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Patrick Adam

Patrick Adam

55 ans - Résident dans l’ex Rio de Oro, aujourd’hui Sahara marocain. Chercheur autodidacte intéressé à l’histoire de l’Ouest saharien et du Maghreb. Spécialiste du raid de Michel Vieuchange, jeune Français mort en 1930 à son retour de Smara, cité interdite du désert, et dont les Carnets de route, préfacés par P. Claudel, ont connu leur heure de gloire avant de sombrer dans l’oubli. Auteur de différents articles sur le sujet et d’un ouvrage paru en février 2006, aux éditions L’Harmattan, intitulé : "De Smara à Smara".
 [décédé début décembre 2006]
 

Tableau de bord

  • Premier article le 07/02/2006
  • Modérateur depuis le 27/02/2006
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Derniers commentaires



  • Patrick Adam Patrick Adam 28 août 2006 21:21

    @ gerardlionel

    Oui la colonisation a été une erreur au plan phlosophique, mais nous ne pouvons avoir cette impression qu’avec le recul de l’histoire, car il ne faut pas oublier que durant des décennies se sont les progressistes qui s’en sont fait les champions alors que les forces dites « conservatrices » freinaient des quatre fers, disant que libérer les peuples allait nous coûter trop cher pour pas grand chose. Il y a eu des massacres, c’est vrai. Mais l’époque était aux massacres généralisés, la vie humaine n’ayant pas la valeur que nous lui connaissons. Je pense personnellement que le pire reproche que l’on puisse faire à certains colonisateurs a été de considérer les pays conquis comme des réservoirs de chair à canons pour préparer la ou les guerres que nous savions devoir mener contre nos voisins allemands qui, de leur côté, avaient le même point de vue, ainsi que les autres puissances européennes.

    Juger aujourd’hui de la mission civilisatrice me paraît bien délicat. A l’exemple du Maroc, le bilan économique et sociologique est loin d’être négligeable.

    Je pense, comme je l’ai dit plus haut à Cambronne, que le premier problème auquel est confronté l’Afrique est un problème de démographie qui ne peut être inversée qu’avec un effort sans précédent au plan éducatif. L’Afrique doit apprendre à maîtriser sa démographie et à donner un projet de vie à ses enfants (et non un projet de mort dans les pateras qui tentent de gagner les Canaries). Développer l’Afrique est indispensable à bien des égards. Pour les Africains et pour nous-même, mais l’exemple algérien devrait nous montrer chaque jour les erreurs à ne pas commettre : ce pays connaît un excédent en devises presque inconcevable, pourtant il n’arrive toujours pas à décoller, les investissement en infrastrutures (autoroutes, ports, voies de chemin de fer) ne sont pas réalisés, le secteur du logement est sinistré, l’éducation dévalorisée, la culture peine à s’y exprimer avec le minimum de liberté que souhaitent les créateurs et la jeunesse de ce pays. Je suis toujours effaré de constater qu’aujourd’hui encore il faut sans doute plus d’une semaine pour aller de Tanger au Caire en voiture, alors que s’il y avait une autoroute, deux jours suffiraient amplement. Qui a empêché les Maghrébins de construire cette autoroute ?

    L’Afrique a besoin de grands projets d’infrastructure, doublés de petits projets d’arrière pays. L’un ne peut aller sans l’autre. Mais peut-on évaluer les besoins réels de spopulations s’ils changent chaque dix ans en raison de la pousssée démographique, et qui est prêt à financer de tels investissements avec tous les contrôles qu’il conviendrait d’assurer sur place. Devons-nous aller vers une nouvelle forme de protectorat quand il s’agira de gérer des fonds extra-africains ? La logique et l’efficacité le voudrait. Mais la politique des pays concernés acceptera-t-elle cette tutelle ? C’est pourtant la seule voie possible. Toutes les autres ont échoué.

    Bien à vous Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 28 août 2006 20:57

    @ Cambronne

    Bonne rectification. L’Afrique a un sérieux problème lié à ses traditions et je pense que le discours de nos hommes politiques qui tente ce fait sous silence est des plus dangereux.

    Quand une société va mal, c’est que quelque part il y a un problème au niveau éducatif. On l’a vu chez nous aux époques les pus douloureuses de notre histoire. Pour ce qui est de l’Afrique, c’est la valeur humaine qui n’y est pas enseignée comme elle le devrait, c’est à dire au niveau individuel et non à celui de la famille, des ancêtres et du clan. Il faut que chaque enfant, dès le plus jeune âge, se sente porteur d’un projet. Ce qui est loin d’être le cas. Les enfants y forment une masse indistincte, où chaque individu est interchangeable selon l’intérêt du groupe.

