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Renaud Bouchard

Renaud Bouchard

Juriste - Géopoliticien - Economiste (CEMI-EHESS) - Français et Européen -Passionné par les relations internationales et la diplomatie de crise, l'action politique et citoyenne. J'ai la volonté de rencontrer, réunir et fédérer les énergies pour un engagement et une renaissance politique nouvelles de la France et de l'Europe à l'occasion des prochaines échéances électorales.

Tableau de bord

  • Premier article le 08/09/2006
  • Modérateur depuis le 16/11/2006
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Derniers commentaires



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 3 mai 2013 10:34

    @ Clercobscur


    Merci pour votre observation. 
    Un FN fort est effectivement l’assurance pour l’UMPS de rester au pouvoir.
    Pour autant, allons-nous ou devons-nous pour autant continuer à accepter la perpétuation d’un fonctionnement politique bancal dans lequel le FN jouerait un rôle de repoussoir pour maintenir en survie une UMPS moribonde, déconnectée du réel, comme l’est le FN ?
    Le temps est venu de se débarrasser de l’ensemble de ces formations politiques obsolètes.

    Bien à vous.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 avril 2013 12:57

    @l l’auteur. Votre analyse est juste : l’économie dite « réelle » est la seule qui vaille. Les banques sont pour la plupart en coma dépassé. Faute par elles ou par un Etat fort de les contraindre à effectuer une remise en ordre de leurs comptes en se débarrassant de leurs actifs pourris (autrement qu’en les refilant aux populations invitées à se serrer la ceinture parce que d’autres auront vécu au-dessus de nos moyens), elles sont en train d’être rattrapées par l’épuisement d’un système arrivé à son terme. La machine est usée et ses mécaniciens ne savent plus comment la réparer, faute de pièces détachées. Voici ce qu’écrit François Leclerc dans le lien précité :

    « La pagaille européenne prend des dimensions renouvelées. Il faut aussi aller la rechercher dans une étude réalisée par KPMG, le groupe de services financiers, pour la découvrir dans toute sa profondeur et ne pas s’en tenir à ses manifestations les plus spectaculaires qui s’expriment sous la forme du véritable « krach politique » qui s’approche, pour reprendre l’expression appropriée de Martine Orange dans Médiapart.

    Il s’avère que les créances douteuses des banques européennes atteindraient 1.500 milliards d’euros (dont 600 milliards pour les seuls établissements britanniques, espagnols et irlandais). Au lieu de nettoyer leurs bilans et constater des pertes en vendant leurs portefeuilles, ce qui viendrait contrevenir au renforcement de leurs fonds propres et inquiéterait les investisseurs, celles-ci préfèrent proroger leurs prêts (les faire rouler).

    Nous venons seulement d’arriver, au bout de tant de longues années, à cette constatation qui dès le début de la crise aurait dû s’imposer : les banques sont plus atteintes qu’elles ne veulent le reconnaître et leur désendettement est prioritaire, sans que l’on puisse attendre qu’elles y parviennent par elles-mêmes en faisant de nouveaux dégâts. Les États auraient dû intervenir et appliquer avant l’heure le modèle chypriote de mise à contribution des actionnaires et des créanciers, qui était à l’époque impensable. Quitte à en assumer les conséquences systémiques qui n’auraient manqué d’apparaître, aboutissant à une reconfiguration d’ensemble du système bancaire européen et de la dette souveraine.

    On a reculé à l’époque devant une telle horreur. Seul le gouvernement britannique, qui n’avait pas le choix, a dû nationaliser sans attendre et en grand. L’histoire du sauvetage des banques a ensuite été fait de mesures ayant en commun d’en contourner la nécessité, d’ailleurs pas toujours avec succès au bout du compte. Le dos a été tourné à la crise financière pour ne voir dans celle-ci que ce qui justifiait la poursuite d’un programme ultra-libéral, en profitant de l’occasion pour en accélérer brutalement l’application.

    L’addition de ce choix est aujourd’hui présentée. Selon KPMG, les banques européennes ont réduit de 365 milliards d’euros (-7,5%) leurs facilités de crédit aux entreprises au cours des quatre dernières années. C’est le résultat combiné d’une politique bancaire délibérée et d’une demande plus faible en raison de la récession, donnant aux banques une échappatoire. Mais leur responsabilité ne peut être aussi facilement évacuée quand elles décident de consacrer leurs liquidités à l’achat plus rémunérateur de la dette souveraine, sous l’ombrelle protectrice de la BCE. Cerise sur le gâteau, l’achat des titres souverains, réputés sans risque, n’implique pas de constitution de fonds propres… (on a les convention que l’on peut). Au lieu de dénouer des positions considérées comme hautement systémiques, les banques de la zone euro détiennent désormais 1.670 milliards d’euros de titres de la dette souveraine. Voilà le second brillant résultat des mesures qui n’ont pas été prises quand il fallait.

