Tu parles que ce sera un môme de 14 piges qui pondrait des articles comme ceux de celui qui veut se faire pour un gamin. Sans compliment, je dis que c’est forfaiture. Après tout, on lui a pas demandé son âge !
Le tyran fit appeler le trouvère et lui ordonna d’organiser de grandes fêtes où des choeurs chanteraient sa victoire. Le trouvère répondit :« Sire,je ne sais que des chants de joie et mon peuple gémit sous ta loi,je ne sais que des chants de liberté et mon peuple est gardé par tes soldats,je ne sais que des chants de victoire et mon peuple esr vaincu.
Des chants de joie, de liberté et de victoire,voilà juste ce qu’il me faut,ce que je veux. Que ce peuple chante sa joie de m’avoir pour maitre et célèbre ma victoire. C’est ce que j’ ordonne.
Ô Roi, ces chants ne te conviendraient pas, dit doucement le trouvère, car leurs paroles ne te sont pas dédiées ... Mais, je pense, il doit être possible de remplacer les anciennes par des hymnes à ta gloire que l’on fera apprendre au peuple.
Tu apaises de justesse ma colère qui commençait à naitre en moi de tes résistances et de tes réticences ...ton idée est bonne ! Qu’on efface jusqu’au souvenir des anciennes paroles et que sur ses vieilles mélodies familières le peuple apprenne désormais à ne penser qu’ à moi !
Va ! je te charge de faire oublier à ce peuple jusqu’au souvenir de son ancienne vie -je t’y aiderais ! et de lui composer les hymnes de mon avènement et de mon règne, peu importent les airs ! Va !
Le pauvre trouvère s’en alla en songeant à ce qu’il allait faire, le dos courbé sous le poids de son peuple,trahi, mais vivant.
Il se mit au travail et composa,d’une ironie que le peuple comprit des stances en mauvais dialecte et en mauvais vers mais grandement laudatives qui plurent au tyran.
Puis, il fit interdire au peuple de chanter les anciens hymnes et le réunitpour lui apprendre les nouvelles rimes, mais toujours sur les anciennes mélodies.
Ainsi, le coeur du peuple n’oublia pas les anciens poëmes qui continuèrent à chanter en lui plus fort que les mauvais discours qui voulaient consacrer sa défaite !
Charles Hubert, (Dachau 1943)
1954 Les trente mille chorales de l’Union Soviétiqueont »touché" les partitions de trois airs nouveaux. Ils remplaceront le hymnes de l’ère stalinienne.