    Le problème avec l’Afrique, c’est que ça dure depuis un bout de temps, excepté la qualité d’éducation que les Africains ont reçue au temps de la colonisation (peu nombreux à en profiter) mais permettant en quelques décennies l’émergence d’une classe dirigeante qui aurait pu s’épanouir après les indépendances si elle n’avait pas été immédiatement mise au pas par les chefferies habituelles à ce continent. Dommage. Mais il faut arrêter de toujours faire porter la faute sur les seuls dirigeants politiques qui, bien souvent, ne sont que des ectoplasmes au service de chefs locaux traditionnels.

    Bien à toi et que l’appel au clairon soit plus clair la prochaine fois, sinon je vais encore passer à côté du sens exact de ton message. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 28 août 2006 17:33

    @ Bulgroz

    Salut. Oui l’Afrique va mal. Très mal même. Pour moi, outre le problème démographique, il me semble que tout le système éducatif est à revoir sur le continent. L’Afrique produit des dizaines de milliers d’avocats, et de gratte-papiers en tous genres, la plupart rêvant de truster les instances internationales. Mais elle produit bien peu d’ingénieurs, de techniciens ni même d’ouvriers spécialisés.

    Pour ce qui est du pillage organisé par les Occidentaux, il est loin d’expliquer à lui seul la lente dérive de développement que ce continent connaît depuis les indépendances. La SONATRACH exploite le pétrole algérien depuis la fin des années 60. Comment se fait-il qu’elle ait abandonné (même au temps de Boumedienne) des pans entiers de ce secteur aux Américains, à l’exemple d’Arzeu, et qu’elle lance aujourd’hui encore des appels d’offre internationaux pour chercher des partenaires capables d’exploiter avec elle de nouveaux gisements ? Quarante ans d’exploitation en solo et pas encore de réelle indépendance... Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 28 août 2006 17:15

    @ IP:xxx.x3.102.41

    Merci beaucoup pour ces précisions que je vais conserver dans mes tablettes.

    Ségolène Royal ne fait que reprendre des thèmes à la mode. Elle hume l’air du temps et elle compte nous le vendre dans de petites bouteilles comme de l’eau de Lourdes. le pire c’est que l’affaire marche du feu de Dieu. Je me demande si elle n’est pas en train de mettre au point avec ses comparses un ustensile sophistiqué destiné à enfoncer les portes ouvertes (semblable à la machine à jouer au bilboquet inventée par le grand Gaston Lagaffe - le vrai pas le débile de la télé) et si elle ne compte pas nous le refiler incessamment.

    Bien à vous. Patrick Adam



  • Patrick Adam Patrick Adam 28 août 2006 16:57

    Salut cambronne.

    Non Ségo n’a pas raison et toi tu nous refais le coup de l’Afrique à papa. Tu crois que les Africains n’ont besoin que de pompes et de forage ? C’est fini tout ça. Tu peux forer, pomper, électrifier, assainir tout ce que tu veux, les trois-quarts des jeunes Africains n’auront qu’une envie : celle d’aller vivre ailleurs.

    Le développement de l’Afrique se fait au sein des familles. Tu dois pourtant le savoir. Une famille a en moyenne de 6 à 8 gosses. La plupart partent dans les villes pour travailler de petits boulots et seulement un ou deux restent en brousse ou au bled pour s’occuper des vieux. Quel co-développement peut-tu envisager pour rémédier à cela ? Le problème n’est pas en brousse ou au bled, il est dans les villes. Lagos.. combien d’habitants...

    Les Maliens pratiquent le co-développement depuis maintenant plus de vingt ans. Est-ce que ça a tari l’immigration venant de ce pays ? Non bien sûr. Au contraire, les circuits d’immigration sont devenus plus performants...

    Le problème de l’Afrique est avant tout un problème démographique. Déjà Réné Dumont parlait ainsi dans les années 60 et la situation n’a fait qu’empirer. Tant qu’un homme politique de chez nous ou d’ailleurs n’aura pas les c... de le dire, on laissera ce continent s’enfoncer dans la misère la plus noire (sans jeu de mots).

    Pour ce qui est De Villiers, il a fait la pub pour ses opérations au Bénin. Je veux bien le croire, mais tu sais j’en ai vu pas mal de ces associations qui viennent dans le sud du Maroc en prétendant sauver tout le monde. Pour quel résultat... Elise Lucet n’arrive toujours pas à faire protéger les vieux papiers des bibliothèques des sables de Mauritanie parce que chaque famille veut conserver son bien chez elle. Et ce que j’ai signalé plus haut concernant la vallée des Aït Bouguemez est plus significatif encore. Le projet de classement par l’Unesco étant finalisé, les caciques du coin n’ont pas voulu signer la convention qui allait les contraindre à enterrer les lignes électriques (subventions à l’appui) et leur interdire toute construction en ciment..

    Ségo, c’est du pipo. Et c’est sinistre. Bien à toi. Patrick Adam

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