@chapoutier Non, ce texte ne dénonce pas l’incurie du pouvoir stalinien. Il affirme seulement que Staline n’est pas le « père de la victoire », c’est la moindre des choses pour un militant revenu du stalinisme mais , en bon marxiste il estime que la victoire est due à l’énergie des travailleurs du socialisme en marche. A mon sens c’est une autre forme d’aveuglement. C’est rejeter le pape sans sa religion. A l’arrière l’URSS a mis en place une économie de guerre qui a fini par devenir efficace. Ce pays continent de 170 millions d’habitants à l’époque pouvait aligner des troupes sans commune mesure avec celles des nazis. Le rapport de force s’est simplement inversé. Un marxiste, donc matérialiste doit comprendre cela sans difficulté.
@chapoutier Vous publiez un article. Il est normal que des personnes ne soient pas d’accord avec vous. Vous n’êtes pas obligé de les insulter. Si vous ne supportez pas la contradiction laissez tomber. Suggérer des pipes, traiter les gens de crétins au QI de moule cuite quant ils prennent la peine d’argumenter, est-ce ainsi qu’il faut faire ?
@chapoutier Alan Woods est un militant marxiste qui a fait une bonne partie de ses études en Bulgarie et en Russie derrière le rideau de fer. Il a beau être devenu trotskiste par la suite, sa vision de l’histoire de la guerre (il n’est pas historien précisons le), est totalement en accord avec l’histoire officielle de l’URSS. Quant à mes compétences en histoire, il se trouve que c’est ma formation universitaire. Les historiens trotskistes ne sont jamais tendres avec l’URSS de Staline, avant, pendant et après la guerre. Dugenet qui milite chez les trotskistes aurait pu vous le confirmer. Plutôt qu’étaler ce mépris à trois balles vous devriez mieux vous informer.
L’auteur expose ici une histoire officielle soviétique mise en place par le pouvoir après au début de la guerre froide qui n’est pas celle des historiens professionnels.
Il y a d’abord le pacte germano-soviétique qui a sidéré les occidentaux et permis à Staline d’envahir les pays baltes, la Finlande et une partie de la Pologne. Simple moment pour Hitler qui ne voulait pas combattre sur deux fronts et prévoyait d’attaquer la Russie après l’Europe de l’Ouest, côté russe il s’agissait officiellement de préparer la guerre. En réalité on sait que la Russie n’avait rien préparé et s’est trouvée débordée en 41. Seuls l’immensité du territoire, l’hiver et des millions de soldats jetés en pâture devant les nazis ont freiné l’avancée.
Les USA qui ne portaient pas Staline dans leur cœur ont apporté des moyens considérables aux russes en armement et pour les aider à réorganiser les industries d’armement en arrière. Ils ont aussi promis l’ouverture d’un second front à l’ouest qui a mis du temps à s’organiser au grand dam de Staline qui y voyait une manœuvre.
En réalité il y a plusieurs tournants dans la guerre courant 42 et début 43 et les soviétiques n’en sont pas les seuls acteurs. Midway (juin 42) marque la fin de l’expansion japonaise dans le Pacifique et le début d’un reflux long et sanglant. C’est la première grande défaite de l’Axe. El Alamein en octobre signe la fin de l’expansion nazie en Afrique du Nord et la début de la reconquête de la Méditerranée. Enfin la bataille de l’Atlantique change la donne. A la fin 42 les tonnages coulés par les sous-marins allemands deviennent inférieurs à ceux qui arrivent à quai. Début 43 les nazis perdent une grande partie de leur flotte sous-marine. Cela permet l’organisation du débarquement en juin 44 qui oblige l’Allemagne à se battre sur deux fronts. Il faut encore une année de combats très durs pour mettre fin au conflit.
L’historiographie soviétique d’après guerre présente toujours l’URSS comme celle qui a libéré l’Europe malgré des alliés de circonstance fourbes et forcément impérialistes et se targue d’être le pays qui a payé le prix du sang. Un message relayé pendant des décennies par le PCF en France.
La réalité historique est plus nuancée. Les archives ouvertes après 1990 en Russie montrent un Staline qui ne croit pas vraiment à une invasion nazie et ne prépare pas son pays à la guerre. Elles montrent une armée débordée et inorganisée décapitée de ses cadres par les purges de 37/38 qui gaspille ses soldats en les envoyant à la boucherie. Quant aux anglais et les américains, ils sont évidemment anticommunistes mais veulent gagner la guerre et n’hésitent pas à s’allier avec Staline et à le soutenir.
La guerre a fait près de 60 millions de morts dont probablement autour de 20 millions en URSS (pas 27 le chiffre est gonflé et ne cesse d’augmenter depuis Poutine). C’est énorme mais considérer que nous sommes débarrassés des nazis uniquement grâce aux soviétiques est faux. L’énorme machine industrielle des USA et sa montée en puissance militaire ont contribué au moins autant à la victoire.
En 45, les USA pèsent la moitié de la production industrielle mondiale. Cela n’a pas empêché Staline de prendre le contrôle de toute l’Europe de l’est entre 47 et 49.