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Morgane Lafée

J'aime exprimer mes idées et j'espère continuer à vivre dans un monde où je serai toujours autorisée à le faire. Et ce n'est pas gagné.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/07/2011
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Derniers commentaires



  • Morgane Lafée 19 septembre 2011 12:54

    American History X est quand même un film pas spécialement grand public. D’ailleurs, vous mentionnez la date, 1998, ce qui en dit long sur la rareté des films abordant ce sujet.
    J’en connais au moins un autre, extraordinaire : Mysterious Skin de Gregg Araki. Le personnage de Joseph Gordon-Levitt, qui subit le viol (la scène est très très violente), est un prostitué, et ça aussi on le voit rarement au cinéma...

    L’homme prostitué est très tabou lui aussi puisque, là encore, il va à l’encontre du principe de domination masculine dans les rapports sexuels. A ce titre, j’aimerais bien savoir quelle est la proportion d’hommes dans la population prostituée d’une ville comme Paris. Avez-vous noté que dans les débats sur la prostitution, tout le monde fait comme si cela ne concernait que les femmes ? Tout ceux qui prônent la réouverture des maisons closes oublient que les hommes et au passage les enfants sont eux aussi touchés.



  • Morgane Lafée 19 septembre 2011 12:48

    Bon article, Loreleï, et utile.

    Oui, le viol est un fléau, quelque soit la victime. Mais attention, aujourd’hui, dans la justice, on ne parle plus de « viol » mais de « relation non consentie »... Ça permet de supprimer la notion de violence, de sous-entendre que la victime a participé à l’acte et donc de resituer ce dernier dans l’intime, le privé. C’est exactement ce terme qu’on a lu partout dans la presse ces derniers mois, concernant une certaine affaire que je ne nommerais pas. C’est aussi ce qu’entendent toutes les plaignantes et tous les plaignants dans ce genre d’affaires. Et ça a tout à voir avec le fait que la plupart de ces affaires aboutissent à un non-lieu.

    Comme le souligne ciudadana06, les associations féministes sont sans doute les seules aujourd’hui à être capable d’écouter une victime masculine sans la juger puisqu’elles ressentiront une empathie naturelle. De toute façon, la lutte contre le viol des hommes a tout à voir avec celle contre le viol des femmes.
    En effet, pourquoi le viol des hommes est-il si tabou ? Parce qu’il « réduit » l’homme au statut d’objet, de dominé, ce qui est en soi une remise en cause du principe de domination masculine - laquelle implique que l’homme soit sujet dominant et agissant, et la femme objet dominée et passive. Donc les adeptes du patriarcat n’ont pas du tout intérêt à ce que l’on s’étale sur le viol des hommes.

    Une dernière chose : vous avez oublié les viols « rituels » de garçons dans les sociétés archaïques, où le garçon doit passer un véritable rite de passage pour devenir un homme et être accepté par ses pairs. Selon Elisabeth Badinther dans « XY », plus les sociétés seraient misogynes, plus les violences envers les garçons lors de ces rites de passage seraient violents... En effet, dans les sociétés les plus misogynes, l’éducation des enfants est entièrement réservé aux femmes. Donc pour se faire accepter, il faudrait en quelque sorte rompre le lien avec le féminin.
    Je rejoins donc E. Badinter sur sa conclusion : tout le monde a tout intérêt à ce que les hommes s’impliquent à égalité avec les femmes dans l’éducation des enfants (garçons ou filles). La présence d’un père aussi investi que la mère permet au garçon d’avoir un modèle et aux filles de se familialiser tout de suite avec l’autre sexe. Mais les masculinistes, dont certains luttent pourtant pour les droits des pères dans les divorces, sont semble-t-il trop bêtes pour comprendre ça... Ou alors trop malhonnête pour faire le lien entre le féminisme et les droits des pères dans les divorces.



  • Morgane Lafée 16 septembre 2011 12:55

    J’avoue que je ne comprends pas votre obsession pour cette histoire de marche des salopes. Ou plutôt si : cela prouve qu’elles ont un véritable impact sur certains même si elles ne rassemblent somme toute pas tant que ça de monde.
    Comme je ne doute pas de votre sincérité, j’aimerais apporter de la matière à votre dossier. Je vous demanderais donc une faveur : lire les deux articles ci-dessous. Il sont assez long et le second est éprouvant émotionnellement, je préfère vous prévenir.

    http://blogs.mediapart.fr/blog/muriel-salmona/050911/la-victime-cest-la-coupable-complicites-institutionnelles-dans-les-c

    http://blogs.mediapart.fr/blog/muriel-salmona/040711/la-nausee

    L’auteure est une psy spécialisée en psychotraumatologie et victimologie. L’une de ses compétences est d’accompagner les victimes de viols et d’agressions sexuelles. Bref, ces articles pourront s’avérer utile à votre prochain volet sur la marche des salopes dans la mesure où ils vous apporteront un autre éclairage sur cette marche des salopes en vous permettant de découvrir les coulisses des plaintes pour viol. Coulisses chez les flics, les médecins, la justice..
    Le second article datant de début juillet dernier, il commence sur les considérations de l’auteure sur l’affaire DSK, dont nous n’avons que trop entendu parler. Si cela vous gonfle, passez directement au troisième paragraphe. Vous découvrirez aussi une partie sur le fonctionnement de la mémoire traumatique dans ce genre de cas, avant d’en arriver aux cas pratiques.
    En effet, l’auteure relate des cas concrets survenus il y a moins d’un an.

