@Spartacus Ben si, la théorie néoclassique de l’économie est la seule enseignée en France ou presque. A part Gaël Giraud à la Sorbonne, je ne vois pas beaucoup d’enseignants sortir de ce programme.
Je n’ai pas fréquenté une de ces écoles, mais j’ai côtoyé beaucoup d’étudiants de Sciences-Po dont une partie sont entrés à l’ENA. Je connais par cœur le comportement des étudiants qui sont entrés à l’ENA, tellement ils se ressemblent. Ils ont tous une grande capacité de synthèse, mais sont incapables de regarder l’avenir autrement que comme une extrapolation linéaire du passé. Leur rapport avec la vérité (scientifique ou autre) est toujours très distant. Pour eux le choix de la droite ou de la gauche n’est qu’une question d’opportunité. De toutes façon, droite et gauche passeront leur vie ensemble dans les cabinets, l’un pour prendre les décisions et l’autres pour écrire les dossiers.
En économie, la théorie néoclassique a tout imprégné et même les économistes de gauche comme les économistes atterrés ont du mal à en sortir, principalement sur les problèmes monétaires et la vision dynamique. La pensée de Keynes a été assassinée ; on a fait semblant de la prendre pour mieux la déformer et en final la faire disparaître. Le problème avec cette théorie néoclassique, c’est qu’aucune de ses lois ne se vérifie dans la vie réelle (c.f. Steve Keen « l’imposture économique »), mais elle est bien adaptée pour l’ENA puisqu’elle fait l’impasse sur l’analyse dynamique des phénomènes (ah oui, l’économie est en équilibre et on extrapole le futur avec une droite). Il faut donc sortir de l’opposition droite/gauche pour imaginer autre chose.
C’est vrai qu’à cause de l’immobilisme, les prédateurs n’arrivent pas à tout nous prendre. Et il faut faire vite avant que le système ne s’effondre. Après, il sera trop tard. C’est vrai que si nous faisons des efforts, ils nous laisseront peut-être les miettes, mais surtout il pourront continuer la prédation plus longtemps, des fois qu’il reste quelque chose à nous prendre.
Le chômage vient bien de l’immobilisme, mais celui qui consiste à ne pas réformer le système financier pour favoriser la création de richesse plutôt que la prédation. Le banquier serait subitement moins pressé.
@Mohammed MADJOUR le moteur Franco-allemand n’existe pas en économie et la France sera parmi les prochaines victimes d’un système tout entier tourné vers la prédation.
Les Grecs ne font que réclamer le retour de tout ce qui leur a été pris, il n’y a pas de maîtres chanteurs. Le système Grec avant l’Euro avait remplacé l’impôt par l’inflation et cela leur convenait. Le passage à l’Euro sans préparation est dans ce cas une condamnation à mort. L’Europe aurait pu proposer un passage partiel à l’Euro, en réservant l’Euro à ceux qui payent l’impôt. La comparaison entre les deux systèmes aurait permis un passage en douceur dans un sens ou l’autre.
Si je voulais sortir de l’Euro, je n’en parlerai pas avant le jour J pour éviter la sortie massive de capitaux. Il vaut mieux que tout le monde croie à une capitulation pour les prendre par surprise. Je me trompe peut-être, mais j’ai cru comprendre que le ministre des finances grec est un économiste non affilié à la théorie néoclassique. Il doit avoir en tête d’autres modèles que celui qu’on veut lui imposer.
Si l’accord n’avais pas été signé, le plus grand perdant aurait été l’Europe qui aurait été obligée de revoir sa politique de prédation. J’en déduis que nous ne savons pas tout.
Bon, si ils ne sortent pas de l’Euro, je serai très déçu, car le sale boulot de faire exploser le machin reviendra à un autre pays et surtout se fera plus tard, laissant la situation empirer. La France est une bonne candidate…
L’Euro est de par sa construction astucieuse une machine à faire de la prédation.
La sortie sera bénéfique pour tous si les monnaies qui le remplacent favorisent l’investissement qui fabrique de la richesse. On peut imaginer un passage en douceur en faisant une sortie partielle de l’Euro, simplement en supprimant son monopole.