« Le Traité de Lisbonne(13 déc. 2007) introduit expressément
l’idée d’un dialogue entre les institutions européennes et les Églises,
les associations ou communautés religieuses, ainsi que les
organisations philosophiques et non confessionnelles. » (Titre II : dispositions d’application générale, Article 17 du TFUE)
1. L’Union respecte et ne préjuge pas du statut dont bénéficient,
en vertu du droit national, les églises et les associations ou
communautés religieuses dans les États membres.
2. L’Union respecte également le statut dont bénéficient, en vertu
du droit national, les organisations philosophiques et non
confessionnelles.
3. Reconnaissant leur identité et leur contribution spécifique,
l’Union maintient un dialogue ouvert, transparent et régulier avec ces
églises et organisations.
En clair, cela dit que nos élus politiques doivent entretenir des
relations politiques constantes, régulières, ... avec les dignitaires
religieux (dont le choix est laissé a leur discrétion), ce qui est
totalement contraire à notre tradition républicaine. Car théoriquement
les directives européennes s’imposent à tous les États membres.
L’Europe n’est pas laïque au sens français que nous donnons à la laïcité. Portugal, Espagne,
Italie, Allemagne ... sont encore sous des Concordats signés sous les
dictatures de Salazar, Franco, Mussolini, Hitler, ... , et, donc, logiquement la
laïcité française ne saurait être soluble dans l’Europe. La laïcité
n’a jamais été un concept universel, il y a 36 sortes de laïcité, toutes
liées à des questions historiques singulières propres à chaque nation.
Ce n’est
pas la laïcité française qui est le problème, c’est le reniement
politique des valeurs fondamentales de notre République qui l’est ! le
reniement de nos dirigeants politiques qui avaient pourtant été éduqués
aux valeurs républicaines
qu’ils piétinent aujourd’hui !
C’est
l’abrogation de cet article 17 qui faudrait obtenir, la laïcité
française pouvant être vue comme une spécificité culturelle.
Depuis 2003 sous le patronage de Nicolas Sarkozy « intronisé » Chanoine d’honneur de saint-Jean de Latran en 2007 (archives INA), la laïcité a pris différents masques (qualificatifs), pour la manipuler à des fins politiciennes, partisanes la « laïcité positive » (celle de Nicolas Sarkozy), « ouverte »,(celle de Manuel Valls) et ses variantes (progressistes), « apaisée », « exigeante », « incomplète » (pape François)... pour essayer de la faire accepter dans le sens voulu par le Traité de Lisbonne...
Le litige sur la laïcité qui devient un marronnier des médias, sujet maintes fois évoqué sur Agoravox par différents auteurs, Jean-François CHALOT, C. BARRATIER, Vincent Vershoore, Aurélien Péréol...
De mon point de vue c’est l’Union Européenne qui est principalement responsable du « reniement des politiques » tous confondus ou presque sur la laïcité française, mais par un biais d’inversion accusatoire, ces conjurés avec l’aide des médias cherchent à faire porté le chapeau de cette forfaiture politique sur des citoyens...
@Enki « Je parlais du syndrome de Stockholm à njama » > ICI pour ceux qui n’ont pas suivi Prises d’otages ? le rapport avec l’article, la laïcité... ?
Il ne faut pas confondre islam en tant que religion constituée dans
la suite de l’impulsion de la révélation coranique de 612 à 632 de
nature épiphanique du moins telle que présentée... qu’on y
croie ou pas peu importe, le narratif s’est imposé historiquement, c’est
un fait sociétal historique que l’on ne peut pas éluder d’un revers de
la main. La religion musulmane ne commence à vraiment se structurer
qu’à partir du califat Abbassides vers 750. De même que la religion des
israélites était restée sur un mode tribal, que christianisme primitif
ne s’est érigé en religion « étatique » qu’avec l’empereur Constantin
Ier en 325. Avant de parler d’islam il faut savoir de quoi on parle,
de même que à quelle époque on se réfère sur ses 14 siècles d’existence,
et avant d’en parler il faut chercher à comprendre, c’est aussi vrai
pour la religion des israélites, qui n’était pas encore le judaïsme, que
pour le christianisme... aucun de ces 3 grands courants religieux
monothéistes n’est monolithique, tous ont une mosaïques d’obédiences peu
ou prou homogène quand parfois elles ne s’opposent pas les unes aux
autres.
@Enki "Par contre il n’y a pas de séparation entre
le civil et le religieux en islam,..." C’est typique des préjugés occidentaux sur la politique dans les sociétés de religion musulmane
Télérama : En Europe, on entend souvent dire que l’Islam est un
frein à l’évolution des sociétés arabes à cause de l’absence de
séparation entre le spirituel et le temporel.
Georges Corm* : C’est incohérent. Dans le monde musulman, le pouvoir a toujours été de nature civile et il n’a jamais existé l’équivalent d’une institution religieuse de la puissance de l’Eglise romaine. Les oulémas (docteurs de la foi) n’ont jamais gouverné nulle part. Même en Arabie saoudite, pays qui est le plus proche d’un état théocratique, la famille des Séoud incarne un pouvoir civil.
Télérama : Et l’Iran ?
Georges Corm : En Iran non plus on ne peut pas parler stricto sensu,
de théocratie ; vous avez quand même un équilibre des pouvoirs entre le
Guide Suprême et le Conseil des gardiens de la foi d’un côté, et le
président de la République et son gouvernement de l’autre. De plus , la
théorie de Khomeyni sur la nécessaire « tutelle » des religieux est une
innovation totale, très contestée par certains des grands penseurs
religieux chiites. Non, le problème, en Islam, ce n’est pas la
séparation du spirituel et du temporel. On projette sur les sociétés musulmanes une problématique propre à l’histoire de l’Europe.
source : extrait d’une interview de l’intellectuel libanais Georges Corm réalisée par
Thierry Leclère dans l’un des derniers numéros de Télérama, qui met en
évidence l’indigence du concept de « choc des civilisations ». Novembre 2005
https://web.archive.org/web/20110312122255/https ://europalestine.com/spip.php ?article1867 * homme politique, consultant économique et financier international et
juriste libanais, ancien ministre des finances de la république
libanaise
@jakem « La charia n’est pas si moderne que ça ! »
Quand on parle « d’époque moderne », c’est en référence à l’émergence du rationalisme, autrement appelé « siècle des Lumières »... c’est à dire à partir du début du XVIII° siècle, lequel vient s’opposer au divin et à sa cosmologie, la SCIENCE devient alors le phare d’une nouvelle téléologie iconoclaste qui vient expliquer la formation du monde, et détrône au passage le religieux, d’où, probablement je pense en réaction l’émergence d’une certaine radicalité religieuse... pas spécifique à l’islam... Jacqueline Chabbi est agrégée d’arabe, Docteur es Lettres, professeur émérite de l’Université Paris VIII, historienne, orientaliste, sa lecture du Coran (et non pas de l’islam) est anthropologique... « Pour faire de l’histoire, la méthodologie est simple, poursuit-elle, il faut trois éléments essentiels : un temps (une chronologie), un espace bien délimité, une société dans laquelle des humains pensent, agissent, se représentent et croient. »
Une méthodologie tout aussi valable pour décrypter d’autres pans d’histoire religieuse ou non, dont on devrait s’inspirer... au lieu de « projeter » notre propre grille de lecture sur d’autres sociétés, ce qui est le cas avec le concept politique de laïcité.