurs loyers.