Pour en revenir à Filoche, quelqu’un (de gauche) aurait aimé que type de droite commente ainsi la mort de Remi Fraisse, le jour même ? « Bien fait pour lui, dans sa prochaine vie, ça lui apprendra à ne pas manifester. » Tout ce qu’on aurait demandé à Filoche, ce jour-là, c’était de fermer sa gueule. Une semaine. Après, « ses » analyses sur Total auraient même pu être utiles. Mais aveuglé par son statut de clown médiatique, le bon Gérard n’est plus capable de garder sa langue dans sa poche.
Mille fois d’accord, mais la petitesse de l’un ne fait pas la grandeur de l’autre.
Quant aux « moins » que je récolte chaque fois que je parle de Filoche, ça me fait bien rigoler. Vous croyez que je le traite de « censeur » au hasard ? Allez donc sur son blog, suivez-le pendant six mois, voyez comment il répond aux gens et comment il supprime les interventions qui osent le contredire - sans aller jusqu’à l’insulte, contrairement à lui. Comparez aussi le niveau des billets qu’il est censé écrire à celui de ses posts, puis nous en reparlerons. En attendant, je persiste et signe : défendre la liberté d’expression de ce faussaire, c’est se foutre de la gueule du monde. Et si sa bourde - qu’il refuse de reconnaître - devait inciter les média à ne plus l’inviter à venir larmoyer un soir sur deux sur les saloperies du gouvernement, je ne le regretterai sûrement pas, parce que son indignation, c’est du pipeau.
Défendre la liberté d’expression de Gérard Filoche, avec le massacre que cette brute de censeur fait sur son blog ? Vous vous foutez de qui, l’auteur ? Sa réaction à la mort du patron de Total était infâme et stupide, pourquoi vouloir se raconter le contraire ? Sur le fond, je suis bien sûr d’accord au sujet des patrons du CAC 40 et de Total, mais procéder aussi salement, quelques heures après l’accident, c’était la certitude de nous faire tous passer, à gauche, pour des salauds et des cons. Valls a-t-il vraiment besoin qu’on lui tende la perche ? De toute façon, pas question pour moi de faire un héros d’un tout petit personnage comme Filoche.
Le twit de Filoche était superflu. Mais en parfait accord avec sa brutalité et son impulsivité. En revanche, le billet de blog qu’il a publié aujourd’hui (enfin, signé...) expose très bien sa position, et s’il s’était limité à ça, il n’y aurait aucune raison de ne pas le soutenir. Mais après être tous tombés dans le piège de la droite du PS (moi le beau premier) j’aimerais autant qu’on ne tombe pas dans celui de la gauche de ce parti - une « gauche » aussi intolérante, sectaire et encline à l’autocratie que Valls, Hollande et Cie.
Filoche est un type brutal qui insulte tout le monde sur son blog et qui pratique la censure avec délectation - en critiquant les posts qu’il a supprimés, ou plutôt en leur faisant dire ce qu’ils ne disent pas avant de les critiquer. Pour résumer, il est la preuve qu’une partie de la gauche du PS est aussi minable que sa droite. Sa sortie sur Margerie tient de la connerie crasse. D’abord parce qu’on a le minimum de respect humain, lors d’un décès, d’attendre quelques jours avant de reprendre les hostilités. Ensuite, parce que taper sur un mort ne sert strictement à rien. La page est tournée, on passe à autre chose. Par exemple, au salopard suivant. Enfin, parce qu’il était évident, s’il avait réfléchi un peu, qu’il allait se faire descendre en flammes partout, au moment où la douteuse gauche du PS relève un peu la tête (Aubry, Hamon) et n’a donc pas besoin de ça.
Je précise que je ne pleurerais pas si un Titanic entier coulait avec en guise de passagers la totalité des patrons du CAC40 et des capitaines d’industrie du monde entier. Mais qu’ils aient invité Filoche à bord ne m’arracherait pas des larmes non plus.