Pas de dévaluation de la monnaie aujourd’hui pour la France si elle avait encore le Franc. Idem pour les autres pays de la zone euro, car la dévaluation concerne un pays qui se trouve dans un système de change fixe par rapport à un étalon qui est une monnaie de référence ou un groupe de monnaies. Aujourd’hui les pays développés ont leur monnaie dans le régime des changes flottants. L’Euro, mais aussi le Franc suisse, la Couronne suédoise, la Livre britannique sont dans le système des changes flottants.
La France d’après guerre était dans un système de change fixe, et les dévaluations du Franc se faisaient par rapport à un étalon dont j’ai parlé précédemment. Si elle retrouvait une monnaie nationale, celle-ci serait mise dans le système des changes flottants dans lequel ce sont les marchés financiers qui font le taux de change de la monnaie à longueur de temps. Dans ce régime, un pays comme l’Allemagne qui bat des records d’exportation grâce à l’Euro verrait mécaniquement sa monnaie s’apprécier du fait que ses produits sont très demandés. Cette appréciation de la monnaie réduirait la compétitivité de l’économie allemande, à l’inverse les pays malades comme la France qui ont un gros déficit de balance commerciale, verraient leur monnaie se déprécier, améliorant la compétitivité à partir du moment où la hausse globale de l’inflation liée à la baisse du taux de change serait beaucoup moins importante en pourcentage que la baisse du change. C’est le cas par exemple au Royaume-Uni qui a connue une baisse importante du taux de change de sa monnaie, mais une hausse beaucoup moins importante de l’inflation. Si on supprime le mécanisme du taux de change la seule façon de le remplacer ce sont des mécanismes de transferts qui existent normalement dans un État entre régions et régions pauvres qui partagent la même monnaie. Bien évidemment les États riches de la zone euro ne veulent pas entendre parler de mécanismes de transferts importants, ni même de mutualisation de dettes, parce qu’ils auraient à mettre la main à la poche de façon importante pour les États pauvres de la zone euro car il s’avère que malheureusement l’Euro a accentué les divergences économiques entre pays partageant cette monnaie, ce qui était prévisible.
Un pays affaibli, comme l’Italie, qui est surendetté et emprunte à des taux bien supérieurs à ceux de l’Allemagne, doit se débrouiller par réduction des dépenses, augmentations des impôts, etc. ce qui l’enfonce encore plus... Moi je me débrouillerais en sortant de l’Euro, connaissant les possibilités additionnelles que permet la souveraineté monétaire. Si par exemple on accroît les déficits pour relancer la machine par baisse des impôts ou augmentation des dépenses, il faut que la banque centrale se porte en soutien de l’État et de l’économie par quantitatives easing divers et variés.
Si le secret ne peut pas être maintenu éternellement et ça sera sans doute le cas il faudra alors établir un contrôle des capitaux renforcé et sortir de l’Euro le plus rapidement possible car la BCE risque alors de couper l’accès aux liquidités aux banques du pays qui veut sortir de l’Euro (c’est évoqué juste après la page 37 du plan B italien, c’est un travail de spécialistes qui ont bien étudié la question).
S’agissant de l’Euro, se
pose la question du pourquoi l’intelligentsia continue à soutenir
et à considérer comme une réussite un désastre patent prouvé par
les chiffres. Je suppose qu’il y aurait beaucoup à dire la-dessus.
Puisque
cet article évoque un possible défaut souverain de l’Italie dans
le futur il faut avoir à l’esprit qu’un pays qui a l’Euro
comme monnaie et qui tient à conserver cette monnaie est dans
l’impossibilité de faire un défaut souverain non concerné avec
les instances européennes (comme l’a fait l’Argentine en 2001,
il s’agissait pour ce pays d’un défaut sur sa dette extérieure
en Dollars) car si la BCE lui coupe les vivres, cas de Chypre en
2013, de la Grèce en 2015) il est asphyxié financièrement. La
seule possibilité de défaut « non accordé » pour un pays membre
de la zone euro consiste à sortir de l’Euro, et retrouver une
monnaie nationale, dans le cadre d’une préparation minutieuse
préalable à la sortie. Je signale à l’auteur de cet article
l’existence d’un plan B italien de sortie de l’Euro datant de
2015 qui avait été cosigné par un certain Paolo Savona.
Intéressant à lire :
Une
fois que vous l’aurez lu vous aurez compris que la seule façon de
faire une sortie de l’Euro qui tienne la route consiste à la
préparer en secret et à l’annoncer au dernier moment avant de la
mettre en œuvre (autrement c’est l’asphyxie rapide) en violation
avec les traités européens.