    Si vous prenez la peine de lire ces articles jusqu’au bout, vous comprendrez peut-être un peu mieux la colère entraînée par la remarque de ce policier en lisant ces récits vus de l’intérieur. Vous comprendrez tout simplement mieux le contexte, la banalisation des moqueries à l’encontre des victimes de viols et d’agressions sexuelles, et tout ce que cette remarque implique sous des dehors de remarque anodine lancée inconsidérément (ou à titre de prévention, selon vous, mais croyez-vous vraiment qu’on emploi le mot « slut » dans une optique pédagogique ?). Au passage, en lisant les différents récits, vous découvrirez que les victimes masculines subissent exactement le même sort, et que les femmes policières n’ont pas un comportement plus glorieux que leurs collègues masculins. J’affectionne particulièrement le cas de cette jeune fille de 20 ans qui s’est fait violer par un homme qui l’avait invitée à déjeûner avec sa femme et son bébé de 6 mois. Le comportement des flics, femmes comprises, est exemplaire jusqu’au bout... (sérieux, pour le chapitre sur l’impossibilité de retrouver l’agresseur à cause d’un interphone, on se croirait dans le sketche des inconnus. Ce serait drôle si l’agression n’était pas réelle).

    Si vous prenez la peine de les lire tous les deux jusqu’au bout, je serais intéressée d’avoir votre retour.
    Bonne journée.

    PS : du coup, je n’ai ni plussé ni moinssé votre article, j’attends votre prochain billet.



  • Morgane Lafée 16 septembre 2011 11:32

    En effet, je n’avais pas connaissance de cette conférence et ça fait froid dans le dos. Il est vrai que les religions reviennent en force sous les formes les plus extrémistes, et les droits de l’homme représentent en quelque sorte le terrain ultime à conquérir...
    Comme le souligne MKT, l’athéisme est complètement inconcevable pour beaucoup d’Américains. Je ne l’a pas autant ressenti lors de mes voyages aux USA mais surtout lors des mes contacts avec des Américains sur les forums Internet. Sur le Web, les gens se lâchent et on réalise alors, en dialoguant avec les Américains, que c’est une autre planète. Toutefois, ce ne sont pas les Etats-Unis qui m’inquiètent le plus, je l’avoue.
    En ce qui concerne le Dalaï-Lama, j’ai moi aussi une sorte de malaise avec le personnage. Je le trouve faux, je dois dire. Son discours trop rassembleur et gommant les différences entre les cultures (style, toutes les religions sont pareilles, au fond - je simplifie mais c’est en substance le message qu’on entend souvent de sa part) me dérange. D’autant que ce discours sous-entend que nous sommes tous croyants, que l’athéïsme n’existe pas.



  • Morgane Lafée 15 septembre 2011 17:33

    @Aldous : je vais faire une réponse très « premier degré ». Il faut distinguer plusieurs types de comportements :

    - ne pas apprécier la tenue de quelqu’un et se taire : ça nous arrive à tous, tous les jours. Par exemple, il y a des gens qui viennent au boulot avec des vêtements troués, tâchés, pas repassés, etc. Ou des gens qui puent. Il y a aussi ceux qui n’ont aucun goût pour s’habiller et qui optent pour des associations de couleurs malheureuses. Je pourrais dire que ça perturbe mon sens esthétique, mais je ne dis rien.

    - lui dire qu’on n’apprécie pas sa tenue : déjà, il y a un pas de franchi. En théorie, comme vous dites, c’est la liberté d’expression. Mais dans la vie en société, l’expérience montre qu’on ne peut pas dire n’importe quoi à n’importe qui.
    Par exemple, quand j’étais au lycée, il y avait une prof d’allemand qui ne changeait jamais de vêtements et qui puait. Tout le monde le savait et ça faisait l’objet de plaisanteries lorsque, après un examen dans une pièce fermée, les personnes suivants ouvraient frénétiquement les fenêtres. Mais pensez-vous qu’un élève est allé le lui dire ? Non parce qu’il aurait eu une sanction. Il y a quand même un minimum de respect à avoir dans certaines circonstances et en l’occurrence dans ce cas, ce n’est effectivement pas le rôle des élèves d’aller donner des leçons au professeur, même l’odeur l’agresse. Idem avec un collègue, même sans rapports hiérarchiques : on ne peut pas dire n’importe quoi sinon on ne peut plus travailler en équipe. Par contre, si vous avez envie de faire savoir à un ami que sa manière de s’habiller est dégueulasse, vous pourrez peut-être vous permettre une remarque. Mais restera-t-il votre ami ?

    - Agresser quelqu’un pace qu’on n’approuve pas sa tenue. Dans notre beau pays, il y a des lois, notamment des lois interdisant la violence, et ce n’est pas pour rien. Si on agresse physiquement une fille, même si elle a une tenue trop légère, c’est un crime. Point barre. Alors un viol...

    Cette distinction entre les réactions à avoir face à la tenue de quelqu’un ou à quoique ce soit d’autre fait partie des bases de la vie en société. Je ne vois pas pourquoi les cas où un homme agresse une fille parce qu’elle aurait des tenues trop légères feraient exception à la règle. En d’autres termes, le flic canadien qui a eu cette remarque malheureuse a tout simplement encouragé à la violence et donc à l’infraction. Et ça ne vous choque pas ?

    Ou alors moi aussi, je vais agresser les femmes qui se sont fait refaire les seins, voire plus, parce que ça m’insupporte (c’est vrai, en plus !). Ayant souvent été amenée à interviewer des stars de cinéma dans le cadre de mon boulot, croyez-moi, des nanas refaites de la tête au pied, j’en ai vues ! Et de près, c’est pas beau à voir. On peut aussi voir ça comme une insulte à l’anatomie féminine et leur taper dessus pour ça, si on suit votre logique. Je devrais peut-être y penser la prochaine fois que je croiserais Emmanuelle Béart ou Maria Bello (vous devriez les voir de près, c’est pas triste !).

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