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Robin Guilloux

Robin Guilloux

Je suis professeur de Lettres.

Tableau de bord

  • Premier article le 12/10/2011
  • Modérateur depuis le 17/09/2012
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Derniers commentaires



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 27 février 2020 05:36

    @Yann Esteveny

    Oui, Matzneff se dit chrétien orthodoxe mais il a passé sa vie à bafouer les principes fondamentaux du christianisme authentique. Tout est pose chez lui, marchandise de pacotille. 



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 27 février 2020 05:29

    @rogal

    Il est difficile de fonder la morale, d’où les discussions interminables à ce sujet. Matzneff est (était ?) un admirateur de Nietzsche (« Par-delà le Bien et le Mal »), formule que l’on peut comprendre comme on veut (les nietzschéens vous accusent toujours de comprendre Nietzsche de travers).
    Lui a compris Nietzsche comme un philosophe du plaisir et du refus des interdits, ce qui est contraire aux textes (Nietzsche condamne le plaisir, notamment sexuel).
    Pour en revenir à la formule de Kant, je suis bien d’accord avec vous sur son caractère abstrait, mais j’avais besoin d’arrimer ma réflexion à un principe moral.
    Il faut toujours partir d’une expérience concrète. La mienne a été la lecture du livre de Vanessa Springora et l’expression d’une souffrance que l’on ressent à toutes les pages.
    J’ai cherché une référence philosophique (puisque le « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » ne nous suffit plus, malheureusement) et j’ai pensé à ce principe de Kant dans le Fondement de la métaphysique des mœurs : refuser de prendre autrui comme un moyen, mais toujours comme une fin.
    C’est en effet un principe de conduite possible et la condition d’un monde vivable.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 2020 21:54

    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

    Quand on parle du nazisme, on ne devrait pas oublier la déliquescence économique, mais aussi morale de la société allemande sous la République de Weimar et dont le film (et la comédie musicale) Cabaret parle effectivement très bien.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 2020 21:51

    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

    Les Grecs ne lisaient pas du tout le mythe d’Oedipe comme nous le lisons aujourd’hui et comme le lisait Freud. Freud lit le mythe de façon tronquée. Il omet volontairement ou involontairement (il serait important de se demander pourquoi) le fait que Laïos, le père d’Oedipe était un pédophile et un assassin, qu’il avait violé et tué le fils de son hôte, ce qui est le pire forfait que l’on puisse accomplir dans la civilisation grecque).
    La faute initiale n’est pas le fait qu’Oedipe ait tué son père et épousé sa mère, mais le fait que ses parents (son père à la suite de l’oracle) l’ait abandonné en le laissant pour mort. Abandonner un enfant en pleine nature en le pendant à un arbre par les pieds (« Oedipe veut dire »pied enflé" est bien un assassinat, ni plus ni moins).
    Freud condamne Oedipe et absout Laïos et il revoit sa théorie de la séduction à cause de son propre père. Et voilà sur quelle imposture nous vivons encore.



  • Robin Guilloux Robin Guilloux 26 février 2020 21:35

    @Mélusine ou la Robe de Saphir.

    On retrouve évidemment le même mouvement de balancier dans l’histoire du christianisme. Mais on voit bien que ceux qui prétendent que la religion catholique était répressive sur le plan sexuel ont tort. Ça n’est pas toujours vrai. L’Eglise admettait le plaisir dans le mariage, ce qui n’était pas le cas du paganisme.
    Savonarole,farouche adversaire de la culture (il a fait brûler des tableaux magnifiques), de la chair et du plaisir, a été condamné, ainsi que les « encratistes » et les Cathares.
    J’ai de la compassion pour les cathares, mais l’idée de pureté, le refus du mariage, de l’enfantement et de la sexualité aboutissait à une destruction de toute vie sociale. L’église qui en était à l’époque la garante ne pouvait pas l’accepter.
    Avec Savonarole, on en revient au platonisme : « d’ici bas vers là-haut s’évader au plus vite » (Socrate dans le Phédon) et à l’idée que le corps est un tombeau (soma=séma).

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