Cet article est tout simplement une apologie de la censure. Sur un site du FN, le troll, ce sera un intervenant de gauche. Sur un site du PS, ce sera un intervenant de droite. Et on pourrait multiplier les exemples à l’infini. Alors que Goethe se ventait de préférer une injustice à un désordre, je me permets, en toute modestie, d’opter pour la proposition inverse. Et puisqu’on y est, ne trouvez-vous pas, par exemple, qu’un Christophe Barbier ou un Maurice Szafran sont des trolls bien plus dangereux et persistants que les étoiles filantes du net ?
Une dernière remarque : quand prendra-t-on enfin les gens pour des adultes capables de trier le bon grain de l’ivraie et de se faire une opinion par eux-mêmes ?
Un point de désaccord entre nous. La faute originelle de Hollande - en fait, il s’agit d’un reniement - c’est de n’avoir rien tenté pour renégocier le traité Merkozy. (En passant, il s’y était engagé...) Ayant accepté d’avoir les mains liées par la « règle d’or » (ces gens nous prennent vraiment pour des cons : « les bons élèves de la classe européenne qui appliquent la règle d’or », on dirait du Disney) il ne pouvait plus rien faire, sinon une politique contraire à ses engagements de campagne et vouée à l’échec. Le bilan de Sarkozy ne compte pas vraiment dans l’affaire, si mauvais fût-il. Même en postulant un instant que les euro-libéraux aient raison, il est de toute façon impossible de redresser en trois ou quatre ans une situation vieille de trente ou quarante.
Tout vient de là. Hollande, comme la truffe qu’il est, s’est laissé piégé par Sarkozy et Merkel. Il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire sur la déontologie d’un président sortant et donné battu qui signe (à un mois des élections) un traité engageant son pays pour des siècles. Mais bien entendu, personne ne le dira dans les médias officiels.
Pas d’inquiétude pour nos amis les ultra-libéraux de BFM-TV. Avant même que l’Allemagne s’écroule, ils se sont déjà trouvé un nouvel Eldorado : le Canada. Souvenez-vous, il y a quelques années c’était l’Espagne. Et il fut un temps où le Japon faisait baver tout le monde. De toute façon, les Doze, Chiffre, Attali et consort se sont jamais à court d’argument quand il s’agit de démontrer qu’ils avaient raison d’avoir tort.
Il se trouve que j’étais en Allemagne au moment de la scission du SPD qui a abouti à la création de Die Linke. A l’époque, la stratégie du SPD fut de tout mettre sur le compte de l’égo « démesuré » de Lafontaine. On n’imagine pas à quel point cette manière de pratiquer la calomnie comme un art - car enfin, Lafontaine renonçait à tout pour se lancer dans l’inconnu - fut couronnée de succès, y compris chez des gens qu’une certaine formation intellectuelle aurait dû mettre à l’abri de ce type de dérive. (N’y voyez aucun mépris pour les « petites gens », car dans bien des cas, c’est là qu’on trouvait le plus de véritable intelligence des choses.) La vérité, c’est que les Allemands, faute d’avoir su (et voulu) analyser, comprendre et digérer leur passé (peu reluisant, nul n’en disconviendra) ont fini par renoncer à toute approche politique pour se tourner vers les illusoires consolations d’un psychologisme de bazar. D’où le succès de ce monument d’incompétence molle qu’est Mme Merkel.
Sinon, mon bon Pelletier, deux excellents articles qui vous ont fait remonter en flèche dans mon estime (toujours un peu ironique, mais que voulez-vous, on ne se refait plus, à nos âges.)