@OMAR Vous confondez tout, Bush a certes employé un terme inapproprié pour sa guerre, mais il a quand même remplacé l’autocrate irakien laïc par un régime islamique, donc il n’a en rien mené une guerre religieuse. En outre, il est protestant et ne reconnait pas l’autorité du Vatican. Ceci étant, il a commis une grave faute par cette intervention en Irak qui a déstabilisé le secteur.
L’occident s’offusque de tous les massacres des jihadistes, et ne fait aucune préférence religieuse dans l’accueil de centaines de milliers qui se bousculent pour s’y réfugier.
@franc Merci pour ce rappel historico-théologique, néanmoins malgré leurs différences, les deux branches de l’islam restent attachés à une lecture et une application littéraliste. Jusqu’au début du 20è siècles, les juifs et chrétiens considéraient que les premiers livres qui composent la Bible avaient été écrits par Moïse, et ont depuis admis une rédactions postérieure, à partir de récits de la tradition. Quand bien même les croyants considèrent qu’il y a une « inspiration » divine, celle-ci a été « reçue » par des humains, avec leurs culture et subjectivité, et par ailleurs les enseignements ont été transmis oralement par les prophètes avant d’être retranscrits et recomposés ; c’est du reste ce qu’enseigne la tradition musulmane, qui reconnait aussi les contradictions liées aux circonstances. Donc, du fait de l’augmentation du niveau d’éducation et de la confrontation avec le reste du monde, il est inéluctable que la conception d’un livre rédigé par Dieu et dicté par un ange soit tôt ou tard reconnue comme étant une métaphore, Je suppose du reste que les vrais érudits de cette religion en sont convaincus même s’ils ne le formulent pas -la doctrine officielle tient d’une part par l’’intimidation, et d’autre part en tant qu’argument d’autorité pour l’édification des foules, comme dans toute doctrine encore empreinte d’obscurantisme-.
@franc a propos du début de votre commentaire concernant l’OCI et l’apostasie, je suis d’accord avec vous que la tendance dominante est actuellement sectaire, il y a du grain à moudre pour l’aggiornamento que j’évoquais, on pouvait s’attendre à ce que le courant progressiste soit impulsé sous nos latitude, par acculturation et mimétisme avec les autres courants de pensée. Mais il semble qu’un climat de tension s’amplifie, conduisant plutôt à un repli intégriste.
@franc Pourquoi l’islam serait-il plus irréformable que d’autres religions dont certains écrits ont été repompés dans le Coran ? Il y a eu de tous temps dans les religions une variante plus symboliste -généralement celle des érudits-, et une variante plus formaliste. Par ailleurs, dans l’histoire, il y a eu plusieurs périodes/situations de tolérance, pas seulement à la haute époque puisqu’en 1856 le sultan a accordé les mêmes droits aux citoyens des différentes religions -certes cela a été de courte durée. La régression fondamentaliste actuelle surprend dans la mesure où elle se produit à contretemps, à une époque globalement plus éduquée et progressiste, avec davantage d’échanges entre les cultures.
Pour en revenir à la lecture des textes religieux « éclairée » des « érudits », il est évident qu’ils ne peuvent souscrire à la légende de la dictée par l’ange d’un texte divin (trop de repompages et contradictions, remise en forme tardive, etc.), ni à la création clé en main, même si encore actuellement ils semblent timorés pour promouvoir une interprétation métaphorique. Mais confronté au reste du monde à avec un niveau d’éducation croissant, la position littéraliste n’est juste pas tenable, et les prescriptions archaïques prendront une valeur de récit historique.
Soit cet aggiornamento est encouragé, accompagné et promu, soit on en reste à un blocage hostile qui mène au clash violent.
@Nicole CHEVERNEY Il est vrai que l’empire ottoman avait fait
cohabiter différentes ethnies, cultures et religions, dans des entités
assez décentralisées. Mais la montée des nationalismes qu’avait connu
l’Europe au XIXè siècle serait tôt au tard survenu dans l’empire, même
s’il n’avait pas été démantelé après le première guerre mondiale.