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Robin Guilloux

Robin Guilloux

Je suis professeur de Lettres.

Tableau de bord

  • Premier article le 12/10/2011
  • Modérateur depuis le 17/09/2012
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Derniers commentaires



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 8 juin 2021 17:20

    @Gollum

    Je suis d’accord avec vous au sujet du côté académique de ma réflexion. effectivement, ça ne sonne pas très « nietzschéen », mais c’est destiné avant tout à des élèves qui préparent le bac. J’essaye de les intéresser, de les aider. Le sujet a effectivement été donné au bac, j’ai essayé de montrer qu’il y avait un paradoxe fécond, d’abord en allant dans le sens de Nietzsche, puis en soulignant l’outrance de son point de vue (je pense qu’il en était conscient, il y a un côté provocateur chez lui). Le génie, c’est de l’inspiration et de la transpiration (en proportions variables). Si je m’étais contenté d’aller dans le sens de Nietzsche, sans faire d’antithèse, j’aurais manqué la mini dissertation qui se rattache maintenant au commentaire. En fait, il faut expliquer ET commenter le texte. Et là, c’est coton, parce que contredire Nietzsche, hum, ce sacré bonhomme nous réduit à dire des banalités, mais qui sont vraies quand même. Quand j’ai passé la maîtrise de Philo, je me croyais nietzschéen, alors que j’étais un chien fou un peu brouillon. Je me souviens que Maurice de Gandillac m’avait reproché de m’égarer. Dure leçon !



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 8 juin 2021 12:00

    @Gollum

    Ca ne me déplaît pas d’être ennuyeux et que les chiots (chiards ?) se fassent les crocs sur mes mollets, pourvu que quelque chose passe, par exemple l’exigence de rigueur.

    Mais tout ira mieux quand ils auront remplacé les corps des professeurs par des machines, la mémoire par des « computers », puisqu’il est inutile de s’encombrer la mémoire de ce qui est « disponible » sur Wikipedia. (Michel Serres le disait lui aussi, mais pour s’en réjouir (parfois le vieil Homère somnole lui aussi) : l’homme moderne s’avance en portant sa tête dans ses mains, comme Saint Denis, décidément, comme disait Lénine, le poisson pourrit par la tête)

    J’ai à l’esprit une remarque d’un élève qui m’a marqué par sa pertinence (?) : « Pourquoi qu’on fait du français, on le sait d’jà ». Quand toute la société se pose cette question et ne la trouve plus stupide, ça sent le sapin. Même le Saint-Emilion n’est plus ce qu’il était.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 8 juin 2021 10:53

    @Laconique

    Je copie la notice de Wikipedia au sujet des circonstances de la composition d’Humain trop humain :

    « Ce livre marque une rupture dans la vie de Nietzsche. Gravement atteint dans sa santé, et alors qu’il se croit à l’article de la mort, il envisageait d’écrire un livre intitulé Le Soc. Presque aveugle et subissant des crises de paralysie, il fut aidé par Heinrich Köselitz dans la rédaction de l’ouvrage. Il déclarera dans Ecce Homo : « Je dictais, la tête douloureuse et entourée de compresses, il notait et corrigeait aussi — il fut au fond l’écrivain véritable, tandis que je n’étais que l’auteur. ».

    Son état d’esprit était, selon ses proches, d’un cynisme effrayant, cynisme que sa sœur attribua à son état physique. Nietzsche considérait au contraire que la souffrance psychologique qu’il supportait lui avait donné la plus grande lucidité sur les problèmes les plus importants de la philosophie, et que cela l’avait délivré définitivement de ses égarements wagnériens. »

    Tout est dit, y compris les « égarement wagnériens ». Nietzsche a préféré nier l’existence du génie que de reconnaître celui de Wagner, jusqu’à lui préférer ou feindre de lui préférer le talent de Bizet (Carmen), à l’inspiration claire et « méditerranéenne », loin des forêts romantiques et des brumes germaniques !

    Il y a évidemment de la mauvaise foi et du ressentiment dans ce déni. Quand à Schopenhauer, le sujet était moins brûlant pour Nietzsche que celui Wagner.

    Nietzsche préfère n’accorder de génie à personne, plutôt que de reconnaître celui de Wagner. 

    Ce qui est paradoxal, c’est que la philosophie respectives des deux hommes est à l’opposé de leurs tempéraments. Le « pessimisme » de Schopenhauer est celui d’un homme plein d’humour et plutôt bien portant, l’optimisme (pour aller vite) de Nietzsche est celui d’un homme malade qui lutte perpétuellement contre la tentation du suicide. 

    Je ne dis pas que la pensée de Nietzsche se résume à cette mauvaise foi, mais qu’elle l’a égaré. Les pages concernant Wagner ne se lisent pas sans un certain malaise. Je préfère la lecture d’Aurore et du Gay Savoir.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 8 juin 2021 09:29

    @Laconique

    Ah ! un peu de polémique (polémos = guerre) autour de Nietzsche. Je ne prétends pas avoir toutes les clés et je suis pas sur que ce soit une affaire de clés. En vérité, Nietzsche dit un peu tout et le contraire de tout. Et puis, il est intouchable. C’est une affaire entendue, c’est un génie et ca n’est pas un génie.

    Moi, je ne suis qu’un modeste professeur de philosophie à la retraite et je crois en effet à la raison, au principe d’identité, sans lequel il n’y a pas de pensée possible, mais rien n’empêche de faire une synthèse (le génie est inspiration et transpiration à proportion inégales, moins de transpiration pour Mozart, plus pour, mettons... Kant (?).

    A propos de Wagner et de Schopenhauer avec lesquels Nietzsche règlerait ses comptes, la pensée de Schopenhauer est incompréhensible sans Kant. « Le monde est ma représentation », le monde comme volonté et comme représentation« . Le monde se règle sur les choses et non l’inverse, c’est ce que Kant appelle la »révolution copernicienne« . Schopenhauer rajoute la volonté.

    Il y a quelque chose d’impensé dans le rapport Nietzsche/Wagner qui ne serait pas forcément à la gloire de Nietzsche. Disons une forme de ressentiment. Nietzsche ne dit pas exactement la vérité dans le passage sur la rivalité que suscite le génie : »Nous n’avons pas à rivaliser". S’il a si bien parlé du ressentiment, c’est qu’il l’avait lui-même éprouvé. Mais il ne faut pas le dire, plutôt rabaisser Wagner, faire la fine bouche sur le génie de Wagner, parce qu’enfin, Nietzsche en tant que musicien... Bof ! Le seul problème de Nietzsche, c’est qu’il n’était pas en état de choisir, le génie, travail ou don ? Dionysos ? le Christ ? Sa grandeur, c’est qu’il en est devenu fou, ce qui n’est pas le cas ou rarement des nietzschéens qui savent interpréter sa pensée comme il faut. Cordialement.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 3 juin 2021 15:51

    @Alexis Dayon

    Je suis absolument désolé. Le commentaire est personnel, mais j’ai bien pris soin de vous citer à deux reprises quand l’analyse n’était pas de moi. Je suis à la retraite depuis 2010. Je n’avais pas pensé au problème du plagiat informatique des corrigés par les élèves, nouveau fléau pour les professeurs.

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