Joelim, votre commentaire montre que vous ne comprenez pas les enjeux du combat pour la régulation des marchés financiers. Ceux-ci ont horreur des normes et d’autant plus si elles sont internationales. Croire que l’existence d’organismes supranationaux régulateurs favoriserait ces marchés relève de la théorie du complot la plus loufoque. Observez, plutôt, comme tous les tenants de la doctrine néolibérale défendent justement le contraire : le laissez-faire et l’absence de régulation au nom d’un pouvoir quasi mystique d’auto-équilibre dont serait doté le marché, on ne sait en vertu de quel fondement scientifique, d’ailleurs. Pardon, on le sait un peu. C’était Walras et aussi les autrichiens de l’école psychologique intuitive qui le disaient, puis Hayek, puis Friedman et l’école de Chicago ( quoique moins exagérée et plus rationnelle que l’autrichienne ). On leur doit beaucoup à tous ceux-là.
Très bien, mais outre ces généralités, auriez-vous quelques arguments pour justifier que vous défendiez tout le contraire de ce qu’apparemment vous souhaitez pour l’humanité ?
Et ça ne vous gêne pas de défendre un retour à la détention de la création monétaire par le gouvernement ? Ce fut la cause d’innombrables abus et encore aujourd’hui, les politiques utilisent toutes sortes de stratégies pour en reprendre le contrôle. Tous les états modernes ont compris qu’une banque centrale autonome et démocratiquement supervisée ( là est le point faible à l’heure actuelle ) était une condition de démocratie. La pression actuelle des marchés sur les dettes des États ne serait aucunement contrecarrée par la monétisation de cette dette par le gouvernement. Au contraire, l’histoire montre que ce genre de mesure conduit à l’inflation galopante et la récession. Ce fut justement l’observation de ces faits qui poussa les économies modernes à séparer la création monétaire du pouvoir politique. Le fait que le marché financier profite de la dérégulation actuelle pour spéculer sur les dettes ne remet pas en cause ce principe sinon la dérégulation elle-même, bien évidemment.
Pensez, par exemple, à ce que serait la Justice sans la séparation démocratique des pouvoirs. Le fait que celle-ci ne soit pas encore aboutie ne signifie pas pour autant qu’il faille en nier la nécessité. Le pouvoir macroéconomique très bien pourrait s’inscrire dans la même dynamique en l’inscrivant constitutionnellement dans un cadre de référence juridique. Qui dit cadre constitutionnel, dit grands principes à défendre et non pas la misérable manœuvre de Sarkozy avec sa règle d’or. Ce qu’il faut définir d’abord sont des concepts comme la liberté économique et le bien commun ainsi que leurs contraintes l’un sur l’autre, à l’image de la Déclaration des Droits de l’Homme qui sert de référence à tous les États de Droit.
En conclusion prôner le retour à la dépendance totale du gouvernement de la banque centrale de l’État revient à prôner une économie totalement planifiée de type autoritaire, fasciste ou communiste à l’ancienne. Les marchés savent aussi s’arranger avec la classe politique, beaucoup mieux qu’avec un organisme indépendant.
Voila, une fois de plus, mise en évidence la source de tous vos maux intellectuels. Vous cherchez d’abord à savoir qui aime qui, avant de lire et comprendre le discours. Vous ne présentez aucune opinion sinon des fantaisies qui vous servent de raisons afin d’inventer la réalité et grâce au relativisme mal compris, tant généralisé aujourd’hui, que vous affichez, vous vous permettez de réclamer la qualité d’argument raisonnable pour ce qui n’est qu’un simple divertissement rhétorique.
Vous ne comprenez rien à la construction européenne, c’est évident. S’il y avait une chance de mater les marchés financiers, ce serait bien le fédéralisme budgétaire européen. Vos sept mercenaires feraient mieux ?
Dire que les socialistes défendent le Traité de Lisbonne est faux. Ils le dénoncent dans le sens inverse que vous, et curieusement les populistes de l’extrême-droite, le faites. Ce traité fut le produit de l’imposition de la doctrine néolibérale principalement de la part de l’Allemagne. Comme processus négocié, le résultat ne satisfait personne. L’Europe est restée le cul entre deux chaises devenant ainsi la cible idéale, d’une part des marchés qui ne se marient qu’avec le profit et d’autre part, des populismes prônant le retour à une souveraineté protectionniste qui ne protège personne de ces mêmes marchés, puisque seule une réglementation internationale peut le faire.
Le mondialisme que vous croyez dénoncer, celui des marchés financiers, redoute toute forme de gouvernance. C’est le sens profond de la doctrine néolibérale qui vise à limiter la capacité d’intervention de l’État, et donc du Droit, dans les affaires. Une politique fiscale unifiée de l’Europe et un Trésor qui soutiendrait l’euro, ainsi que la fédéralisation de la dette des états membres diminuerait spectaculairement l’emprise des marchés sur les budgets des États. Vous faites un amalgame pitoyable en assimilant la mondialisation des marchés aux structures supranationales destinées justement à la régulation de ces marchés.
Voila pourquoi il est d’une bêtise et d’une irresponsabilité incommensurable, d’argumenter sans respect d’aucune logique, ni d’aucuns faits comme vous le faites. Je ne vous parle pas de Chevènement. Vous me faites penser à Asselineau, Dupont-d’Aignan, Le Pen, etc... Tous des cracheurs de fumée qui ne nous veulent que beaucoup de bien. En fait, je pense que vous n’êtes même pas consciente de ce que vous écrivez. Ce n’est qu’une pose de bon ton. Sachez que vous avez le même discours que les égéries du Tea Party ( lisez-les, vous allez vous surprendre ) qui le sont aussi de l’ultralibéralisme. Votre accusation de néolibéralisme envers Aubry est donc, du même tonneau que celle de fascisme envers Sarkozy que pourrait soutenir Le Pen. Pathétique et ridicule.
Vous avez un réel problème avec les étiquettes politiques, ce qui nuit sérieusement à votre compréhension de la crise actuelle. Ce que fait Aubry n’est autre que la défense d’une solution de sortie de crise présentée par d’autres économistes dont Attali ( un petit exemple : http://www.attali.com/actualite/blog/macro-economie/tous-ruines-dans-dix-mois ). Il est vrai que ce dernier n’est, pour vous, qu’un oligarque sioniste au service du grand capital et sûrement très lourdingue, lui aussi . Que de bêtise accumulée et surtout d’irresponsabilité dans toutes vos interventions traitant d’Économie. Si vous souhaitez discuter quelques points précis, ce sera un plaisir, mais d’abord répondez à la simple question : sur quelles bases vous appuyez-vous pour qualifier M. Aubry de néolibérale ?