Tout est possible, tout fonctionne déjà puisque quela France est, de tous les grands pays industrialisés au monde, celui qui rejette le moins de CO2 par an et par habitant.
En réalité, chose que vous ne dites pas pas plus que les écolos à la petite semaine, c’est que la France, sur le sujet de la production électrique, a d’ores et déjà réalisé sa transition écologique, et à tout le moins bien mieux et bien plus rapidement que tous ses concurrents et compétiteurs mondiaux ou partenaires européens de même échelle. Par conséquent la France n’a pas de leçon a recevoir de quiconque en la matière.
Secondo, sur l’Ademe, les postulats de nos « chercheurs » sont fantaisistes.
Un exemple un seul pour exposer leur fantasmagorie : afin d’étayer leur modèle ils prennent comme gisement potentiel uniquement pour l’éolien (terrestre et offshore) 240GW. Soit.
Sur ce potentiel, en prenons en compte leur cas de référence à 100% d’ENR (p.14 du rapport), ils retiennent 105GW de puissance éolienne installée.Vu les éoliennes géantes les plus puissantes actuellement à notre disposition (150m de haut, 5MW de puissance crète), cela suppose pour obtenir ce chiffre faramineux d’installer déjà 21.000 éoliennes géantes sur le territoire français et/ou son domaine maritime. Est-ce seulement plausible, est-ce seulement envisageable ?
Double fantasmagorie d’ailleurs, sachant que le facteur de charge de l’éolien sur les dix dernières années en France fut de 23,5%. Or cela donne pour 105GW de Pc une production annuelle de 216TWh, et non 303TWh comme ils se permettent de l’affirmer dans leur hypothèse loufoque. L’erreur est juste de 87 TWh...
100 éoliennes, 500 MW de Pc, 1,7 TWh de prévu annuel, facteur de charge 39%, coût 2 milliards d’€, durée de vie 25 ans. Ces chiffres sont indubitables.
En extrapolant le calcul est rapide : il faudrait donc débourser au bas mot 420 milliards d’€ d’investissements uniquement dans l’énergie éolienne pour couvrir 216 TWh (scénario Ademe), soit moins de la moitié de la consommation française actuelle (473 TWh). Sans compter donc les milliards autres afin d’assurer dans tous les cas une production suffisante et garantie et couvrir l’ensemble de notre consommation électrique (énergies tierces, renforcement du réseau, backup EIT).
Vous la chiffrez à combien votre transition pour substituer (encore une fois) du décarbonné par du décarbonné : 1000 milliards ?
420 milliards, je ne sais pas si vous le savez, c’est un montant bien supérieur à celui nécessaire pour la remise à neuf de notre parc électro-nucléaire (300 milliards), en mesure d’assurer, aujourd’hui même (pas hypothétiquement dans cent ans), 80% de la production avec de l’énergie parfaitement pilotable, et sans une once d’émission de carbone.
Erratum : bilan RTE 2016, croissance de la production du gaz de 60%. Pour les capacités c’est +8%.
Et -1,8% de production pour l’éolien, malgré +13% de capacités. Le facteur de charge, qui n’a jamais été fameux, a encore du prendre un coup dans l’aile (ou dans la pale...).
Ce n’est pas 60 GW dont la France a besoin, mais 100 GW instantanés !
Actuellement le nucléaire (décarbonné) assure pour 63GW, les fossiles carbonnés pour 21 GW (gaz 11, fioul 7 et charbon 3). Soit un total de 84 GW à compenser par de l’énergie pilotable ou intermittente avec stockage.
Outre la folie douce (mais assumée par nos escrologistes) de dépenser des centaines de milliards d’€ pour substituer principalement du décarbonné (nucléaire) par du décarbonné (énergies intermittentes), 84 GW en éolien seul cela représente 28000 éoliennes de 3 MW.
En prenant évidemment en compte le facteur de charge de 22%, il faut multiplier ce chiffre par 4,5 soit 126.000. Puissance installée 378 GW !
Si conditions anticycloniques sur l’Atlantique nord, production de ces 378 GW = 0 ou proche de 0. La CSPE n’est pas prête de baisser... !
Pour de l’éolien terrestre on est à 1,2 million d’€ le MW installé, à renouveler deux fois pour équivaloir la durée de vie d’une centrale thermique (50 ans), et ce sans compter l’investissement (conséquent) dans le renforcement du réseau inhérent à une décentralisation de la production, et sans compter surtout le backup : les centrales à gaz à démarrage rapide pour pallier l’intermittence de production !
Si vous lisiez le dernier bilan 2016 de RTE, vous y verriez que la croissance la plus forte l’année dernière en capacité installée a été du fait du gaz : 60% de croissance. Et que la production éolienne a baissé par rapport à l’année précédente, malgré des capacités en hausse...
Je pose une question : si les énergies intermittentes - nullement renouvelables - étaient si compétitives par rapport au nucléaire ou toute autre énergie, pourquoi devoir imposer aux contribuables et aux consommateurs français de les subventionner (5,5 milliards d’€ en 2016 au titre de la CSPE) ? Il y a là un défaut de logique manifeste.
Pourquoi un Français a une facture d’électricité 50% moitié inférieure à celle d’un Allemand ou d’un Danois, les plus en pointes en Europe dans les énergies intermittentes, y aurait-il cause à effet... ?
Accessoirement, d’un point de vue purement écologique : pourquoi ce même Français rejette 50% de moins de CO2 chaque année que ce même Allemand et 20% de moins que ce Danois ?