    C’est un échec sur toute la ligne, bien que moins voyant que celui de la stratégie de désendettement publique. Encore que dans le cas espagnol, le summum soit atteint, le calendrier de réduction du déficit public venant d’être une nouvelle fois repoussé par la Commission, de deux ans cette fois-ci, en attendant plus. D’exception, l’assouplissement de ce calendrier est donc devenu la règle, sauf qu’il n’est décidé qu’au cas par cas. Pour sauver la face et tenir compte de la diminution des recettes fiscales, il est à chaque fois assorti de l’exigence de mesures de rigueur budgétaire supplémentaires, accentuant la récession et créant par là même les conditions d’un nouveau report d’échéance ultérieur…

    Elles sont d’ailleurs intégrées par les prétendants au trône ou les nouveaux arrivants. Tout en réclamant une renégociation du plan de sauvetage du Portugal dans le cadre de son retour espéré au pouvoir, Antonio José Seguro, le secrétaire général du parti socialiste, annonce que « rigueur budgétaire, contrôle des dépenses sont des mots qui ne disparaitront pas du vocabulaire du PS ». L’assouplissement serait si l’on comprend bien très limité. Une attitude également attendue du nouveau gouvernement italien d’Enrico Letta, une fois passé le moment des messages de félicitation d’usage (accompagnés de gros soupirs de soulagement).

    Un rejet de cette politique s’exprime désormais, cette fois-ci du fait de gouvernements qui crient halte au feu et non plus d’indignés qui manifestent dans la rue, ou d’électeurs qui le font savoir sans les urnes, comme en Italie. De quelque côté que l’on se tourne, Madrid, Rome, ou Paris, il est demandé sur des modes divers de desserrer les contraintes d’un pacte fiscal devenu injouable et de pratiquer une politique de relance économique. Ce que le SPD et les Verts allemands réclament également. Mais, au lieu de mettre en question la stratégie suivie, il est seulement suggéré d’en assouplir l’application, avec le risque évident de simplement allonger la durée de l’épreuve, c’est à dire d’accentuer les crises sociale et politique, si le reste de la stratégie reste inchangée. Ces crises tendent à ne faire plus qu’une, sujet d’inquiétude pour les gouvernements. Forcés et contraints, les Italiens essayent un gouvernement de grande coalition, une formule qui n’est dans leurs habitudes et dont la pérennité n’est pas garantie. En Espagne et au Portugal, la formule qui consiste à sortir le sortant reviendra à faire rentrer ceux qui ont été remerciés au tour précédent. En France, jamais un président et un gouvernement n’auront suscité une si faible adhésion, en attendant la sanction des élections municipales et européennes.

    Se vérifiera en Italie une vérité souvent oubliée par ceux que l’on dénomme désormais des politologues : c’est moins la géométrie d’un gouvernement qui compte que les mesures qu’il prend, ainsi que leurs effets. Or, celles-ci réclament aujourd’hui d’être non conventionnelles, pour être en phase avec la crise, seule possibilité pour élargir des marges de manœuvres sinon inexistantes. Sans mise en cause des cadres de pensée actuels, il n’y a pas d’autre solution que de fragiles bricolages provisoires. Pas d’équilibre financier du régime des retraites sans reconsidération de leur mode de financement, pas de rétablissement des finances de l’État sans réforme fiscale et lutte efficace contre toutes les formes d’évasion, pas d’équilibre des comptes de la sécurité sociale sans remise à plat du système de santé publique et privée, pas de lutte contre le chômage sans partage du travail et financement d’un revenu de vie, etc…

    Dans tous les domaines de la société, les éléments constitutifs d’un nouveau paradigme existent, à l’état plus ou moins élaboré. Des États généraux de notre époque pourraient prendre en charge sa mise en forme et formuler l’équivalent du programme du Conseil national de la Résistance, au sortir de la seconde guerre mondiale, celui-là même qui est remis en cause. Car si ce que nous vivons n’est bien entendu pas de même nature, cela ne l’empêche pas d’être de même ampleur, comme on commence progressivement à le découvrir. » Ite. Missa est.



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 29 avril 2013 12:42

    @ l’auteur.

    Très bon billet. Il est regrettable qu’il ne suscite pas d’autres observations.

    Le défaut rampant est désormais établi. Les tristes jérémiades d’un PS et d’un gouvernement tous deux réduits à l’état d’épave et qui ne savent plus quoi faire, n’ayant pas la capacité de prendre la seule décision qui vaille, n’y feront rien.
    Le quinquennat est terminé. Il est temps d’interrompre une expérience politique et économique désastreuse qu’aucune des formations de l’arc politique actuel n’a la capacité de résoudre. 

