J’en reste stupéfié. Une interview bidon de sa femme, le bon vieux coup de la place du Trocadéro, de nouvelles rodomontades sur A2, et tout le petit monde médiatico-politique se pâme devant l’homme fort. C’est quoi, cette folie ?
Et Juppé ? Comment Fillon le tient-il - traduction, que sait-il de ses (nouvelles) turpides - pour qu’il lâche l’affaire au moment où il a partie gagnée ?
Face à ces héritiers de De Gaulle (dont je ne suis pas un inconditionnel) à qui il aurait craché à la figure, il ne nous reste plus qu’une arme, notre bulletin de vote. La candidature Hamon ayant définitivement ruiné toutes les chances de la gauche, j’irai, le nez pincé, voter aux deux tours pour Macron - histoire, en tirant la chasse, d’éliminer deux bouses qui flottent encore au fond de la cuvette. Avec un peu de chance, le vieux Bayrou limitera un peu les âneries du jeune couillon.
Sérieusement, tous ceux qui tiennent encore un peu à ce pays, mobilisez-vous pour le directeur d’agence à peine amélioré, parce que ça vaut toujours mieux qu’un chef mafieux ou qu’une reine de la cambriole.
Le risque, aggravé par les primaires, c’est d’en venir à la situation américaine : les deux vainqueurs et personne d’autre. Parce que, si on commence comme ça, pourquoi ne pas trouver que le cinquième (supposé) est de trop, puis le quatrième, puis le troisième ? Un bipolarisation qui arrangerait bien les deux partis prétendument les plus importants...
Oui, c’est le risque. Mais que faire ? Propulser au second tour l’infâme Fillon ? Votez pour la FI avec des réserves, tout en sachant que la bouffonnerie Hamon plantera le truc ? J’ai peur qu’à force de jouer aux cons, nos hommes politiques finissent par décrocher la timbale - du genre Trump aux USA. Et quand c’est fait, ce n’est pas facile à défaire...
@Bernard Dugué Si vous êtes aussi nul en physique quantique qu’en économie, ça promet. « Les entreprises créent l’emploi », c’est une ânerie, rien de plus ni de moins. Ce qui crée l’activité humaine (une donnée fichtrement plus importante que l’emploi) c’est la vie, tout simplement. Et depuis deux siècles, il se trouve que l’explosion des sciences et des techniques (ça devrait vous dire quelque chose) a généré une formidable augmentation qualitative et quantitative de l’activité humaine dont les entreprises (et le capitalisme en général) ont tiré les marrons du feu. En l’état, les entreprises sont des vecteurs de création d’emplois qui s’approprient et détournent ce qui devrait profiter à la collectivité. Des parasites, si vous préférez. Bien entendu, ces entreprises prédatrices n’ont rien à voir avec de légitimes associations d’hommes et de femmes oeuvrant à une cause commune.
Deux autres petits points, en passant.
1) « Il n’y aucune honte à voter Fillon. » Eh bien, qu’est-ce qui vous faut ! A part une petite caste de vieux notables qui s’accrochent à leur argent alors qu’ils ont les deux pieds dans la tombe (regardez le public de ses meetings) - et ce après avoir passé leur vie à rapiner et tricher de toutes les façons possibles, comme leur héros - je ne vois pas qui pourrait, sans rougir de honte, glisser dans l’urne un bulletin au nom de ce mafieux.
2) Si vous leur foutiez un peu la paix, à Castro et à Chavez ? Au cas où ça vous aurait échappé, l’Amérique du Sud et les Caraïbes sont des régions où la misère, l’exploitation et la violence des possédants faisaient et continuent à faire des ravages. En 1973, au Chili, Salvatore Allende a payé au prix fort son attachement à la démocratie - assez peu partagé par nos chers amis Américains, s’il vous en souvient. Alors, si vous aviez le choix entre être Castro, Chavez ou Allende, que feriez-vous ? Je vous concède que les homélies bolivariennes de Mélenchon sont ridicules. Mais je doute que nous partagions une même analyse des causes.
Une mise au point, enfin. Je n’appartiens pas à une secte, je juge le programme de la France Insoumise immature (hélas) et je crains qu’une victoire de Mélenchon (peu probable) nous conduise très vite à avoir à la tête du pays un clone du sinistre Tsipras. La baudruche Macron est-elle préférable ? Pas à mes yeux.
Bref, ce pays contraint à un choix politique suicidaire n’a jamais été autant en danger depuis la débâcle de 1939.