Au passage expliquez aussi la vue de l’esprit que vous avez résumée sous le concept de « solidarité raciale et religieuse » qui selon vous serait à la source des aspirations de l’Union européenne. Cela veut dire quoi ? Quelles sont les bases historiques de cette affirmation gratuite et ses répercussions politiques dans votre programme ?
M. Asselineau, le seul qui s’est plaint du ton de l’autre, c’est vous. Je vous fais seulement remarquer que le mien n’est que la conséquence de celui que vous employez constamment pour qualifier ceux que vous appelez européistes, de doux rêveurs dans le meilleur des cas, de malintentionnés néolibéraux dans le pire. L’anonymat ( relatif puisque tout le monde est identifiable ) est l’option la plus utilisée ici. Iriez-vous aussi contre la liberté de ce choix légal et légitime ? Quel sorte de courage manifestez-vous en publicisant sous votre propre nom les revendications de votre propre programme politique ? Ne voyez-vous pas comme cette attitude est justement celle du populiste ? Vous ne daignez vous adresser au peuple, en le prenant, par ailleurs, sans cesse à témoin, que pour asséner des postulats sans autre forme de raisonnement et rangez tous vos contradicteurs sous l’étiquette de moutons de la V.O., dans le plus pur style inauguré par Moore et Meyssan. Ce n’est peut-être pas du complotisme aigu mais ça y ressemble furieusement. Par exemple, vous mettez en avant le conflit afghan et maintenant la crise libyenne pour souligner quoi ? Que la construction européenne serait une construction belliciste, de plus d’inspiration américaine ?
Alors je vous explique pourquoi dire que l’Europe serait une création américaine est, à mon avis, du complotisme de bas étage. 1948 : Traité de Bruxelles comme réponse au coup de force soviétique à Prague. Signataires : France, Royaume Uni, Bénélux. Comment les américains n’allaient-ils pas s’intéresser à un renforcement du bloc occidental en Europe de l’Ouest et à y jouer un rôle prépondérant surtout à travers de son allié privilégié britannique ? 1949 : création de l’OTAN qui interfère avec le Traité de Bruxelles en matière de défense. 1951 : création de la CECA, signataires : France, Allemagne, Italie et Bénélux, pas de Royaume Uni, tout cela en dépit des américains. C’est le début de la voie européenne de la réconciliation entre les vainqueurs et les vaincus que vous voulez escamoter.
Très intéressant. Vous répétez plusieurs fois le mot inactivité en relation aux institutions européennes et à mon avis, vous avez tout à fait raison. Le propre fait de poser une limite au FEFS constitue déjà une faiblesse face à au marché. Imaginons le scénario où la zone euro reprend le contrôle de sa dette par l’émission de bons européens financés par une mutualisation plus grande de la TVA, unie à des mesures juridiques de régulation du secteur bancaire pour contrer la spéculation sur les obligations d’État ( c’est ce que propose Attali depuis longtemps déjà ), la spéculation n’allait-elle pas changer de cible et faire apparaître l’état réel de l’économie britannique ? Il y a un pas à franchir vers l’institutionnalisation plus grande de la zone euro mais entre un Sarkozy qui n’a pas la carrure et une Merkel qui ne regarde que les compteurs de la balance commerciale allemande, que peut-on espérer ?
M. Asselineau, je ne vous ferai remarquer que deux choses. Une, que le ton narquois dont vous vous plaignez est le ton sur lequel vous vous adressez aux européistes. L’autre, que vous inventez la réalité puisque les arguments que vous employez pour soutenir que les peuples européens n’ont pas de projet commun de société et conclure que : « Celle-ci apparaît de plus en plus comme une conception antédiluvienne, fondée de facto sur une solidarité raciale et religieuse qui n’est plus de saison. » pourrait parfaitement s’adapter au discours d’un nationaliste régional sur la France. Vous en faites « l’un des présupposés centraux de la "construction
européenne« », sur quelles bases ? Puis, vous y allez d’un coup de complot américain « totalement insoupçonnées lorsque la construction dite »européenne" fut lancée par les Américains en 1950 ». Ça laisse rêveur...
Pourtant et sans en appeler à la « solidarité raciale et religieuse », dont il n’a jamais été question, il y a une idée forte qui sous-entend l’Union européenne. C’est la promotion de la démocratie, la paix et d’un espace économique prospère. Vous réduisez tout cela à une homogénéité démographique qui n’a jamais été recherchée puisqu’une des caractéristiques européenne est la diversité des peuples et de leurs cultures. Pour vous, les transformations démographiques ne signifient que tensions vers l’éclatement, alors qu’elles peuvent être vues, au contraire, comme une rançon du succès à l’image des demandes d’adhésions du Maroc et de la Turquie.
Pour finir, faire remarquer que d’un postulat anti-zone euro, vous êtes passé à l’anti-européisme général qui est lui-même la cause de vos néfastes prédictions sur l’avenir de l’euro. C’est circulaire.
Quant à votre dernier message où vous vous plaignez de mes questions/agressions, je vous suggère de vous relire. Pour tout vous dire, l’étonnant mélange de condescendance et de ton victimaire que vous parvenez à produire me laisse froid. Votre article était déjà malhonnête, vos réactions corroborent votre tendance manipulatrice.