    Voyez ici deux autres intéressantes contributions :






  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 27 avril 2013 19:23


    @ l’auteur. Vous écrivez (je vous cite) :

    « L’Europe représente le plus grand marché économique au monde, il suffirait de lui donner un commandement économique et politique pour qu’une véritable relance industrielle et économique y voie le jour. Pour cela, il faudrait mettre fin à un certain nombre d’égoïsmes nationaux. À vingt-sept, cela semble hors de portée, mais en réunissant les pays les plus motivés et les plus européens cela semble possible. »

    Très bien. Je partage cette opinion. Seul un électrochoc pourra permettre de donner un commandement politique et économique à l’Europe. Comment ? 

    -En remplaçant les institutions actuelles qui sont illisibles pour tout le monde. Faites le test dans votre entourage en interrogeant sur les rôles et compétences du Conseil, de la Commission, du Parlement etc. Il est probable que les réponses seront incomplètes, voire inexactes.

    -En procédant à une intégration économique dont seule l’UE aura les commandes, sans passer par les fourches caudines d’un Pacte Transatlantique dans lequel l’UE laissera sa chemise.

    -En réactivant une symbolique d’intégration européenne avec une véritable Europe de la Défense, Un véritable Ministère des Finances, de l’Economie, du Commerce extérieur et de l’Industrie.

    -En dotant l’UE d’une force diplomatique digne de ce nom.

    Vous écrivez en conclusion que : François Hollande est à la recherche d’un rebond’ et que celui-ci (le rebond) « est tout trouvé’, suggérant au chef de l’Etat ’d’endosser l’habit de Jean Monnet et de prendre le bâton de pèlerin de Robert Schuman », ajoutant que « lui qui se dit l’héritier naturel de Jacques Delors, ne devrait pas fournir un si grand effort que cela. ». Il en est incapable.

    « Je ne me considère pas comme un homme d’État. Je me définis comme quelqu’un de détermineé, tenace, constant dans ses opinions. Quand je me lance dans un projet, je vais tout en œuvre pour le faire aboutir. C’est aussi simple que ça. Je pense que quiconque pensait être un homme d’État devrait consulter un psychiatre. »

    Lee Yuan Kew, père fondateur et ancien premier ministre de Singapour. 



  • Renaud Bouchard Renaud Bouchard 27 avril 2013 09:19

    @ Gaijin


    Lisez, je vous prie, mes articles, et vous verrez que je m’occupe aussi des monstres actuels et de ceux à venir.
    Lisez surtout ceci :

    Dans De la démocratie en AmériqueAlexis de Tocquevilledécrit une nouvelle forme de domination. Elle s’ingérerait jusque dans la vie privéedes citoyens, développant un autoritarisme « plus étendu et plus doux », qui« dégraderait les hommes sans les tourmenter ». Ce nouveau pouvoir, pour lequel, dit-il, « les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent pas », transformerait les citoyens qui se sont battus pour la liberté en « une foule innombrable d’hommes semblables (...) qui tournent sans repos pour se procurerde petits et vulgaires plaisirs, (...) où chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée des autres ».

    Isolés, tout à leur distraction, concentrés sur leurs intérêts immédiats, incapables de s’associer pour résister, ces hommes remettent alors leur destinée à « unpouvoir immense et tutélaire qui se charge d’assurer leur jouissance (...) et ne cherche qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance. Ce pouvoir aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il pourvoit à leur sécurité (...) facilite leurs plaisirs (...) Il ne brise pas les volontés mais il les amollit (...), il éteint, il hébète. »

    C’était une sorte de prophétie, mais nous y sommes aujourd’hui. C’est le « monstre doux » dont l’Italie me semble être l’avant-garde, le prototype abouti. Il s’agit d’un régime global de gouvernement, mais aussi d’un système médiatique, télévisuel, culturel, cognitif, une forme d’ambiance infantilisante persistante qui pèse sur toute la société.

    Ce régime s’appuie sur une droite anonyme et diffuse associée au grand capital national et international, plus proche des milieux financiers qu’industriels, puissante dans les médias, intéressée à l’expansion de la consommation et du divertissement qui lui semblent la véritable mission de la modernité, décidée à réduire le contrôle de l’Etat et les services publics, rétive à la lenteur de la prise de décision démocratique, méprisant la vie intellectuelle et la recherche, développant une idéologie de la réussite individuelle, cherchant à museler son opposition, violente à l’égard des minorités, populiste au sens où elle contourne la démocratie au nom de ce que « veut le peuple ».


    Connaissez-vous Raffaele Simone ? Si oui, très bien. Dans le cas contraire, veuillez lire cette excellente introduction à la pensée d’un très bon analyste auteur d’un livre très intéressant :


    Le Monstre doux. L’Occident vire-t-il à droite ?, de Raffaele Simone, « Le Débat », Gallimard, 17,50 €.


    http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/09/12/pourquoi-l-europe-s-enracine-a-droite_1409667_823448.html




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