Allez maintenant comprendre pourquoi on écrit « ils se sont parlé » et « ils se sont vus ». Mais aussi « la femme qui s’est fait applaudir » et pas qui s’est faite etc etc etc.
Pour votre premier exemple, l’explication est assez simple : dans « ils se sont parlé » il n’y a pas de complément d’objet direct : ils ont parlé l’un à l’autre.
- Pour fait+infinitif, la règle est simple : « fait » reste invariable
- Pour le participe passé de « laisser »+infinitif, c’est un peu plus compliqué, mais certains préconisent la même règle que pour « faire » : elle s’est laissé grossir = elle s’est laissée grossir, et dans tous les cas « elles se sont laissé convaincre »
Cela dit, je suis d’accord avec vous : tout cela est inutilement compliqué. Pour mémoire, le site de l’obs, d’ailleurs très utile, ne détaille pas moins de treize sous-rubriques distinctes sur ce sujet. On peut penser que c’est de la diptérosodomie, mais il semble que certain(e)s n’en aient jamais assez...
@JC_Lavau Bof...Le japonais moderne est truffé d’anglicismes (dont スマイリー/sumairii = smiley) et n’en est pas moins la langue d’une civilisation technicienne et scientifique. Cela dit, il est bon de pouvoir distinguer à l’écrit air, aire, hère, erre, ère. Je ne suis pas du tout partisan d’une orthographe phonétique pour le français, mais je ne vois pas en quoi enseigner aux élèves que le français n’a pas six voyelles mais seize serait anti-scientifique.
Oui, tout à fait. De même « poids » vient de « pensum », mais comme on a cru qu’il venait de « pondus » on a ajouté un « d ». Ce « d » n’est d’ailleurs pas sans utilité puisqu’il permet à l’écrit de distinguer « poids » de « pois » et de « poix » . Idem pour « puits » et « puis » (qui vient du latin « post »).
Qu’est-ce qui meurt le premier ? Le peuple, ou sa langue ? Faire vivre une langue, c’est aussi contribuer à son évolution. Peu importe au fond sous quelle forme les Français tiennent à leur langue. La langue française sera ce que les Français et tous les francophones en feront.