@Rmanal Ce n’est pas de la monnaie fiduciaire, c’est de la monnaie scripturale. Ce sont les comptes de dépôt. Cela fait partie de la masse monétaire M1 au même titre que les billets, mais les règles de création ne sont pas les mêmes. La monnaie scripturale est de loin la plus grande partie de la monnaie disponible, la part des billets de réduisant régulièrement.
M0 est la masse monétaire émise par la banque centrale réservée aux banques. A partir de M0, une banque peut créer des ligne de crédit qui se retrouve sur les comptes des emprunteurs (M1). En principe la banque peut créer beaucoup plus de prêts qu’elle possède de monnaie M0 puisque le prêt ne sort pas immédiatement de la banque (et y restera si le prêt doit payer un autre client de la banque). La somme maximale que la banque peut prêter à partir de M0 est limitée par un coefficient multiplicateur que l’on retrouve dans les accords Bâle III. Dans la réalité, ce coefficient multiplicateur ne limite pas le crédit, car si la banque dépasse, elle a deux semaines pour redemander de la monnaie M0 à la banque centrale et au prix qu’elle paye, faut pas se priver.
Je ne suis pas contre l’idée d’une redistribution des gains de productivité vers la société qui en est à la fois l’artisan et la victime. Le problème est qu’avec la mondialisation, il faut faire attention à ce qu’il reste quelque chose à distribuer avant de faire la répartition. Une partie des bénéfices va aussi actuellement vers des salariés au Bangladesh ou à Madagascar et tous les bénéfices ne sont pas récupérables. La seule manière d’y arriver et de continuer à produire de la richesse. Je crois plus sûr pour arriver à cet objectif de justice sociale de modifier les règles régissant la monnaie en supprimant la création monétaire par la dette et les intérêts qui vont avec. Ainsi pour s’enrichir, il ne faudra plus se contenter de prêter de l’argent et d’attendre ; il faudra aussi que les plus riches se creusent la tête pour créer de la richesse s’ils veulent maintenir leur train de vie. Il s’agit de faire une invertion de priorité entre la prédation des richesses existantes et la création de richesses nouvelles.
Le Bitcoin est une monnaie dont la valeur est basée sur la confiance que l’on peut avoir sur le fait que ses créateurs ne changeront pas les règles de fonctionnement. Cette monnaie est spéculative par nature, il ne faut pas s’offusquer de ses variations de cours et personne n’oblige personne à l’utiliser.
Quand au blanchiment, les polices américaine et française ont démontré qu’il n’assure aucune protection. Il suffit d’acheter une petite quantité de drogue pour remonter les adresses IP et retrouver les auteurs. Le Dollar en billets restera encore longtemps indétronable pour faire du blanchiment.
Je trouve une vertu au Bicoin : Il montre que le monopole des monnaies centrales est près de disparaître ; l’économie sera moins dépendante des mauvaises règles de gestion. La création monétaire par la dette est une calamité pour les salariés et crée le chômage de masse.
Je suis plutôt d’accord avec l’analyse de la situation, mais j’émets des réserves sur la solution.
Tout d’abord, il faut bien comprendre qu’il y a un lien entre le chômage de masse et le modèle capitaliste actuel. L’économiste János Kornai écrivait "En examinant les problèmes d’une économie socialiste, on voit que le problème de la pénurie joue un rôle similaire au problème du chômage dans la description du capitalisme » Par ailleurs, l’économiste Steve Keen a montré par un modèle développé à partir des théories de Minsky que bien que les capitalistes soient les seuls emprunteurs de son modèle, c’est en fait sur les travailleurs que pèse le remboursement de la dette.
A propos du Quantitatve easing, lorsque Ben Bernanke a libéré 1300 milliards de dollars après la crise de 2008, pratiquement rien n’a été injecté dans l’économie. La masse monétaire M0 (celle de la banque centrale allouée aux banques) a augmenté de 110%, mais la masse M1 (principalement sur les compte bancaire) n’a augmenté que de 20% et M0 s’est retrouvé supérieur à M1. On avait prétexté le multiplicateur monétaire pour allouer cette somme aux banques et c’est l’inverse qui s’est produit ; cela aurait été beaucoup efficace si cette somme avait été investie dans des projets d’investissement.
La conclusion est qu’il faut d’abord réformer le modèle capitaliste basé sur la dette qui n’est plus adapté à la situation. Par ailleurs, distribuer de la monnaie sans mettre de contreparties est un moyen sûr de faire effondrer la valeur de la monnaie. Il me semble qu’il est important de demander un travail en échange. On peut toujours améliorer la santé, l’environnement, l’éducation, la culture… et créer la richesse qui soutiendra la valeur de la monnaie.