"Pense a celui qui a planté l’arbre dont tu manges les fruits” (proverbe d’un immigré de force)
Pour le bonnet d’âne qui a envoyé la chanson du Maréchal
Au sortir d’Indigènes, le chant de ces hommes résonne en nous : « C’est nous les Africains, qui revenons de loin, nous venons des colonies pour sauver la Patrie, nous avons tout quitté, parents, gourbis, foyers, et nous avons au cœur une invincible ardeur... »
En Camargue, pas dans un kibboutz lointain, En 1941, alors que le risque de pénurie alimentaire gagnait la France, plusieurs centaines d’Annamites furent envoyés en Camargue pour produire « l’or blanc », le riz qui devait nourrir la France et faire la fortune des grandes familles arlésiennes. En savoir plus sur ce lien.
... Les juifs bénéficient du statut de « dhimmis ». « Ce sont des protégés du sultan, poursuit Kenbib. Ils peuvent pratiquer leur religion mais reconnaissent la suprématie de l’islam et payent un impôt particulier. » L’intégration du Maroc dans le marché économique mondial, au XIXe siècle, met à mal l’équilibre culturel, social et économique trouvé entre les populations juives et musulmanes. Les artisans juifs doivent faire face à la concurrence des machines et des objets manufacturés venus d’ailleurs. Et cela s’accentue avec le protectorat (1912-1956), qui entraîne une certaine prolétarisation de la communauté. Sans parler des colons, qui occupent désormais le rôle d’intermédiaires avec l’Europe, jadis dévolu aux juifs. A l’arrivée des Français, ces derniers doivent également faire face à un antisémitisme jusqu’alors inconnu au Maroc. Dès 1940, les lois anti-juives de Vichy y sont appliquées. Sauf qu’entre 1941 et 1943 les musulmans n’hésitent pas à leur servir de prête-nom pour éviter que leurs biens soient séquestrés. Quant au roi Mohammed V, qui avait ouvert les portes du royaume aux juifs d’Europe persécutés dès les années 1930, il a ostensiblement fait savoir aux autorités françaises qu’il ne faisait aucune distinction entre ses sujets. ...
@Mohamed Takadoum Bonjour, Que pensez vous de ce documentaire : Tinghir-Jérusalem :
les échos du Mellah De nos jours, est ce qu’il provoque encore autant de polémique ?
Le 8 avril 2012, la diffusion sur la chaîne de télévision publique marocaine 2M de Tinghir-Jérusalem : les échos du Mellah, un film documentaire du jeune réalisateur franco-marocain Kamal Hachkar, 35 ans, avait provoqué un tollé.
A la veille de l’indépendance du Maroc en 1956, il existait plusieurs centaines de communautés juives à travers tout le pays, représentant une population totale d’environ 280000 personnes et constituant la plus importante entité juive du monde musulman. ... La population marocaine juive était numériquement importante au milieu du XXe siècle. Elle ne souffrit pas de la Shoah car le Sultan Mohammed Ben Youssef, plus tard le Roi Mohammed V refusa (alors que le Maroc était sous protectorat français) que les lois anti juives du régime de Vichy soient appliquées à ses sujets juifs. Les Marocains juifs, même pendant la colonisation, furent restés des sujets de nationalité marocaine, comme les Tunisiens juifs, le décret Crémieux n’étant d’application qu’en Algérie alors française. ... Entre la création de l’État d’Israël en 1948 et l’indépendance du Maroc en 1956, 90% des Marocains juifs émigrèrent. Les plus pauvres partirent en Israël, où ils constituèrent une part importante du prolétariat et de la population des « villes de développement », tandis que l’élite et la classe moyenne émigrèrent au Canada et en France. ... Les Marocains juifs étaient des citoyens à part entière, électeurs et éligibles. L’État marocain leur avait établi un espace juridique conforme aux préceptes du judaïsme. Sur le plan du statut personnel, ils furent régis par la loi mosaïque, ce qui signifiait qu’ils étaient justiciables des chambres rabbiniques près des tribunaux réguliers pour tout ce qui touchait au mariage, à l’héritage et au droit des mineurs. Si la communauté juive s’est trouvée forte de plusieurs centaines de milliers d’individus jusqu’au XXe siècle, elle s’est réduite pour ne plus compter actuellement qu’entre 3000 et 7000 membres, selon les sources. L’essentiel de cette communauté se concentre à Casablanca et à Rabat. Essaouira (Mogador), l’une des villes du Maroc dont le nombre d’habitants de confession juive dépassait les 60%, n’en compte plus que très peu et les anciennes communautés traditionnelles de Fès, Meknès ou Marrakech ont perdu leur population et leur éclat. Les différentes communautés juives d’origine marocaine comptent désormais plus d’un million de membres à travers le monde.
Bref, aux 2 banânes (l’accent circonflexe est de rigueur) : camembert !
La vérité, cependant, est que ce à quoi nous assistons n’est pas un clash de civilisations mais plutôt un clash à l’intérieur de civilisations. C’est un conflit entre divers éléments au sein d’une même culture religieuse. Entre ceux qui ont le sentiment d’avoir subi insultes et humiliations sur le plan historique, ce qui a provoqué leur aliénation, et d’autres éléments au sein de leur propre société ainsi qu’avec ceux qui sont extérieurs à leur culture religieuse. Le conflit interne est avec ceux qui cherchent à avoir des contacts constructifs avec d’autres sociétés dans le cadre d’une culture mondiale et d’une interaction positive avec la modernité.
Ce clash « à l’intérieur même de civilisations, » signifie que des voix éclairées des deux côtés ont pour responsabilité de travailler ensemble non seulement pour devenir plus grandes que la somme de leurs différentes parties mais aussi pour apporter ce témoignage alternatif essentiel, à savoir celui de la coopération inter-religieuse et interculturelle ainsi que celui du respect mutuel. Plus particulièrement, les dirigeants musulmans et juifs doivent à leurs communautés et aux traditions de leur foi de réfuter toute exploitation destructrice de leur civilisation religieuse respective en tirant leur inspiration des exemples de la coopération et de la collaboration glorieuses du passé des enfants d’Abraham, musulmans, chrétiens et juifs, au profit de tous.
Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv. Après avoir étudié en Israël et à l’EHESS, Shlomo Sand a notamment publié en France Les Mots et la Terre. Les intellectuels en Israël (Fayard, 2006), Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2009), Comment la terre d’Israël fut inventée (Flammarion, 2012) et Comment j’ai cessé d’être juif (Flammarion, 2013).
Son nouveau ouvrage, La fin de l’intellectuel français ? vient de paraître aux éditions La Découverte.
Animation : Dominique Vidal, journaliste et historien.
Pour en finir avec ces basânés (l’accent circonflexe est de rigueur), un site à réflexions :
Ce site se propose de faire connaître au public francophone la nébuleuse française au service de l’idéologie néo-conservatrice, un courant de pensée né aux États-Unis dans les années 70, dont les promoteurs ont accédé de façon coordonnée au pouvoir en 2001, à l’origine des grands bouleversements géopolitiques du XXIe siècle. Il se veut une compilation non exhaustive mais factuelle d’informations sourcées et/ou facilement vérifiables.