D’accord avec l’évocation des souvenirs qui nous ont construits, mais distanciés, hein ! (quand même). N’oublions pas les culottes courtes OBLIGATOIRES qui nous filaient des gelures aux genoux l’hiver, et qui ne protégeaient pas tellement des gadins (eh, oui, sans playstation, on courait beaucoup !)... Les p’tits cailloux incrustés sous la peau des genoux (et la paume des mains), ça, c’est du souvenir !! Ma mère « faisait sa lessive » tous les lundis, et quand il pleuvait, séchage indoors de rigueur, qui nous transformait le 3 pièces-cuisine HLM en étouffoir à vapeur ! Chauffage au charbon : ça puait la suie et fallait évacuer les cendres... Passé au « Mazoute », si t’avais une fraction de seconde d’inattention au remplissage, c’était la pestilence assurée pendant trois heures, sans compter la caillance, vu qu’il fallait ouvrir les fenêtres en grand ! (on remplissait rarement le poêle en plein été !) dans l’HLM, on avait quand même droit au vécé intérieur, avec papier feuille à feuille molletonné (Pauvre, mais fier !), Donc, le chiotte au fond du jardin, c’était chez le grand-père : mais vu qu’il était à la campagne, le chemin passant lui aussi derrière le jardin, fallait toujours tenir conversation avec le voisin pendant KK, que je soupçonnais de guetter nos expéditions à la cabane fétide parce qu’il s’emmerdait, alors, une fois assis, tu pouvait plus lui échapper.. Une sorte de T’chat obligatoire avant l’heure !
Faut se méfier des ressouvenirs ! le temps a tendance à effacer les mauvais au profit des bons...
Ouaip ! Vachement sélectif , la nostalgie, hein ! Je me rappelle bien le coup des bottes à monter dans le fenil surchauffé : on pouvait même pas tousser parce qu’en inspirant, t’en avalais encore plus, de la poussière ! Pis, j’te raconte pas les dos cassés en deux (les paysans finissaient souvent avec des arthroses lombaires, ou sacrées ou coxo-fémorales, parce que la terre, elle est vachement basse !) J’m’en souviens du vieux tonton qui passait ses nuits assis à la table de la cuisine, parce qu’il ne pouvait pas tenir 10 minutes couché à cause de la douleur ! Et pis la traite à la main, tu prenais des coups de tatane bien embousées, des coups de queue bien empurinée, fallait faire téter les veaux, ouille ! les crevasses plein les doigts, l’hiver avec les engelures, ça tient vachement bien compagnie ! Sûr que les troupeaux étaient pas si gros que maintenant, mais quand la maladie elle se foutait dedans, tiens, la fièvre aphteuse par exemple, elle t’en ratiboisait la moitié vite-fait ! Ca commençait par leur pourrir les quatre pattes aux pauvres bêtes, alors elles ne tenaient plus debout, puis la gueule aussi, alors elles finissaient par crever de faim, tout doucement, avant de pourrir de partout pour de bon, lentement : on appelait ça « la cocotte ! », c’est tout dire des parfums qui planaient dans la ferme ! Fallait économiser, aussi ! un sou est un sou ! pas question de s’égarer dans des dépenses inconsidérées, l’argent était bien trop dur à gagner ! Alors, forcément, ça rendait jaloux entre voisins... On se faisait des saloperies en douce, ça vous bâtissait des inimitiés sur plusieurs générations ! C’était le bon temps !!
Si c’était si bien, pourquoi, génération après générations, les gamins ils partaient « à la ville », alors ? Pour être flic (pardon, p@py, c’est pas toi que je vise !) ou fonctionnaire, de quoi attendre sans s’en faire que l’heure de la retraite sonne ? Il faut savoir ce que l’on aime et rentrer dans son HLM manger du poulet OGM (excuse moi, Jean, c’était juste une vanne pour faire « moderne »)
La nostalgie à Gabriel, nous, on appelle ça le « Syndrôme Martine à la Ferme », qui a été utilisé jusqu’à plus soif par les publicitaires, et qui se remet au goût du jour chez les écolo-bobos Arthus-cohn-banditesques...
Je vais te dire, mon bon Gabriel, c’était mieux Avant, pasqu’on avait l’ESPOIR ! L’espoir que tout allait s’améliorer, que nos enfants vivraient mieux que nous.. Maintenant, on a la trouille de perdre ce qu’on a acquis, nos gamins sont dans la merde, et tout le monde chie dans son froc en s’aperçevant que le pire, s’il n’est pas toujours sûr, devient quand même de plus en plus probable !
Encore une fois, Paul Villach appuie là où ça titille ! Puisqu’on parle du président J’attends avec impatience qu’avec tout le talent qu’on lui connaît, Paul nous décrypte un peu le fonctionnement des deux sarkozys : -Le tribun plutôt talentueux qui nous livre un discours construit, langage « soutenu », français châtié, syntaxe parfaite et srtucture lexicale sans faille -l’ahuri-énervé pris à froid par une question inattendue qui s’épanche dans une expression de sous-banlieusard, chaotique, décousue, grammaticalement approximative et faisant la part belle aux bredouillements et onomatopées en tous genres...
Il y a matière à un livre !
En attendant le Tome 2 qui s’intéressera, lui à la gestuelle !
Vous avez mille fois raison ! Que savons nous de la réalité sociale de l’iran, pays encore à forte population rurale et religieuse dont on peut penser qu’elle est très largement flattée dans le sens du poil par Mahmoud Armadinejad ? 3 ou 4 nuits d’émeutes banlieusardes avec feux de voitures ont suffi à faire croire aux Américains que la France était un dangereux pays en proie à l’insurrection généralisée où il était totalement exclu à un citoyen US de trainer les santiags...