je ne mets aucunement en doute votre propre engagement, la légitimité et l’efficience de votre révolte ; en revanche, je ne saurais être d’accord avec cette phrase (je vous cite) :
« La révolte de l’individu lorsqu’elle devient collective ne peut conduire hélas, qu’à la perte de son propre « arbitre ». »
Non. Une révolte collective peut très bien, au contraire, favoriser le développement du « libre arbitre » de chacun de ses membres. L’homme est un être social ; comment s’abstraire de cette condition ? Les Yogis ? La plupart, une fois atteint un certain niveau de conscience, dispensent un enseignement (bodhisattvas) , incitant chacun, justement, à développer son propre « arbitre ».
Souvent, c’est par et grâce au groupe, que l’individu développe sa propre conscience de lui ET des autres.
Entièrement d’accord avec votre commentaire, notamment sur « Le mythe de Sisyphe » ; c’est, pour moi aussi, l’essai le plus essentiel jamais écrit sur la condition humaine, d’un « ciel sans dieu ».
Camus n’a pas rejoint la foi chrétienne, mais son oeuvre entière est marquée par le spirituel : comme quoi, la spiritualité n’a pas besoin de la religion pour exister :il en est la preuve flagrante.
J’ai lu « Le premier homme » il y a très longtemps ; il faudrait effectivement que je m’y remette.
Quant à Onfray (avec lequel je ne suis pas toujours d’accord), c’est un vrai camusien : il en parle très pertinemment, bien sûr. je voulais acheter son livre, mais l’ai trouvé trop important (genre pavé de 600 pages : ouf...)
« Ceux qui n’ont pas exigé, un jour au moins, la virginité absolue des êtres et du monde, tremblé de nostalgie et d’impuissance devant son impossibilité, ceux qui, alors, sans cesse renvoyés à leur nostalgie d’absolu, ne se sont pas détruits à essayer d’aimer à mi-hauteur, ceux-là ne peuvent comprendre la réalité de la révolte et sa fureur de destruction. »