En clair, le procureur a été soigneusement choisi par le pouvoir, qui était sans doute au courant mardi d’une opération de police d’une telle envergure – avec une quinzaine de perquisitions menées par plus d’une centaine de policiers – avant qu’elle ne se produise. L’attaque contre Mélenchon et LFI est manifestement une attaque politique, menée alors que l’exécutif est au plus bas dans les sondages et qu’il cherche désespérément à étouffer toute opposition sociale à son programme.
Mélenchon dit : « Vous ne vous comportez pas en policiers républicains. … Vous ne pouvez pas nous molester, vous ne pouvez pas nous pousser, vous n’avez pas le droit de nous empêcher de rentrer dans nos locaux, surtout que nous ne posons aucun obstacle à vos perquisitions. Mais vous, vous vous comportez d’une drôle de manière. Vous entrez, vous prenez des tas de choses, vous ne dites pas quoi, vous repartez et on ne sait pas ce que vous avez pris. »
En fait, en plus d’éventuels biens personnels des dirigeants de LFI, on sait que la police a aspiré toutes les données au siège de LFI. Manuel Bompard, le coordinateur des campagnes de LFI, a dénoncé le comportement de la police et des enquêteurs : « On m’a empêché d’assister à la procédure administrative, alors que je suis le responsable légal de La France insoumise, je n’ai pas pu assister aux opérations. (…). Aucun Procès Verbal ne m’a été proposé à être signé. »
Suite aux perquisitions menées contre La France insoumise (LFI) sur ordre du parquet de Paris mardi, la justice et les médias lancent une campagne violente contre le chef de LFI, Jean-Luc Mélenchon. Le but est manifestement de menacer d’interdire LFI, une organisation qui a reçu les voix de 20 pour cent des Français aux dernières élections présidentielles, ou du moins de faire planer sur les têtes de ses dirigeants la menace de peines considérables.
Ceci serait un pas majeur dans la transformation de l’État policier créé en France sous l’état d’urgence de 2015-2017 en un appareil servant ouvertement à écraser l’opposition politique et la colère sociale contre l’aristocratie financière. En fait, la manière dont les milieux officiels traitent cette perquisition est un avertissement de la profonde crise de la démocratie française. Un État policier existe et se consolide rapidement en France, posant une menace mortelle aux travailleurs.