Le piège se referme. Dire qu’avant l’invention de la création monétaire par le crédit, il fallait faire la guerre pour piller un pays. A quand l’Italie, l’Espagne et la France ?
La déflation va diminuer le PIB, ce qui va accélerer la croissance du rapport dette/PIB. A un moment, les dettes ne seront plus remboursables, ce qui va causer la faillite de quelques grandes banques qui ont fait du Ponzi avec la dette. Nous serons alors entré dans la troisième grande crise depuis l’an 2000.
L’instabilité économique est causée par les mécanismes de gestion de la monnaie actuels. Alors que beaucoup d’économistes ne voient encore dans la monnaie qu’un outil de troc, la création de monnaie scripturale par la dette a fait de la monnaie un vecteur d’instabilité permanente de l’économie. Nous devons modifier notre manière de considérer la monnaie. Les travaux de Minsky sur l’instabilité financière datent des années 1980 ; il serait temps que la majorité des économistes s’y intéressent.
@Le p’tit Charles Bien sûr qu’il existe des phénomènes de violence en France, mais c’est très loin de ce que j’ai vu au Brésil et pourtant j’habite la banlieue parisienne.
Nous n’en sommes pas encore à enlever le tutoiment des conversations pour créer une distance avec nos interlocuteurs et nos citées de banlieues ne sont pas encore des favelas. Et encore, habiter une favela à Rio, c’est déjà être privilégié ; pour beaucoup de familles, la résidence principale est un carton posé devant un porche.
Bien qu’habitant le quartier super favorisé d’Ipanema, j’étais souvent réveillé la nuit par des coups de feu dans la favela la plus proche. Parfois, cela se terminait à la grenade… J’ai assisté à une fusillade dans un quartier pourtant assez chic (c’était juste devant la résidence du gouveneur de l’Etat) et j’ai été menacé trois fois par une arme et pourtant je ne suis jamais entré dans une favela.
Une nuit, j’ai aperçu un cadavre sur la plage. A 50 m, des personnes sirotaient leur coco et un policier était de faction sur la rue. Je suis repassé une demi-heure après, le cadavre était toujours là et personne n’avait bougé.
Dans les relations de travail, les contrats peuvent se terminer dans la journée, y compris pour les cadres et il n’y a pas de chômage, sauf cotisation volontaire, mais qui peut se la payer ? A l’époque, bien que la dictature soit terminée depuis plusieurs années, il y avait encore des groupes paramilitaires qui tuaient les groupes d’enfants de la rue.
Il fallait toujours avoir sur soi un ou deux billets d’un real pour adoucir les relations, que ce soit avec la personne qui vous braque ou avec un policier.
J’ai travaillé à Rio de 1996 à 1998 et je peux confirmer le contenu de cet article. La corruption est assez généralisée dans ce Pays et ce n’est pas le PT qui l’a inventée. A l’époque, j’avais vu sur O Globo un reportage sur la corruption dans la Policia Militar qui concluait que 90% des policiers étaient corrompus dans cet organisme. Il faut dire que le salaire des policiers ne leur permet que d’habiter dans une favela sous le contrôle d’un narco-trafiquant.
Les brésiliens que j’ai rencontrés sont des gens formidables mais la société dans laquelle ils vivent est d’une violence inimaginable en France. Ce n’est pas pour rien que les Brésiliens ont supprimé la deuxième personne du singulier dans les conjugaisons. Cela pousse une majorité de la population a se « débrouiller » par elle-même. Au premier contact, beaucoup de Brésiliens pauvres ne voient dans l’étranger qu’une source de cash, mais ils peuvent se révéler extrêmement généreux dès qu’ils ont compris qu’on les considérait d’abord comme des êtres humains.
Votre intuition sur l’accélération des crises semble tout à fait justifiée. L’économiste australien Steve Keen l’avait déjà modélisé dans les années 90 à partir du principe d’instabilité monétaire de Minsky, ce qui lui a permis de prévoir les crises de 2000 et 2008 avec 2 ans d’avance et il nous promet bien la suivante.
Il semble que le paramètre à surveiller comme le lait sur le feu est le rapport dette/PIB dont la croissance accélère lorsque la crise est imminente.
Le Quantitative Easing US de Ben Bernanke n’a pas créé d’inflation tout simplement parce qu’il n’a pas été utilisé par les banques. Alors que la masse monétaire M0 créé par la banque centrale pour les banques avait augmenté de 110%, les encours des particuliers et des entreprises (masse monétaire M1) n’a augmenté que de 20% et M0 a dépassé M1 alors qu’on nous explique que l’on injecte sur M0 parce que les banques peuvent multiplier cette somme par 10 dans M1. Si Obama avait été mieux conseillé, il aurait injecté cette somme directement dans les comptes des entreprises ou des particuliers et cela aurait été autrement plus efficace. Il aurait aussi pu investir directement dans la construction d’infrastructures comme pendant le New Deal.
Sur le résultat de la prochaine crise, il est difficile d’anticiper ; la nature de la dette est complètement différente de la dette de 29. A cette époque la dette était dans les entreprises alors qu’aujourd’hui, cela concerne les états et les particuliers. On ne peut pas fermer les états ou les familles en faillite ! La crise risque d’être plus durable mais avec un pic moins élevé.
La sortie de crise passe par la remise en cause du dogme de la création monétaire par la dette parce que c’est l’arme absolue des prédateurs. En Europe, les règles monétaires ont été coulées dans le béton, il ne sera pas facile de revenir dessus. Les dettes qui ne peuvent être remboursées ne seront pas remboursées et nos amis grecs pourraient cesser de payer un jour, ce qui causera la faillite de quelques banques françaises entre autres. Mais nous pouvons compter sur toute l’intelligence des dirigeants européens pour maintenir le plus longtemps possible à flot un système qui n’en peut plus.