L’Europe EST déjà en voie de désintégration. Les nationalismes - ou quelque chose qui y ressemble étrangement - montent. C’est une belle réussite ! A vouloir faire les choses à l’envers, voilà le résultat. Vouloir faire l’Europe sans tenir compte de la volonté exprimée par les peuples était voué à l’échec. Aujourd’hui, cet échec est patent. L’intégration politique, indispensable au fonctionnement économique et financier ne se fera. Pourquoi ? Parce que les peuples ne le veulent pas. Le sentiment d’appartenance à une nation ne se décrète pas. Le sentiment d’appartenance à une supra-nation encore moins. Et je crois que, par exemple, tout le monde a bien compris maintenant que les Allemands ne se veulent pas sur le même bateau que les grecs. Quoi de plus normal ? Ils n’ont pas la même culture, ils n’ont pas les mêmes valeurs, ils n’ont sûrement pas les mêmes objectifs. Il n’y a pas un peuple européen. Il y en a toute une palanquée, et leurs visions du monde divergent. Aujourd’hui, tout projet de supra-nation européenne est caduc. Il va falloir faire avec cette évidence. Donc, pour résumer : « pas d’union politique » implique « pas d’union économique » implique « pas de monnaie commune » implique « retour à la case départ ». En évitant la casse si possible. Après on pourra peut-être repartir sur de bonnes bases. Qui sait ?
Je suis tombé sur ce truc hier. (ddacoudre, je sais que c’est un peu à la marge de votre sujet, mais il y a quand même un lien.) Si vous avez 15 minutes devant vous pour écouter ça, je crois qu’elles ne seront pas perdues, même si la forme n’est pas terrible. Cliquez ICI
Exactement, une bonne petite inflation bien maîtrisée c’est excellent pour la classe moyenne (on l’a expérimenté dans les années 70). MAIS PAS pour les très riches ou très très riches ! Et vue que la classe moyenne c’est celle qu’on liquide actuellement ... (attention, je parle bien d’une « bonne petite » inflation, pas d’une inflation à la mode de Weimar !!)
Je suis malheureusement moins confiant
que vous dans notre capacité collective d’analyser correctement la
situation actuelle, de décider des remèdes à appliquer et de
choisir le personnel politique capable de conduire ce qui ressemble à
une méga-mutation de la société.
Qu’il soit absolument nécessaire de
faire quelque chose, et vite, je n’en doute pas. Qu’on soit capable
de faire quelque chose, là c’est une autre histoire !
Donc, l’embrasement final est une
possibilité (encore faudrait-il croire à notre capacité de
révolte). Je penche plutôt, à l’heure actuelle, pour un lent et
interminable pourrissement de notre situation, jusqu’à ce qu’un jour, ayant touché le fond, et ne pouvant donc descendre plus
bas, nous repartions dans le bon sens. Un peu comme si, avant de
connaître une nouvelle Renaissance, nous devions d’abord passer par
un nouveau Moyen Âge.
Comment ne pas être d’accord ? Mais imaginez-vous la somme d’intelligence qu’il faudrait mobiliser pour un tel dessein ? Or, je ne suis pas certain que nous ayons, aujourd’hui, plus d’intelligence collective que de pétrole.