La division que fait Macron entre populistes et progressistes est une triple erreur
C’est d’abord une erreur de stratégie. Cette division artificielle et caricaturale a fonctionné au second tour entre lui et Le Pen. Mais elle ne peut fonctionner aux européennes. Il s’agira alors d’un scrutin proportionnel direct. Les électeurs auront le choix entre toutes les formations présentes. Si le mécanisme de l’élection présidentielle à deux tours a amplifié le vote Macron, le vote aux européennes peut parfaitement fonctionner à l’opposé et amplifier le rejet de Macron.
C’est une tromperie sur le vocabulaire. Se revendiquer du camp progressiste comme le fait Macron est osé pour un président qui détruit sur un rythme accéléré les système de protection sociale et de redistribution. Mais le renversement complet du sens des mots n’effraie pas les communicants (lire et relire 1984). « Un mensonge énorme porte en lui une telle force qu’il écarte le doute » disait un propagandiste de sinistre mémoire.
C’est une erreur historique. Sa politique prétendument progressiste est, comme le dit très bien l’article, le plus rapide chemin vers le retour des populismes. Depuis le temps que les pseudos libéraux assimilent faussement le marché et la démocratie, ils finiront par être pris au mot par les peuples. Quand ces peuples en auront plus qu’assez de faire les frais des logiques du marché et le rejetterons, ils rejetterons logiquement en même temps la démocratie puisqu’on leur matraque l’idée que c’est la même chose.
Le progressisme de facade de Macron ouvre en fait des boulevards aux populismes et aux dictatures.
Entre les lignes Rakoto décrit son modèle : Pinochet.
En effet un pouvoir « fort et ferme » a imposé par une dictature violente des mesures présentées comme libérales.
Le libéralisme met pourtant en avant comme condition de la prospérité et de la liberté la perte de l’influence de l’Etat...
A son niveau Rakoto est dans la même ligne. Il faudrait imposer aux Français des mesures dont majoritairement ils ne veulent pas.
On peut d’ailleurs se demander si la gestion catastrophique de le crise des gilets jaunes par Macron n’était pas une tentative maladroite pour préparer l’enchaînement suivant : blocages/surdité du gouvernement/violence en réponse à cette surdité/ état d’urgence/ réponse par des manifs et des violences à cet état d’urgence/ loi martiale et interdiction des manifs, répression, etc. C’est à dire une recherche délibérée d’escalade pour paralyser l’exercice normal de la démocratie et passer en force des réformes dites libérales. Le libéralisme économique par la dictature politique.
On me dira que cette histoire de nouvelles taxes n’est pas libérale. C’est assez vrai. Par contre transférer des charges sur des classes pauvres et moyennes pour pouvoir mieux exonérer de ces charges la classe la plus riche, c’est la définition du néo-libéralisme. Et c’est ce qu’essayait de faire Macron.
@Spartacus « Le fonctionnaire voilà l’ennemi » : La formule est de Henry-Auguste d’Halluin, dit Henry Dorgéres. Il est le fondateur des Chemises vertes, faction de l’extrême droite française pendant l’Entre-deux-guerres. Il collabora et fut décoré par Pétain. C’est un bon exemple de ce que Paxton décrivait comme le fascisme paysan.
L’industrie pétrolière américaine a un peu amélioré ses méthodes d’extraction en 2016 et 2017 ; améliorations imposées par la baisse des cours. Mais elle a surtout perdu de l’argent. 45 % des forages ont travaillé à perte. La remontée des cours du pétrole en 2018, plus le dopage financier de l’économie américaine artificiellement apporté par les 2000 milliards de dette supplémentaire du budget américain (40 ans de dette Française en une seule année, il est fort ce Trump !) ont relancé la machine à extraire du pétrole. Les produits financiers pourris liés à la bulle immobilière (crise de 2008) s’élevaient à 1300 milliards de dollars. Les produits financiers pourris autour du financement de l’extraction du pétrole de schiste s’élèvent déjà à 1600 milliards. Ou ont-ils été dispersés ? Les Etats-Unis sont très loin d’être capables d’inonder la planète de pétrole. Bien qu’ils soient devenus en 2018 le premier producteur mondial, ils restent le deuxième importateur mondial derrière la Chine. Malgré le schiste, leur dépendance aux hydrocarbures importés reste très forte Trump se moque de ces réalités. En dopant l’extraction du pétrole il vise une chute temporaire des courts mondiaux du pétrole. S’il y arrive, il se présentera au élections prochaines avec exactement le message que sa basse électorale à envie d’entendre : le pétrole coule à flot et à bas prix et l’activité d’extraction a créé des emplois direct et indirects. L’effondrement de l’extraction viendra après car cette activité est prise en tenaille entre deux réalités. L’afflux de pétrole américain va faire baisser les cours (c’est commencé) et de nombreux modes d’extraction seront de nouveaux non rentables, dont le schiste. L’autre réalité, c’est qu’au rythme effréné actuel d’extraction (qui va encore s’accélérer avec le prochain pipe-lines entre les gisements et les raffineries), le pic d’extraction va arriver aussi vite dans le gisement du Permian qu’il est arrivé dans les précédents gisements. Systématiquement, dans ces gisement de pétrole de schiste, il été constaté d’abord un pic d’extraction (lié aux nombres de forages et donc à la démesure des moyens financiers investis dans ces forages) suivi d’une baisse de production. Non pas qu’il n’y est plus de pétrole, mais plutôt que l’on ne sait plus l’extraire dans des conditions acceptables économiquement. Ce pic d’extraction suivi d’une baisse, c’est plus ou moins 2025 pour les 2 plus grands gisements (Eagle Ford, Permian), si l’extraction reste au niveau actuel (c’est le point crucial). La vitesse d’extraction pouvant varier en fonction des cours, la date de ce pic de production reste aujourd’hui difficile à évaluer. Trump quittera alors la présidence en pensant comme tout politique : « après moi le déluge ». L’éclatement de la bulle pétrolière, les problème liés à la dépendance énergétique, la dette, ce n’est pas lui qui aura à s’en charger. C’est vraisemblablement comme en 2008, l’ensemble de l’économie mondiale qui en subira le contrecoup.