La définition de la richesse est assez complexe et dépend du point de vue de chacun. J’avais déjà cité La santé, l’éducation, la culture, l’information mais cette liste est loin d’être exhaustive. Le travail peut y être inclus s’il n’est pas aliénant. Je considère que l’outil de travail est bien plus une richesse que le travail ou le produit du travail. Une monnaie basée sur la santé permet de construire des hôpitaux, une monnaie basée sur l’éducation permet de construire des écoles. Il faut bien comprendre que la valeur qui sert de contrepartie à la monnaie est future et il est indispensable que les utilisateurs aient confiance dans cette valeur future.
En suisse, la banque WIR est une coopérative qui émet le Franc WIR en contrepartie d’immobilier d’entreprise. Cette monnaie finance les 20% de bâtiments commerciaux et industriels qui ne sont pas financés en Franc Suisse et circule ensuite entre les coopérateurs qui sont de fait les vrais propriétaires de la monnaie. Les chèques de la banque ont deux lignes pour panacher les monnaies lors d’un paiement.
Lorsqu’un pays émet de la monnaie, il ne peut peut le faire qu’au nom des citoyens qui sont les vrais propriétaires de cette monnaie.
Le PIB n’est pas lié à la richesse, mais à l’activité. Les catastrophes augmentent le PIB par les travaux de reconstruction, mais il n’y a qu’une restauration de la richesse, pas de création de richesse nouvelle. Beaucoup d’activités économiques sont également liées à de la prédation sans création de richesse.
Je crois que le plein emploi dépend de l’augmentation de la richesse, mais la richesse n’est pas un tas de monnaie et s’exprime parfois très mal avec la monnaie comme unité de mesure.
Qu’est-ce qui peut être la richesse pour vous ? La santé, l’éducation, la culture, l’information sont des richesses dont on a du mal à exprimer la valeur. Si nous pouvons donner une valeur, alors nous pouvons les financer. Il faudra pour cela modifier en profondeur notre système monétaire pour créer de la monnaie sans crédit avec ces richesses futures en contrepartie.
L’économiste János Kornai écrivait dans « Ressource-constrained versus demand-constrained systems » : « En examinant les problèmes d’une économie socialiste, on voit que le problème de la pénurie joue un rôle similaire au problème du chômage dans la description du capitalisme ».
Si nous n’avons le choix qu’entre pénurie dans le plein emploi et chômage dans l’abondance, il vaut mieux chercher ailleurs.
Le fait qu’il ait été détecté ne veut pas dire qu’il représente un danger par la santé. Les niveaux mesurés ne sont pas supérieurs à ce qui reste des essais nucléaire en atmosphère (sauf dans l’environnement immédiat de la centrale, sans que cela présente un danger).
L’article confirme que les niveaux de Plutonium de Tchernobyl sont d’un niveau autrement plus élevé, mais le fait que les rejets de Fukushima ait été gazeux n’a entrainé que des quantité infimes dans l’atmosphère.
Pour le Cesium, vous n’avez pas lu tout ce que j’ai écrit. Tout d’abord au bout d’un siècle, il reste encore un huitième de sa concentration. En fait, il disparaît des compteurs Geiger beaucoup plus vite que ça, non du fait que les atomes se désintègrent plus vite mais du fait de sa dispersion rapide dans l’environnement et du fait de son absorption par les sols argileux. On peut le retrouver alors très loin du point de départ dans les champignons et certains gibiers (sangliers...) dont il faut se méfier. Les faibles niveaux que vous avez indiqué pour Tchernobyl montre bien la dispersion. Les mesures faites en France montre que les niveaux étaient probablement autrement plus élevés juste après l’accident à Tchernobyl qu’à Fukushima.
L’étude suivante montre les concentrations de Cesium 137 dans le corps humain en Belgique après les essais nucléaires et après Tchernobyl. L’effet lié à la dispersion et l’absorption par les sols sont considérable (rapport de l’ordre de plusieurs centaines au bout d’une vingtaine d’années). Cela veut bien dire que si certaines précautions sont prises sur la décontamination des sols agricoles et dans notre environnement immédiat, le Cesium 137 ne présente rapidement plus aucun risques pour la santé.
Tchernobyl a envoyé 80% de son réacteur dans l’atmosphère alors qu’à Fukushima, la pollution a été principalement gazeuse pour la partie qui concerne la population. Les métaux lourds y sont donc absents et la différence est essentielle. Le sujet est un peu différent pour la pollution de l’océan, mais celui-ci disperse très rapidement les polluants. Quand on connait le nombre de réacteurs de sous-marins coulés en fin de vie par les soviétiques...
Le Becquerel est une unité qui indique le nombre d’événement radioactifs par seconde, pas la dangerosité. En France, la pollution liée à Tchernobyl a atteint 4000Bq par m2 et l’inquiétude a été de courte durée : des restrictions sur les salades la première année et sur les champignons ensuite. 37000Bq par m2 ne sont dangereux que si on absorbe les produits contaminés du sol. 10000Bq rien que dans la thyroïde, c’est très préoccupant, mais pas forcément mortel.
A Fukushima nous avons une pollution principalement par l’iode 131 et le Césium 137. L’iode est absorbé par le corps, ce qui rend ce produit particulièrement polluant, mais la période (ou demi-vie) de l’iode est d’une semaine. L’iode 131 a donc pratiquement disparu.
Le Césium 137 a une période de 30 ans, ce qui semble nettement plus gênant mais il passe rapidement dans le sol par la décomposition des feuilles et disparaît de l’atmosphère. On peut le retrouver dans les champignons et le gibier, mais on n’est pas obligé de consommer ceux-là. Le Césium a l’avantage de passer rapidement dans le corps - 100 jours en moyenne ; le corps humain ne verra qu’une désintégration sur 160, ce qui limite largement sa dangerosité. On peut dépolluer en grattant les sols. Les essais nucléaire en atmosphère ont libérés des quantités astronomiques de Césium 137 mais on ne le retrouve plus, même s’il est toujours fortement radioactif.