Quant à ce que vous dites, F. Asselineau, qu’il y a quelque chose qui cloche puisque personne n’y est arrivé, évidemment qu’il manque quelque chose. Ce qui cloche c’est une monnaie sans politique fiscale commune, sans Trésor, une Europe sans capacité d’endettement, etc... Pour vous, ce n’est que bla, bla, bla... Vous préférez expliquer que c’est impossible parce que ce n’est pas possible. Je vous cite : « Cette diversité des peuples d’Europe, et le fait qu’ils ne raisonnent
pas de la même façon, qu’ils ne se comportent pas collectivement de la
même façon est une découverte ahurissante pour les européistes. Elle
porte néanmoins un nom : la Réalité. »
Ce doit être l’homogénéité du peuple français qui en a fait ce qu’il est, alors. Que veut dire ne pas raisonner de la même façon ? On raisonne plus différemment entre Perpignan et Barcelone qu’entre Perpignan et Lille, ou comment ça marche, votre anthropologie sociale ?
Talion : « Il se peux que je me plante, mais il me semble que vu que la dette du
pays est libellée en euro et que cette monnaie est en passe d’exploser
en plein vol, alors effectivement la fin de la monnaie unique et le
retour aux monnaies nationales réduirait mécaniquement la dette comme
peau de chagrin... »
C’est justement le contraire et je suis surpris que personne ne le corrige. Les prêteurs vont vouloir des euros ou leur équivalent, pas de la monnaie de singe. Vous en leur donnez de force ? Oh ça va être la grande paix des marchés, c’est sûr. La résistance ? On se barricade contre les marchés ? On ne paye rien ? Bon. Mais dompter les marchés par la régulation internationale, ça ne serait pas un peu moins suicidaire ?
Defrance, vous dites : « Un état, une politique, une monnaie ? Cette association fonctionne a peu près depuis des siécles,... »
Ce n’est pas historiquement vrai. Si vous dites une souveraineté, une politique, une monnaie, c’est vrai pour la majeure partie de l’histoire, la monnaie ayant servi de véhicule de l’autorité politique du détenteur de la souveraineté. Mais à l’instant où la souveraineté fut transférée de la personne du souverain au peuple entier par le biais de la démocratie parlementaire ( avec tous ses défauts mais aussi ses possibilités d’être affinée, c’est un autre débat ), l’autorité monétaire est, elle aussi, transférée vers le peuple. Pour cela, on peut la considérer comme un pouvoir émanant du peuple au même titre que les trois autres déjà constitutionnellement établis. Remettre ce pouvoir entre les mains du gouvernement reviendrait à lui confier la planche à billets. Qui protégerait alors le peuple des tentations, des élus, d’acheter leur popularité ?
C’est la raison fondamentale de l’autonomie d’une banque centrale. C’est aussi la raison pour laquelle le transfert de ce pouvoir à un niveau européen ne lèse en rien la souveraineté du peuple français pas plus que la Cour de Justice de l’Union européenne ne lèse aucun de ses droits, bien au contraire. Tout le problème réside dans le fait que le résultat du processus de négociation entre les États a donné un système forcément vulnérable puisque qu’incomplet. C’est terminer de construire une Europe solide qu’il faudrait commencer à envisager et, à mon avis, pas plus tard que tout de suite.
F. Asselineau a écrit : « 1) J’ai certainement plus d’informations que vous ne le pensez. Car de
plus en plus de gens adhèrent à l’UPR, y compris des personnes qui
exercent des fonctions qui leur permettent d’avoir des informations très
précieuses. »
Pardon ? Vous recrutez parmi les fonctionnaires de la BCE, maintenant ?
Puis : « 2) Nous verrons bien ce qu’il adviendra. En tout cas, je suppose que si
l’euro éclate bel et bien dans les mois qui viennent, vous ne viendrez
pas présenter vos excuses. »
Voila, nous verrons bien... Vous avez misé sur ce cheval et attendez l’arrivée au poteau. Il fallait le dire avant, au lieu de tergiverser en faisant croire que vous savez ce que personne ne sait. Pour quelles raisons devrai-je présenter des excuses ? Vous faites des prédictions que vous reconnaissez implicitement dans votre réponse n’être basées que sur votre sentiment ou intuition et c’est ce que j’ai souligné. Même si la zone euro venait à exploser grâce à la propagande populiste comme celle que vous déversez ( une bonne partie vient aussi d’Allemagne, comme par hasard ) cela ne vous donnera pas raison pour autant. J’espère quand-même que vous êtes prêt à assumer la responsabilité de votre discours face aux français, espérons que peu nombreux, qui vous voteront.
F. Asselineau a écrit : « de toute façon, l’Allemagne (mais aussi les Pays Bas, le Luxembourg et
la Finlande) ont déjà dit stop dans le secret des réunions de la BCE. »
Mais il a aussi écrit : « J’estime donc qu’il est probable que l’Allemagne siffle la fin de partie très rapidement. »
Comme il est très peu pensable que F. Asselineau soit dans le secret des dieux, j’estime donc qu’il est probable que toutes ses prophéties ( dans le marc de café ? ) ne réponde qu’à la typique stratégie populiste tant en vogue en ce moment : agiter le spectre de l’éclatement pour mieux le provoquer. Si on prend note de vos prédictions et que celles-ci ne se réalisent pas, qu’allez-vous faire ? Un autre petit coup de bluff ?